Russie, Vladimir Poutine, régime autoritaire, sécularisation, autoritarisme, enjeux économiques, enjeux géopolitiques, pouvoir, patriotisme économique, contrôle de l'État, bonapartisme, souveraineté nationale, nationalisme
Aujourd'hui en Russie, près de trois décennies après l'effondrement de l'URSS et après deux décennies de pouvoir exécutif incarné par le même homme se pose la question de la nature du régime politique russe, dans un pays qui n'a jamais affiché, avant les années 1990, l'ambition de devenir une démocratie libérale. Au tsarisme a succédé après quelques mois de gouvernement provisoire une dictature du prolétariat assumée dont la transition au socialisme effectif n'a jamais vraiment été décrétée, Kroutchev tournant tout de même la page d'un apogée totalitaire.
Vladimir Poutine est souvent commodément surnommé « le tsar » par les médias, mais pour autant, peut-on parler de régime autoritaire au sujet du système politique dont il assume la direction, peut-être pour son dernier mandat ?
[...] L'homme au sommet d'une alliance entre anciennes élites renaissantes et nouvelles élites Cette politique est menée au nom de la souveraineté du peuple russe sur son économie, ce qui peut se lire d'un premier abord comme un rempart contre l'autorité des forces économiques contre la démocratie. Mais elle peut aussi se lire comme la tentative de reconstitution d'une classe bureaucratique, qui auparavant vivait en surplomb sur un capitalisme d'État sans capitalistes, et désormais sur le contrôle, productif de rentes, d'une économie à structure juridique mixte. [...]
[...] TROISIEME PARTIE- Le contrôle de l'économie libérale par un Président-patron : expression de la souveraineté ou autoritarisme ? A - Un patriotisme économique qui peut donner lieu à deux lectures différentes Du point de vue du libéralisme, les régimes sont appelés « autoritaires », notamment quand ils portent ombrage à ce qu'ils incluent dans les droits naturels : l'initiative privée en économie. Alors que pour les adversaires du libéralisme économique, le règne de l'accumulation privée dérégulée est justement un trait des régimes autoritaires. Jean Jaurès l'a exprimé au mieux en pointant la contradiction entre le citoyen souverain dans l'ordre politique et serf dans l'ordre économique, ce qu'il appelle à dépasser dans la république sociale9. [...]
[...] Le colonialisme remettait en cause l'égalité des droits, jusqu'à son extinction. La souveraineté populaire n'a pas toujours été respectée, peut-on penser, comme avec le non-respect du vote du peuple lors du référendum de 2005. Le contrôle de constitutionnalité s'est progressivement bâti, avec la jurisprudence du conseil constitutionnel. Les enjeux se déplacent, certaines libertés s'élargissent (dépénalisation de l'homosexualité au début des années 80 par exemple), tandis que d'autres peuvent faire l'objet de restrictions jugées nécessaires (comme sur la liberté d'expression, pour lutter contre le négationnisme par exemple). [...]
[...] Le pouvoir doit transiger de fait avec une société qui ne se laisse pas prendre aussi aisément dans les mailles du pouvoir d'État, faute d'une machine institutionnelle performante.« On se heurte à un paradoxe : le régime, de plus en plus autoritaire, veut avoir la mainmise sur les institutions, les personnes et les ressources, mais il ne parvient pas du tout à centraliser le pays, ni d'ailleurs à gérer de manière directe la plupart des territoires de Russie.4». B - Les mécanismes d'encadrement qui atrophient le développement démocratique Sans doute Vladimir Poutine pense-t-il que les conditions culturelles et sociologiques ne sont pas propres à emballer un processus démocratique dans une Russie qui n'a pas de tradition démocratique et où avant tout le chaos doit être évité et les forces centrifuges contrôlées, ce qui conforte ses propres intérêts et son destin. [...]
[...] Mais la fenêtre s'est vite refermée. Les rares élus de l'opposition et leur entourage subissent aujourd'hui des pressions Les partis indépendants, comme Demvybor, subissent des pressions qui s'exercent notamment via des inspections fiscales 7 ». L'opacité du fonctionnement du régime constitue aussi un versant de son autoritarisme : « le président de la Fédération de Russie domine donc actuellement l'espace politique fédéral, mais avec qui gouverne-t-il ? Les informations disponibles sur son entourage et, surtout, sur les segments d'élites dirigeantes qui le soutiennent doivent être maniées avec précaution. [...]
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