Laïcité, femme musulmane, sexisme, islamophobie, signe religieux ostensible, voile, immigration, liberté vestimentaire, principe de laïcité, discrimination religieuse, master Psychologie sociale, psychologie sociale, France, religion, religion musulmane, discrimination, préjugés, discrimination professionnelle
Dans le cadre d'un mémoire sur le rapport à la laïcité, et le fait qu'elle soit parfois mobilisée par certains pour justifier des préjugés, le document présente les objectifs et les hypothèses de l'étude.
La France, de par ses traditions, a construit son modèle d'intégration en s'appuyant sur le principe de laïcité (Amiraux & Simon, 2006, etc.).
Sa conceptualisation, selon Baubérot (2011), est composée de plusieurs principes fondamentaux que sont l'égalité de respect, la liberté de conscience, la séparation de l'Église et de l'État ainsi que sa neutralité vis-à-vis de la religion.
Ainsi, selon ces principes, chaque citoyen doit être respecté équitablement, quelles que soient ses croyances, il est libre d'exercer sa religion comme il le souhaite. De son côté, l'État ne doit s'identifier à aucune religion et se montrer impartial vis-à-vis de ces dernières.
[...] En prolongeant les travaux de Kamiejski et al. (2012), Roebreck et Guimond (2016) démontrent, sur le plan expérimental, que cette nouvelle conception est reliée positivement aux préjugés et à l'orientation à la dominance sociale (ODS). Roebreck et Guimond soulignent comment cette nouvelle laïcité est construite autour du fait que la religion doit être exclue de l'espace public, cantonnée à la sphère privée. La neutralité de l'État est alors déformée en lieu et place d'une neutralité religieuse obligatoire de tous les citoyens dans la sphère publique. [...]
[...] Ainsi, être une femme de confession musulmane est d'autant plus pénalisé dans un contexte de répartition sexuée du travail, où les femmes font face à une inégalité d'accès aux postes à fortes responsabilités, communément appelées « plafond de verre » ou « freins invisibles » (Maruani, 2011 ; Fortier ) . Tout comme le « plafond de verre », la question du port du voile alimente les considérations et les débats actuels au sein des mouvements féministes (Gianettoni, 2021) La loi du 15 mars 2004 a d'ailleurs permis d'identifier deux positions (Roux et al. 2006) : même si au départ la plupart des féministes considèrent le voile comme un symbole d'oppression chez la femme, la prise en compte d'une position ethnocentrée a divisé l'opinion sur le sujet (Scott, 2018). D'après Roux et al. [...]
[...] L'attachement à cette dernière est corrélé négativement aux préjugés intergroupes et l'orientation à la dominance sociale (Roebreck & Guimond, 2016). Leurs résultats soulignent l'acceptation de la diversité propre à la laïcité historique, témoignant une volonté de favoriser des relations interculturelles harmonieuses. La seconde dimension, distincte de la première, représente une conception contemporaine de la laïcité. Cette « nouvelle laïcité », dissociée des principes de liberté de conscience et d'égalité des citoyens, est principalement reliée à l'idée que les pratiques religieuses se doivent d'être à caractère privé (Bauberot, 2012). [...]
[...] Les travaux de Knowles et al. (2009) au sujet de l'idéologie color-blind (aveugle aux différences) ont démontré que, de par sa nature malléable, une idéologie fondamentalement tolérante pouvait être récupérée par des individus aux motivations discriminantes, qui en travestissent le sens. Cette récupération idéologique, à l'?uvre ici pour la laïcité, se retrouve à travers les discours nationalistes et leur rhétorique, qui n'hésitent pas à mobiliser cette dernière pour justifier de restreindre l'expression religieuse à la sphère privée (Alduy & Wahnich, 2015). [...]
[...] Quatrièmement, il est possible que les personnes interrogées soient davantage enclines à exprimer des opinions plus « progressiste » face au scénario de la jeune fille musulmane. Cette tendance pourrait refléter une volonté de défendre des principes de laïcité qui seraient en contraste avec leurs perceptions de la religion musulmane. Les limites de ce questionnaire résident principalement dans le fait que les deux personnages des scénarios fictifs sont des femmes. Par conséquent, il n'est pas en mesure de prendre en compte les biais sexistes potentiels qui pourraient influencer la représentation et les réponses des personnages masculins dans des situations similaires. [...]
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