La littérature de l'âge baroque en France Circé et le paon, Jean Rousset, baroque, sentiment, émotion, roman picaresque, inclusion, achèvement de l'art, irrégularité, littérature européenne, création littéraire, mouvement artistique, histoire littéraire
Dans La littérature de l'âge baroque en France, Circé et le paon (1953), Jean Rousset affirme, page 231 : « Il faut bien voir qu'il existe un paradoxe baroque : le Baroque nourrit en son principe un germe d'hostilité à l'oeuvre achevée ; ennemi de toute forme stable, il est poussé par son démon à se dépasser toujours et à défaire sa forme au moment qu'il l'invente pour se porter vers une autre forme. Toute forme exige fermeté et arrêt, et le Baroque se définit par le mouvement et l'instabilité ; il semble qu'il se trouve par conséquent devant ce dilemme : ou bien se nier comme baroque pour s'accomplir en une oeuvre, ou bien résister à l'oeuvre pour demeurer fidèle à lui-même. »
Il s'agit d'expliquer et de discuter ce propos de manière structurée et à l'aide d'exemples précis.
[...] Le roman picaresque mime la réalité et s'éloigne du roman épique (les personnages sont généralement socialement peu élevés, les intrigues peuvent être triviales). 2. Une structure fondée sur l'enchâssement de récits parfois indépendants les uns des autres : quelle unité du discours et de l'intrigue ? 3. Une tonalité généralement pessimiste et satirique : de nouveaux registres au sein du roman. Le baroque, un nouveau genre issu de la réunion non structurée de genres hétéroclites ? Jean Rousset semble souligner à raison que le concept même d'?uvre baroque constitue une contradiction dans les termes. [...]
[...] Des concepts issus des réflexions de Nietzsche dans Naissance de la tragédie. 2. Le baroque, une évolution de la perception du beau ? L'apollinien fait signe du côté de la symétrie et de l'ordre tandis que le dionysiaque fait appel au sensible et au spontané. 3. Le baroque constituerait donc l'introduction d'un nouveau registre esthétique qui serait par nature irrégulier et désobéirait aux formes classiques. Par conséquent, le baroque s'inscrirait donc dans une dynamique de ré-interrogation des genres tels qu'ils se pratiquaient jusqu'au 16ème siècle. II. [...]
[...] Autrement dit, le baroque revendique avant tout la porosité des genres, mais celle-ci est interprétée par les classiques comme une non-forme, irrégulière et dont les contours ne se conforment pas aux exigences habituelles. III. En réalité, le baroque marque le rejet par l'art d'une forme particulière d'achèvement, pour lui préférer une création plus ouverte et, à certains égards, moins définitive A. Le baroque, une dynamique permettant de faire la liaison entre l'héritage antique et la création moderne : l'exemple d'Honoré d'Urfée 1. [...]
[...] Pourtant, une ?uvre non conforme aux critères d'achèvement n'est pas nécessairement inachevée A. Même les ?uvres baroques répondent à des critères de cohérence et d'achèvement : l'exemple des Tragiques d'Agrippa d'Aubigné 1. Une reprise de la forme antique du poème épique et satirique et une ?uvre structurée en sept chants? 2. ? mais doublée d'une dimension militante : la défense des protestants. 3. La représentation de la violence comme projet poétique (« je veux peindre la France une mère affligée ») : l'inclusion d'un registre auparavant exclu de la poésie. [...]
[...] Le baroque constitue dès lors un moment d'ouverture et de rencontre pour des genres littéraires jusque là relativement cloisonnés. B. Témoigner de la métamorphose du monde au sein d'une ?uvre : le baroque comme outil de renouvellement de la littérature 1. Achtéon, de Pierre le Moyne : le récit d'une métamorphose par le moyen d'une forme fixe comme le sonnet constitue une bonne synthèse de l'essence même du baroque (le terme « baroque » dans son sens moderne pouvant du reste signifier que des éléments ne semblent de prime abord pas bien assortis). [...]
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