Le quiet quitting : qu’est-ce que c’est ? Définition et généralités
Le quiet quitting peut être traduit de diverses manières, et l’une d’elles peut être aussi « démission silencieuse ». Vous devez la différencier de la démission ou du désengagement réel, qui consiste à quitter l’entreprise. Il s’agit ici plutôt d’un retrait émotionnel, psychologique. Il n’y a plus d’investissement dans votre équipe, plus d’initiatives qui sont prises, plus de participation dans la vie collective. Toujours est-il que peu importe votre rôle dans la société, le quiet quitting est un fléau qui fragilise le groupe en profondeur, car il est beaucoup plus sournois que le turn-over, par exemple.
Le terme est relativement récent, mais le phénomène auquel il fait référence ne l’est pas. Il touche certains secteurs d’activités plus que d’autres. Ainsi, vous pourrez remarquer que cela concerne les salariés qui ne sont pas suffisamment reconnus, qui ont une forte pression mentale, qui sont mal managés, ou qui sont en désaccord avec la culture de l’entreprise. Aujourd’hui, vous remarquerez que ce phénomène a pris une ampleur considérable, notamment à cause des réseaux sociaux et de la nouvelle génération qui demandent plus de compromis pour travailler dans les entreprises.
Toutefois, il est essentiel également que vous ne fassiez pas l’amalgame entre quiet quitting et paresse, parce que ce sont deux notions qui peuvent facilement être confondues. Les salariés respectent leur contrat, ils ne souhaitent juste pas en faire toujours plus. Pour eux, il s’agit d’une manière de se protéger au niveau psychologique.
Quelles sont les causes du quiet quitting ?
Plusieurs causes peuvent être répertoriées pour expliquer le quiet quitting.
Vous pourrez aisément remarquer que, dans le monde du travail, un nombre croissant de collaborateurs ont du mal à comprendre le sens de ce qu’ils font chaque jour. Par ailleurs, une autre cause est la pression qui est régulièrement mise sur eux pour augmenter leur productivité et le nombre de tâches à accomplir. Dans un monde où la pression concurrentielle est de plus en plus forte, les entreprises souhaitent augmenter leur rendement, devenir toujours plus compétitives et ce sont les collaborateurs qui en font les frais.
Autre chose, le manque de reconnaissance. Les collaborateurs se retirent progressivement, car ils n’ont pas le sentiment d’être utiles en tant qu’humains. Vous noterez également que le management peut également être une cause du quiet quitting. Le management est une discipline qui n’a pas manqué d’évoluer au fil du temps. Il n’est plus autoritaire, il est humain. Enfin, vous pourrez également connaitre des salariés qui n’ont plus confiance en l’entreprise et qui ne viennent travailler que pour payer leurs factures, se désengageant totalement des objectifs à atteindre et des valeurs qu’elle véhicule.
Comment pouvez-vous reconnaitre le quiet quitting ?
Vous pouvez aisément, à condition d’être vigilant, reconnaitre les signes du quiet quitting. Plusieurs critères doivent vous alerter rapidement.
Parmi ceux-ci, une baisse dans l’initiative des collaborateurs, une baisse de participation également lors de réunions ou de comptes rendus. Certains collaborateurs refusent les tâches qui ne font pas partie de leur contrat, respectent les horaires et refusent toutes heures supplémentaires.
Vous devez comprendre qu’il ne s’agit pas de quelque chose qui arrive d’un seul coup, raison pour laquelle il vous faut être vigilant. Il se met en place insidieusement, souvent lorsque les collaborateurs sont surchargés au niveau émotionnel.
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Quel management devez-vous privilégier pour éviter le quiet quitting ?
Le rôle du management est primordial pour éviter ce phénomène, puisque le quiet quitting peut se résoudre en adoptant de meilleures habitudes.
