Psychologie du travail, émancipation, domination, santé mentale, travail, souffrance, sublimation, consentement, identité, évaluation individualisée, psychosomatisation, décompensation, QVT Qualité de Vie au Travail, reconnaissance au travail, salariés précaires, standardisation, relation sociale, servitude volontaire, violence, harcèlement au travail, hiérarchie d'une entreprise
Devoir établi dans le cadre de la validation d'une préparation au titre de psychologue du travail (Niveau master 2 - Parcours psychologie du travail et des organisations)
Nous pouvons nous apercevoir juste à travers un regard apparent qu'une opposition diamétrale existe entre les termes respectifs de domination et émancipation. D'une part, nous pouvons avoir l'impression qu'un ensemble de référentiels est mis en place par une entité afin d'exercer une domination sur une autre entité. En imposant, d'une manière directe ou indirecte, des valeurs et des principes à des groupes sociaux, appelés ici "les dominés", les dominants entretiennent une relation d'ascendant envers ceux qui sous son emprise. D'autre part, constatant sa situation de longue domination, les entités asservies et sous contrôle cherchent tous les moyens de s'affranchir de leur sujétion par l'entremise de l'émancipation. Mais, quoi qu'il en soit, les deux concepts doivent être compris sous plusieurs angles polymorphiques et polysémiques, et non se contenter d'une limitation monosémique, car un champ lexical de chacun des deux termes permettrait d'exploiter tous les termes s'y rapportant. Le séminaire que j'ai suivi était une opportunité pour moi de mieux comprendre le concept de domination et celui de l'émancipation.
[...] Nous avons cité et évoqué d'une manière plus ou moins développée dans les sections antérieures que le travail peut être considéré comme émancipateur dans la mesure où le travailleur trouve une sorte de liberté dans la manière de réaliser le travail prescrit par le biais de l'intelligence et des ressorts psychologiques et dans la façon de faire usage à bon escient de son inventivité pour atteindre un niveau de sublimation. Cela le conduit à considérer son art d'acquérir de nouvelles sensibilités que des béotiens ne peuvent pas accéder. Il ne peut avoir la reconnaissance de sa prestation qu'en peinant dans ses tâches. Cette peine se transforme en plaisir dès lors qu'il ressent une autre faculté se développer en lui. Et ce plaisir est l'un des éléments constitutifs de sa propre liberté dans le travail sous la domination de son hiérarchique. [...]
[...] Elle ne parvient plus à bien faire son travail car elle a un statut de dominée. Elle ne peut pas capitaliser son savoir. Christophe Dejours, psychiatre et psychanalyste et professeur au Conservatoire national des arts et métiers (Paris), signale que les « gestionnaires » sont à l'origine des « effets catastrophiques sur la qualité du travail et des pathologies qui en découlent. » (Christophe Dejours, (1998) Souffrance en France. La banalisation de l'injustice sociale, Paris, Seuil, « Points » p. 52.). En effet, par « gestionnaires », il voulait évoquer la domination subie par les employés par les patrons tyranniques. [...]
[...] l'ébéniste à force de travailler et de parfaire ses tâches commence à développer une connaissance hors du commun et une sensibilité que les « profanes » ne savent pas. Il s'agit de la subjectivité du travailleur ingénieux et expert, assignée par les tâches ordinaires. Cela représente le « premier niveau de sublimation », appartenant à la « corps-propiation » et qui implique la subjectivité de chacun d'entre nous. (Dejours, (2014), Revue française de psychosomatique, La sublimation : entre clinique du travail et psychanalyse, éditeur : Presses universitaires de France). [...]
[...] Premièrement, « la division technique des tâches qui font l'objet de prescriptions très strictes ». Deuxièmement, il est question de « la division politique du travail », qui est un moyen de surveiller les actions des employés en vue de les sanctionner à la moindre erreur constatée. Il s'agit d'une autre contrainte. Cette situation nous fait rappeler la conception tayloriste de la domination au travail lorsqu'il assimile l'ouvrier à un animal qui est le chimpanzé dont les actes sont guidés par l'employeur lui-même. Autrement dit l'employeur choisit la manière dont les employés doivent agir dans leur métier. [...]
[...] Donc il est indispensable que l'homme ait longtemps développé une force pulsionnelle dès l'apparition de ses premières pulsions jusqu'au moment où la sublimation devient son ultime pouvoir pulsionnel. En parlant désormais de la situation de la domination du salarié à l'égard de son supérieur hiérarchique, la sublimation se manifeste au moment où il est fasciné par ses réalisations, ses exploits, par exemple à force de s'investir grandement dans une tâche complexe, il parvient à la réaliser sans être vraiment roué dans le domaine mais grâce à sa simple débrouillardise. [...]
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