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La liberté individuelle n'a jamais été plus revendiquée et, dans le même temps, plus contestée qu'aujourd'hui. En effet, dans une ère toute technologique ayant balayé d'un revers de main les dernières défenses à l'égard de la protection de la vie privée, il apparaît délicat, et néanmoins crucial, de discuter et de poser les limites nouvelles de ces médias de communication. Par exemple, peut-on se demander si l'on peut filmer et mettre en ligne une vidéo montrant les actions d'inconnus afin de rire de leurs malchances ou maladresses ? Enjeu éthique majeur du XXIe, la liberté individuelle et son corollaire, la notion de propriété, constituent des valeurs aux frontières sans cesse rediscutées.
[...] chaque homme est propriétaire de sa propre personne. Aucun autre que lui-même ne possède un droit sur elle, le travail de son corps et l'ouvrage de ses mains lui appartiennent en propre». Opposé à l'absolutisme de l'État, il défend en effet le principe d'une liberté individuelle prépondérante, procédant d'un droit inaliénable de l'Homme et légitime, en raison de sa Nature même et visant à protéger l'individu. Suivant cette théorie, il appartient donc à l'individu seul de décider quoi faire de son image et de ses actions. [...]
[...] Si ces deux théories s'excluent absolument au nom des principes moraux et éthiques qui fonde l'une et est absente de l'autre, liberté et propriété s'articulent avec des fondements de légitimité plus solides chez Locke, ancrant la société humaine dans une organisation assortie de principes et de valeurs intransigibles. Au-delà, cette question moderne du droit moral posé sur les actes de libre-arbitre et d'appropriation d'autrui semble relever d'une question plus vaste, liée aux limites réelles, déontologiques ou morales, de la volonté libre. [...]
[...] Cependant, aujourd'hui, des légalistes de plus en plus nombreux, débattant de cette question, affirme l'existence d'un droit moral de circonstance, pouvant orienter et administrer le droit d'appropriation sur autrui. En effet, la position conceptuelle normative de Locke s'oppose en tous points à celle de Hume qui défend la prééminence du fait sur le principe de propriété. Ainsi, selon lui, l'appropriation résulte notamment d'une « dynamique naturelle » concédant ainsi un certain opportunisme dans l'acquisition et la préservation de la propriété. Par ailleurs, selon sa théorie, seules des passions seraient à l'origine des principes d'appropriation et de propriété reconnus par les hommes. Dès lors, aucune possession ne peut être réellement légitime. [...]
[...] Or, si la tendance à l'appropriation existe et se trouve soulignée chez Hume, elle n'est que l'expression d'une Nature humaine, conduite par des impressions et des sensations, plus que par des raisons ou valeurs morales. Si Hume et Locke défendent des positions absolument opposées sur les principes de propriété et d'appropriation, la pensée Lockienne établit une source éthique naturelle imprescriptible, rendant caduques toutes les formes d'appropriation, de cession ou de vol de la propriété. Ce socle moral, s'il est transgressé, renvoie non seulement à une illégitimité sociale, civile, politique et juridique. [...]
[...] Liberté individuelle et propriété privée - John Locke et David Hume La liberté individuelle n'a jamais été plus revendiquée et, dans le même temps, plus contestée qu'aujourd'hui. En effet, dans une ère toute technologique ayant balayé d'un revers de main les dernières défenses à l'égard de la protection de la vie privée, il apparaît délicat, et néanmoins crucial, de discuter et de poser les limites nouvelles de ces médias de communication. Par exemple, peut-on se demander si l'on peut filmer et mettre en ligne une vidéo montrant les actions d'inconnus afin de rire de leurs malchances ou maladresses ? [...]
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