Photographie, Pierre Faure, noir et blanc, photographie documentaire, photographie engagée, précarité, gens du voyage, marginalité, société française, reportage photographique, représentation visuelle, inégalités sociales, ruralité, tziganes
Pierre Faure est un photographe français né en 1972. Ancien étudiant en sciences économiques, il a une approche fondée sur l'immersion, se consacrant au photoreportage indépendant.
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La seconde tendance de Faure est, au contraire, d'habiter l'espace vide avec un grand sens du détail, une multitude d'objets naturels ou non, facilité par la netteté numérique. Le sentiment d'isolement, d'une certaine solitude humaine au milieu de tous ces éléments, renforcée par le cadrage.
[...] Je leur ai demandé une première observation sans situer le cliché, sans présenter son contexte. Tous se rejoignent sur la description d'éléments sales, laissés à l'abandon, notant la présence à l'extérieur d'éléments appartenant à l'univers domestique (canapé, tapis). L'absence humaine est notée. P3 pense à des migrants réfugiés dans un bois en région parisienne. Le soutien-gorge lui paraît être en bon état comparé au reste de la scène et lui prête à sourire, le frappe par son incongruité. Pour P1, cet objet convoque la vie des femmes en précarité, de l'ordre de l'allégorie, qui fait écho aux motifs féministes du lâcher de soutien-gorge. [...]
[...] Présentation Pierre Faure est un photographe français né en 1972. Ancien étudiant en sciences économiques, il a une approché fondée sur l'immersion, se consacrant au photoreportage indépendant. Il s'est d'abord intéressé à la précarité proche de Paris puis se lance dans un projet sur le long terme intitulé France périphérique qu'il enrichit depuis 2015. Faure rencontre ses sujets grâce notamment à un contact étroit avec les associations, desquelles il est également prestataire corporate. Distingué de nombreuses fois par les institutions - lauréat de la Bourse Albert Kahn en 2018, Bourse du Centre National des Arts Plastiques en 2020 - son travail fait l'objet d'une couverture médiatique éloquente. [...]
[...] Il s'agit pour lui de mener un travail de photographe social à destination des institutions, des décideurs et de ses concitoyens. Elle appartient aux clichés de l'année 2018, consacrée à la région Hauts-de-France. Le cliché a une forte verticalité malgré son format paysage. Le sujet se tient dans les 20% du bas de l'image, tandis que les parois de la ferme continuent de s'élever au-dessus de lui sur les 70% restants, contribuant à donner un sentiment de petitesse. Ce déséquilibre de la composition verticale est tranché par une approche tripartie sur le plan latéral. [...]
[...] Il parvient à livrer des univers marqués par des difficultés de toute sorte avec une vraie exigence formelle, avec un sens aigu de l'espace, notamment vide, assez unique, et de la luminosité. Cette alchimie donne à son travail une grande accessibilité, une générosité de sens, une simplicité de langage, malgré son exigence journalistique et artistique. Un photographe de la pudeur et du silence tellement bavard. [...]
[...] Son format de prédilection est le paysage et sa valeur de plan privilégiée le plan large ce qui lui permet de déployer toute l'attention qu'il donne à l'environnement. Cet environnement existe, dans son ?uvre, sous deux tendances. La première, une sensibilité à l'espace vide. Sa série Les jours couchés est un paroxysme dans cette approche, proposant des clichés proches de l'abstraction. Issu des Jours couchés Il peut y avoir une présence humaine mais où le corps occupe une place réduite dans le cadre, parfois pour rendre compte de l'immensité, insaisissable de l'environnement, plus souvent pour signifier un sentiment de perdition, d'être dépassés. [...]
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