Pour l’éviter, il est important de définir un mode de management qui ne laisse pas vos équipes dans le flou total. Vous devez, dans cette optique, définir les missions et leurs objectifs, donner les limites, tout cela sans utiliser un ton trop autoritaire. Vous devez écouter les collaborateurs, leur accorder de l’importance, valoriser les réussites. Cette reconnaissance n’est pas seulement verbale. Selon votre choix, elle peut être écrite, collective ou individuelle. Instaurer des habitudes peut vous permettre d’améliorer l’engagement des salariés, comme les messages personnalisés, les félicitations lors de réunions, les remerciements pour avoir contribué à un projet ou pour avoir pris des initiatives.
Par ailleurs, vous devez absolument encourager les salariés à pouvoir prendre des initiatives, de manière individuelle ou collective, afin de renforcer leur engagement. Plus un manager est présent, et plus il pourra déceler dans son équipe les prémices d’un quiet quitting. Vous pouvez alors, s’il le faut, réduire la charge de travail, accompagner lorsqu’il y a des difficultés, éviter également de s’immiscer dans la vie des salariés en dehors des horaires afin de respecter leur vie privée.
Quoi qu’il en soit, vous devez être cohérent, être en adéquation avec les valeurs de l’entreprise. Vous devez lutter contre le harcèlement, garantir l’égalité entre les membres de l’équipe, communiquer, gérer les conflits, etc. Il est important que vous mettiez en place un espace d’échanges, pour que tout le monde puisse proposer, intervenir, participer à la vie de l’entreprise.
Tableau récapitulatif
Cause | Impact sur le quiet quitting | Action managériale à mettre en place |
Clarté des attentes | Si trop de flou, alors désengagement | Définir les missions, les limites, les priorités |
Sens du travail | Le sens donne de la motivation | Expliquer la finalité des missions |
Reconnaissance | Besoin fondamental (Maslow) | Valoriser les réussites, les efforts |
Autonomie | Source de motivation et d'initatives | Responsabiliser les collaborateurs |
Proximité managériale | Influence l’engagement | Écoute, soutien, présence |
Équilibre vie professionnelle / personelle | Surcharge synonyme de retrait | Respect des horaires, ajustement |
Culture d’entreprise | La cohérence donne de la confiance | Lutte contre les dérives |
Évolution professionnelle | Si pas d’évolution possible, alors démotivation | Donner des explications sur les possibilités d’évolutions |
Dialogue social | L'écoute favorise l'engagement | Être transparent |
Conclusion
En adoptant un mode de management plus efficace et plus axé sur l’humain, alors vous pourrez éviter le quiet quitting, ou tout du moins le prévoir de manière plus efficace. L’objectif est de parvenir à renforcer l’implication en rendant vos employés plus autonomes et en étant plus soucieux de leur bien-être.
FAQ
Le quiet quitting se voit-il toujours ?
Non, c’est en cela qu’il faut faire attention en tant que manager. Il s’installe de manière progressive, il est difficilement détectable au début.
Le télétravail peut-il favoriser le quiet quitting ?
Tout dépend du mode de management, si le manager instaure le dialogue, fait confiance à ses salariés, alors il n’y a aucune raison pour que cela s’installe.
Y a-t-il un lien entre quiet quitting et burn-out ?
Pas nécessairement, il est surtout lié à une manière de se protéger du collaborateur, qui ne se sent plus en phase avec l’entreprise, il n’est pas forcément épuisé.
Comment un manager peut-il détecter les prémices du quiet quitting ?
Il doit observer tous les changements dans les comportements de ses équipes, instaurer des points de dialogues fréquents.
Comment aider un collaborateur qui est dans une situation de quiet quitting ?
Il faut essayer de privilégier le dialogue, comprendre les causes et proposer des solutions concrètes.
Références
Big média. (2026, 10 février). Quiet quitting au travail : quelle est cette tendance ? bigmedia.bpifrance.fr
Les Echos Solutions. (2023, 10 octobre). Quiet quitting : 5 minutes pour comprendre ce phénomène. solutions.lesechos.fr










