Psychanalyse, déconstruction, clinique analytique, théorie, inconscient, Derrida, Freud, langue, Le Monolinguisme de la langue, métaphysique, démarche analytique, langue maternelle, Mallarmé, légitimité, Lacan, liberté, fantasme, subjectivité
Psychanalyse et déconstruction se partageraient une tâche commune, qui serait l'impossibilité. Mais que signifie tout d'abord cette impossibilité ? Cette impossibilité a trait tout d'abord à l'inconscient, qui est le champ d'investigation de la psychanalyse. L'inconscient se définissant au premier chef comme ce que nous ne savons pas se présente à l'évidence comme un défi pour la pensée, un obstacle qui a quelque chose d'insoluble, d'irrémédiable. Merleau-Ponty, loin de rejeter la psychanalyse, critiquait par exemple le concept d'inconscient en le qualifiant de notion-Protée, c'est-à-dire une notion insaisissable, caméléonesque, amorphe, condamnée à rester dans le vague.
[...] Il n'est pas possible de lui faire adopter un rapport d'univocité, contrairement à la techno-langue, orientée par une efficacité maximale, à prétention objective. Cela ne va pas sans présenter d'autres problèmes qui sont de l'ordre de l'impossible, comme celui qui concerne le rôle joué par l'analyste et la position dominante par rapport à l'analysant où il tend à être. Quelle valeur l'analyste est-il censé détenir si le savoir qui se dénoue lors de la cure est équivoque, fuyant ? Sur quel socle l'analyse peut-elle se fonder et qu'est-ce qui fonde sa légitimité ? [...]
[...] Une autre interrogation, qui lui est liée, consiste à se demander comment la psychanalyse établit sa propre éthique. Comme la déconstruction, elle s'attacher à libérer le sujet de forces qui le contraignent et se propose de le faire dans une sorte de retrait qui donne le premier rôle à l'analysant, qui ?uvre lui-même à démêler les n?uds qui se sont constitués en lui. C'est dans cet art savant, forcément hasardeux de savoir se tenir à sa place que se reconnaît le caractère impossible de la psychanalyse, telle un funambule en équilibre au-dessus d'une parole vide « moins profonde qu'inaccessible », moins vertigineuse qu'elle n'est difficile à embrasser du regard. [...]
[...] Merleau-Ponty M., « L'homme et l'adversité », in Signes, Paris, Gallimard pp. 287-292. [...]
[...] L'impossibilité comme telle est la tâche que partagent la psychanalyse et la déconstruction : qu'en pensez-vous ? Sujet pour l'évaluation : L'impossibilité comme telle est la tâche que partagent la psychanalyse et la déconstruction : qu'en pensez-vous ? commentez et discutez cette assertion dans la limite d'une dizaine de pages Psychanalyse et déconstruction se partagerait une tâche commune, qui serait l'impossibilité. Mais que signifie tout d'abord cette impossibilité ? Cette impossibilité a trait tout d'abord à l'inconscient, qui est le champ d'investigation de la psychanalyse. [...]
[...] Ce que le langage met à jour dans l'inconscient à travers la cure psychanalytique, c'est que le fantasme et le virtuel sont indissociables du réel, créant un territoire où le désir se joue de l'accompli, le refoulé de ce qui a eu lieu. Cela passe par le langage, qui produit et délimite le sens, et l'impossibilité initiale qui se présente dans la psychanalyse est qu'il faudrait pouvoir approcher la langue sans passer par la parole. En dernière instance, la psychanalyse se heurte à l'impossibilité de dire, une forme d'indicible qui constitue aussi l'horizon aporétique de la déconstruction, et qui pose la question fatidique : où donc peut s'exercer l'interprétation de l'analyste ? [...]
Source aux normes APA
Pour votre bibliographieLecture en ligne
avec notre liseuse dédiée !Contenu vérifié
par notre comité de lecture