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Notre chauvinisme nous pousse souvent à considérer la langue française comme la plus belle ou l'une des plus belles au monde. Ce sont par ailleurs tout autant les réseaux sociaux, les anglicismes, tout comme les dialectes qui posent question. Certains les entrevoient comme des menaces, d'autres comme une perspective d'enrichissement.
[...] Le journal Le Figaro dénonce ainsi cette intrusion de l'anglais dans notre quotidien : « Vous discutez avec un ami d'une dispute qui s'est violemment déclenchée avec votre associé. Vous voilà narrant les faits. « Tu comprends, il ne me supporte plus », déplorez-vous. Problème. Vous ne vouliez pas dire ici qu'il ne peut plus vous voir en peinture. Mais qu'il ne vous apporte plus le soutien dont vous avez besoin. Le verbe adéquat aurait été : « soutenir », « apporter son soutien », « encourager », plutôt que « supporter », construit d'après l'anglais « to support », qui a pour sens : « soutenir », « appuyer1» ». [...]
[...] Les réseaux sociaux par exemple peuvent être l'occasion de développer une certaine inventivité qui conduit à un enrichissement de la langue bien plutôt qu'à son appauvrissement. L'emprunt aux langues étrangères amènent de nouvelles nuances dont on ne peut pas toujours trouver un équivalent en français. Et Molière lui-même donnait volontiers de la place aux dialectes que l'on tend à mépriser injustement. Ainsi, si l'on peut se méfier d'une maîtrise de la langue française qui deviendrait plus fragile à cause des réseaux sociaux par exemple, ne nous fermons pas trop à la nouveauté d'une langue qui se doit d'être vivante. [...]
[...] On peut employer un langage plus relâché entre amis, sur les réseaux sociaux, employer de l'argot, du verlan qui se porte encore bien finalement mais employer un langage plus châtié dans un contexte plus formel. IL est donc irrationnel de penser que l'utilisation d'un langage plus décontracté dans certains contextes conduit à un appauvrissement de la langue française. La langue française est en perpétuelle évolution Comme l'explique les auteurs du tract cité plus haut : « Depuis les Serments de Strasbourg, au IXème siècle, époque de naissance de l'ancien français par rapport au latin, la langue n'a cessé d'évoluer et nous ne reviendrons jamais à la langue de Molière5 ». [...]
[...] Pire, on va parfois utiliser des émojis à la place des mots pour exprimer des émotions. Utiliser l'émoticône d'un petit bonhomme en colère, par exemple rouge avec de la fumée qui lui sort par les narines plutôt que d'explorer toute la nuance lexicale de la colère : irrité, agacé, hors des gonds pour ne citer que quelques exemples. On risque alors de manquer de mots en face à face ou bien de ne pas savoir s'exprimer avec nuance. Ce n'est pas la même chose que d'être légèrement irrité ou furieux, et pourtant on va par exemple utiliser indifféremment furax dans le langage courant ou utiliser le même émoticône pour différents degrés de colère. [...]
[...] SMS, réseaux sociaux, anglicismes, dialectes : enrichissement ou menace pour la langue française ? Notre chauvinisme nous pousse souvent à considérer la langue française comme la plus belle ou l'une des plus belles au monde. Ce sont par ailleurs tout autant les réseaux sociaux, les anglicismes tout comme les dialectes qui posent question. Certains les entrevoient comme des menaces, d'autres comme une perspective d'enrichissement. Comment faut-il percevoir les tournures langagières qu'amènent ces formes de communication, une menace ou un enrichissement ? [...]
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