Monastère Saint-Jean du Prodrome de Pétra, Empire Byzantin, Byzance, Constantinople, chrétienté, christianisme, éducation, enseignement, savoir, Antiquité, Renaissance, médecine, rhétorique, philosophie, philologie, sciences, christianitas, Jean Mauropodos, paléographie, prosopographie, histoire byzantine, humanisme
Structuré dans un monde qui, au XVe siècle, est dominé par la christianitas en Europe occidentale et jusqu'aux confins de l'Anatolie, le monastère de Saint-Jean ne date pourtant pas de l'époque de la Byzance tardive. Ancré dans la paléochrétienté de la fin de l'Antiquité, le monastère a connu une historiographie mouvementée : probablement fondé au Ve siècle, il connaît une seconde renaissance entre le XIIIe et le XVIe siècle, période à laquelle les sources primaires font état de son délabrement et de son inactivité patente.
[...] Rénové par la suite « par un moine, Jean le Jeûneur, avec l'aide d'Anne Dalassène situés dans le quartier de Pétra, près du palais de Blachernes, l'église et le monastère furent magnifiquement restaurés » ; ce haut patronage du pouvoir politique dans lequel gravite le monastère fait montre de son importance dans la diffusion de l'idéologie du pouvoir qui procède à un syncrétisme progressif du christianisme et de la légitimation de son autorité politique. Mais peu de traces demeure de cette première époque du monastère de Saint-Jean du Prodrome de Pétra. [...]
[...] Venance Grumel, « La profession médicale à Byzance à l'époque des Comnènes », Revue des études byzantines, vol no pp. 42-46. Immaculada Pérez Martin, « La sécularisation du monachisme byzantin à l'époque macédonienne : l'évidence manuscrite », dans Olivier Delouis (dir.), Le Saint, le moine et le byzantin, Paris, Sorbonne pp. 563-588. [...]
[...] Conclusion Emblématique de Byzance, le monastère de Saint-Jean du Prodrome de Pétra à Constantinople participe de la jonction progressive entre sphère pure des fondements ecclésiastiques à la diffusion des savoirs dans une perspective d'éducation universelle. Une analyse affinée du rôle du monastère inséré dans le rayonnement de la Byzance médiévale tardive s'inscrit dans cette dualité au c?ur de la représentation contemporaine historiographique de l'institution ; une dualité qui ne manque pas de s'inscrire au fondement de l'humanisme universitaire subséquent et qui rappelle le lien intime que l'Occident et cette part d'Orient, en Asie mineure, partage dans l'intellectualité dilatée de la chritianitas d'alors, et qui participe probablement de l'abandon par effet d'entraînement de l'installation du nouveau pouvoir à Constantinople à la fin du XVe siècle. [...]
[...] Médecine, rhétorique, philosophie, philologie et activités scientifiques participent en effet d'un tout collectif que permet le centre névralgique que représente le monastère : le croisement et l'interpénétration des savoirs, à tel point que le monastère est cité en exemple par l'historiographie comme emblématique de « la double fondation [qui] devint l'un des centres de la Renaissance en relation étroite avec les grandes universités italiennes de l'époque ». Quoi qu'il en soit, l'indépendance monastique est en progression au XIVe siècle à Byzance et cette émancipation est congruente des développements multifonctionnels des monastères, où la vie des moines est mise en parallèle avec la progression des savoirs laïcs. Cette progression de la laïcisation des savoirs au sein de l'espace monacal n'est cependant pas sans troubler les contemporains, ainsi que le rapportent certains contemporains. [...]
[...] Paul Canart, « Le dossier hagiographique des SS. Baras, Patapios et Raboulas (AB 87) », Paris, Société des Bollandistes, 1969. Pierre Gylles, De Topographia Constantinopoleos et de illius antiquitatibus, Lyon IV. Marie-Hélène Congourdeau, Bernadette Martin-Hisard, « Les institutions de l'Eglise byzantine », dans Jean-Claude Cheynet (dir.), Le Monde byzantin : l'empire byzantin (641-1204), Paris, Presses universitaires de France pp. 89-124. Marie-Hélène Congoudreau, « La vie religieuse », dans Angeliki Laiou et Cécile Morrisson, Le Monde byzantin : l'empire grec et ses voisins XIIIe-XVe siècle, Paris, Presses universitaires de France pp. 281-307. [...]
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