Jean Vigo, cinéma français, À propos de Nice, Zéro de Conduite, L'Atalante, surréalisme, cinéma des années 1930, réalisateur français, critique sociale, documentaire, portrait de ville, Luis Buñuel, influence cinématographique, grammaire filmographique, déréalisation du réel, expression subversive, cinéma innovant, histoire du cinéma, théorie cinématographique, analyse filmique, Luce Vigo, Paulo Emilio Gomès, Michael Temple, Pierre Lherminier, critique du cinéma, langage artistique, master Histoire de l'art
Lors de mes lectures sur l'histoire du cinéma, je suis tombé à de nombreuses reprises sur le nom de Jean Vigo. De nombreux critiques et spécialistes du cinéma le décrivaient comme un prodige du cinéma parti trop tôt, mais laissant une oeuvre majeure qui influença par son originalité l'histoire du cinéma français.
Ainsi, le nom de Jean Vigo m'a rapidement intrigué et m'a semblé un bon sujet d'étude pour un mémoire de fin d'années.
Par la suite, je me suis rendu sur la base de données de l'Université Paris 3 et très peu de mémoires avaient traité sur le cinéaste Jean Vigo ou du moins pas de la manière que je souhaitais l'aborder, c'est-à-dire la création d'un nouveau langage artistique, la création d'une nouvelle grammaire cinématographique inédite pour la France, au moment où le cinéma parlant arrivait en France. J'ai souhaité m'intéresser au sujet d'un nouveau langage artistique pour coller aux attendus de notre master 1 en histoire de l'art, me permettant ainsi d'aborder les oeuvres de Vigo dans leur forme graphique, politique, et philosophique.
[...] Finalement, les corps des adultes et des enfants s'opposent clairement. Pour souligner la facétie des enfants, Vigo n'hésite pas à montrer les corps dénudés des enfants, un enfant qui se balade « cul nu », ou encore les troubles intestinaux de Bruel. Les enfants semblent à la fois facétieux mais aussi quelque peu tributaire de leur corps, comme étant des corps faits pour ne pas être contrôlé. En opposition à ces corps rebelles et incontrôlables, on a les corps dévastés des adultes et qui montre leur incohérence. [...]
[...] L'ouvrage met en avant dès ses premières pages que si la notion de réel a bien été mise en avant dans un certain type de cinéma tel que le cinéma ethnographique de Jean Rouch. Il convient de dire que le réel est souvent une notion floue, parfois vide de sens, ou parfois déformée. Par ailleurs, s'interroger sur le fait d'accéder au réel à travers le cinéma est finalement quelque chose d'assez risqué car les définitions peuvent varier d'un individu à l'autre. [...]
[...] Mais j'ai craint qu'ils ne s'abîment dans le voyage. Qu'il me suffise en citant ces derniers de rendre hommage aux plus grands admirateurs de Zéro de conduite. » puis d'ajouter quelques mots plus loin : « Car vous croyiez peut-être jusqu'ici que ce film était interdit intégralement pour des raisons moins honnêtes ; sous le prétexte, par exemple, qu'il est d'esprit anti-français ; ce qui ne veut rien dire. Ce qui, du reste, a déjà causé en France l'étonnement de toute personne ayant assisté à la présentation du film, et ce qui ne fut jamais officiellement proclamé, les décisions de la Censure n'ayant pas à être justifiées. [...]
[...] C'est notamment le cas, dans cette scène où le surveillant se met à dessiner d'une main puis son dessin s'anime ou encore lorsque les enfants à la fin du film s'affrontent dans une bataille de polochons (annexe 20- les enfants s'affrontant dans la bataille finale), qui finit dans une pluie de plumes où les visages rieurs des enfants semblent comme tout droit sortie d'un rêve, d'une utopie. On peut s'intéresser ici, au ralenti dans cette scène. La ralenti déforme cet instant cette réalité comme tout droit sorti d'un rêve et joue sur la plasticité du moment. Le fait pour Jean Vigo d'accentuer cette scène souligne à quel point cette scène de liesse, de la révolte finale éclatante se confond avec une idée de l'iréel et du rêve. [...]
[...] Cette atmosphère est omniprésente, en grande partie grâce à la structure du film qui crée des échos entre certaines situations. Dans l'Atalante, l'onirisme s'exprime là aussi par bien des procédés. Vigo oppose notamment les genres entre le masculin et le féminin ou encore les espèces, avec la confusion des humains et la présence des chats ; l'onirisme est aussi celui de rapprochements particuliers entre personnages comme entre Juliette et Jules ; ou encore l'onirisme peut-être parfois symbolique. Par exemple, dès le début du film, le père Jules joue de l'accordéon sur la péniche, dans une forme de symbolisme, cet accordéon symbolise les mouvements contradictoires du destin amoureux des jeunes mariés. [...]
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