Géopolitique de l'eau, eau, ressource naturelle, bataille de l'eau, nappe phréatique, mer, pénurie de l'eau, partage de l'eau, assèchement, géostratégie, conflit, eau potable, contrôle de territoire
Nous devons apprécier l'eau, en tant que ressource naturelle, comme une question sensible qui relève du développement des pays et donc devient de facto une affaire de pouvoir cristallisant des tensions. Que ce soit l'accès à l'eau potable, le contrôle d'un fleuve pour l'agriculture, ou la fourniture de l'électricité, les facteurs sont multiples pour amener des territoires à rentrer en conflit pour son contrôle. Territoires qui peuvent être appréciés selon différentes échelles, que ce soit au niveau local ou régional. En ce sens, nous devons apprécier la maîtrise de l'eau comme un enjeu de développement territorial qui peut déterminer son avenir à plus ou moins long terme.
[...] Dans quelle(s) mesure(s) la ressource naturelle représentée par l'eau, sous différentes formes, peut-elle amener des territoires à rentrer en conflit pour son accès ou sa maîtrise ? Sujet : Géopolitique et la guerre de l'eau Introduction L'eau, que l'on assimile dans la sphère médiatique à « l'or bleu1 », est le bien universel par excellence. L'Organisation des Nations-Unies (ONU) l'a bien compris lorsqu'en 2010, elle affirmait que « l'usage de l'eau appartient à tous, et chaque personne physique, pour son alimentation et son hygiène, a le droit d'accéder à l'eau potable dans des conditions économiquement acceptables par tous2 » (ONU, 2010). [...]
[...] Dès lors, dans le cadre de ce travail, nous aurions pu approcher la géopolitique de l'eau comme l'ont fait Aaron Wolf et al., c'est-à-dire en délimitant des zones à risques comme « les bassins du Gange-Brahmapoutre, les bassins d'Afrique australe (Kunene, Okavango, Limpopo, Zambèze, Incomati), le lac Tchad, le fleuve Sénégal qui délimite les frontières nord et est du pays, la grande rivière de La Plata entre Argentine et Uruguay, ou encore la rivière Tumen aux confins extrême-orientaux de la Russie et de la Chine7 » (Wolf et al., 2003). Mais cela ne nous permet pas à coup sûre de bien comprendre les enjeux mais aussi les réponses qui peuvent être apportées. Cependant, nous devons bien comprendre que dans la problématique des conflits liés à l'eau, il existe des invariants que l'on retrouve dans la plupart des conflits hydrauliques. [...]
[...] Dès lors, nous tenterons dans la mesure du possible de nous pencher sur les solutions et les différents scénarios que l'on peut proposer dans le cadre du règlement des conflits que nous allons évoquer. I. À la source des conflits Comprendre comment une ressource naturelle, en l'occurrence l'eau, peut devenir dans certaines situations l'enjeu d'un conflit, c'est comprendre pourquoi elle reste autant stratégique. Nous allons donc commencer notre propos par apprécier l'eau comme une ressource stratégique inégalement répartie avant de voir l'eau comme devenant, au fur et à mesure des années, une ressource devenue rare mais où paradoxalement la demande mondiale reste croissante. [...]
[...] 77-98. Chaussade, Jean-Louis, Pellay, Maryvonne. « Géopolitique et gouvernance », Jean-Louis Chaussade éd., Les 100 mots de l'eau. Presses Universitaires de France pp. 78-100. Galland, Franck. « L'importance stratégique de l'eau », Géoéconomie, vol no pp. 101-110 Guy Caubet, Christian. « Dimensions ultralibérales de la conquête de l'eau : intérêts géopolitiques et carences juridiques internationales », Écologie & politique, vol no pp. [...]
[...] En effet, la Turquie, où naissent les deux fleuves mythiques de la Bible dans les plaines anatoliennes, est en position de domination dans le contrôle de ses deux fleuves du fait de son programme de 22 barrages et 19 centrales électriques, crées d'une façon unilatérale et sans concertation avec ses voisins en aval, c'est-à-dire la Syrie et l'Irak. Ce programme régional de développement dit de l'Anatolie du Sud Ouest (et plus connu selon son acronyme GAP11) a pour principale conséquence une réduction de 70 % du débit naturel de l'Euphrate à la sortie de la Turquie. L'Irak n'ayant plus que 20 %12. Il va de soi que dans un futur proche, à l'heure d'une possible reconstruction globale de la Syrie mais aussi de l'Irak, de nouvelles négociations soient engagés entre ces trois pays pour trouver un terrain d'entente satisfaisant. [...]
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