Roman de Renart, Fabliaux érotiques, littérature médiévale, comique, satire, personnage type, triangle amoureux, vocabulaire érotique, critique sociale, anthropomorphisme, humour, rire carnavalesque, inversion des rôles, femme, pouvoir, église, morale, Moyen-Âge, littérature française, parodie, valeurs
Le Roman de Renart est un ensemble de poèmes de longueurs inégales, écrits en octosyllabes à rimes plates. Il n'existe pas un seul Roman de Renart, dans le sens où cet ensemble de poèmes a été regroupé en quatorze recueils différents et complets. Sa popularité fut énorme, et son importance dans le genre comique est unanimement reconnue. Le roman de Renart a été écrit au Moyen A?ge, entre le XIIe et le XIIIe siècle.
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Quant aux fabliaux érotiques, ce sont des contes à rire en vers, écrits entre la fin du XIIe et le début du XIVe siècle. Le corpus des fabliaux comprend approximativement 130 textes. Beaucoup ont une tonalité grivoise et sont parfois obscènes au point d'avoir été rarement édités. La masse la plus importante - et peut-être la plus homogène - de contes est constituée par des histoires d'adultère.
[...] Croyant que c'est Hermeline, il se jette dans le seau pour la sauver, mais c'est une erreur. Ysengrin, affamé, passe devant le puits. Le goupil profite du piège dans lequel il est tombé pour, une fois de plus, jouer un mauvais tour au loup. Le comique de situation, dans le Roman de Renart, suscite donc un rire mauvais, cruel. Face aux humiliations et mutilations, le lecteur rit, justement cause de la situation incongrue de ces animaux qui jouent aux hommes, et des rares hommes souvent trompés par les be?tes. [...]
[...] Les branches parodient souvent les grands genres, justement car ceux-ci existent, et que les auteurs et le public les connaissent. Un premier genre détourné par le Roman de Renart est la chanson de geste. En effet, Certaines situations narratives peuvent faire penser la chanson de geste. Les duels entre les animaux ressemblent aux grandes batailles, le siège de Maupertuis dans la branche Ia possède par moments un caractère épique. La demeure du goupil, par exemple, relève plus de la grande forteresse seigneuriale que du terrier (branche Ia, v 1628)8. [...]
[...] Nous allons nous demander si le comique est fondé sur un abandon de la morale ou si ces ?uvres disposent à la place un système de valeurs alternatif implicite ou explicite ? D'abord, il s'agira de considérer la place du comique, notamment de la satire et de la parodie, avant de considérer le comique pour serviteur de la morale. Avec une différenciation entre les intentions didactiques et les limites de cette morale. Pour commencer, le roman de Renart a une intention comique, intention exposée dès le prologue. [...]
[...] Plus loin dans le récit, elle lui redonne sa vie, mais en la modifiant au gré du jeune homme épris d'elle. On désigne le pre?tre comme l'amant des femmes mariées dans la majorité des fabliaux érotiques. Ainsi, dans Le vilain de Bailleul, la femme « amoit le chapelin/S'avoit mis jor d'ensamble a estre » (vol p v. 12-13). La notion d'amour est ici importante, car elle est ambigue? et sème le doute dans l'esprit du lecteur sur les intentions de la femme. [...]
[...] Ainsi, qu'elle soit au c?ur de l'action ou au service d'une autre, la femme possède un caractère très ambivalent qui se révèle essentiel au maintien du rire carnavalesque dans le fabliau érotique. Si l'objectif principal des auteurs du Roman de Renart n'est pas de faire passer un message fort, plusieurs branches reve?tent par moments les couleurs de la parodie et de la satire. Le roman de Renart est satirique ; dans le sens où, il parodie la Société tout en gardant un aspect rieur. [...]
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