Kant, Aristote, Hume, Rousseau, liberté, bonheur, individu, collectivité, bien-être, vertu, morale humaine, société, conscience collective, autrui, nature humaine, éthique
La question du bonheur anime en permanence, encore aujourd'hui, les pensées philosophiques.
Avant de poursuivre, il convient de définir les termes de la question posée au sujet de la possibilité d'être heureux uniquement collectivement, ici, avec l'utilisation de « ne... que », négation restrictive. La notion de « bonheur », variant d'une personne à l'autre, représente bien plus qu'une joie ou un plaisir.
[...] Être heureux ne relève pas seulement de la vertu, de la société, de l'individu ou de la morale. Malgré l'importance des interactions sociales dans la vie, le bonheur, c'est aussi simultanément s'inspirer de notre état d'esprit afin d'octroyer un sens profond à nos expériences, à nos actions. Ainsi, les pensées d'Aristote, de Hume, de Rousseau et de Kant s'entremêlent, se complètent l'une et l'autre. Finalement, le fait de partager notre bonheur avec autrui permet de le préserver au fond de soi tout en étant rassuré. [...]
[...] La solitude de Rousseau procure le bien-être tant recherché car elle éloigne de l'hystérie de la société. Il s'agit, comme il le dit, d'un bonheur qui ne laisse dans l'âme aucun vide qu'elle sente le besoin de remplir.4 Elle n'est pas innée mais résulte d'un choix, celui d'une distanciation heureuse sans pour autant être individualiste, égocentrique ou solitaire. C'est ce qu'il a ressenti lorsqu'il était « sur l'île de Saint-Pierre dans ses rêveries solitaires »5. Rousseau illustre d'une façon émouvante, bouleversante une interconnexion profonde dans laquelle il trouve le bonheur, le bien-être auquel il aspire. [...]
[...] Il en fait un concept empirique qui varie en fonction de l'expérience de chacun. L'idée que chaque être humain se fait du bonheur relève, selon lui, de l'imaginaire et non de la raison. Dès lors, la pensée de Kant se situe aux antipodes de celle d'Aristote et de Hume car il valorise la morale intrinsèque des actions et non la vertu ou le plaisir engendrés. Il se rapproche tout de même de la philosophie de Jean-Jacques Rousseau en évoquant la liberté de rechercher le bien-être comme bon nous semble, à la différence qu'il ne restreint pas à la sphère personnelle de l'être humain mais y ajoute une valeur morale. [...]
[...] Est-il possible de trouver le bonheur en l'absence d'interaction avec autrui ? Dans cette perspective, nous commencerons par évoquer les arguments prônant le caractère incontournable du collectif dans la recherche du bonheur. Ensuite, nous poursuivrons en abordant la situation inverse, c'est-à-dire, le fait de se suffire à soi-même. Enfin, avant de conclure, nous porterons notre attention sur la possible association des dimensions collective et individuelle et ses limites pour nous aider dans la compréhension de la question de départ. I. L'aspect collectif de la quête du bonheur chez l'Homme Au préalable, la quête du bonheur découlant d'une dépendance sociale se retrouve dans la philosophie d'Aristote. [...]
[...] Aristote et David Hume estiment l'existence du véritable bonheur au sein de la relation de l'homme avec la société. Elle reste néanmoins plus vertueuse et sélective chez Aristote et davantage associée au plaisir, au désir chez Hume. Cependant, d'autres philosophes comme Jean-Jacques Rousseau ne voient pas en la solitude une barrière au bien-être de l'homme. II. La capacité de l'Homme à se suffire à lui-même dans sa recherche du bonheur Ensuite, selon Jean-Jacques Rousseau, le bonheur, c'est la solitude. Il s'agit d'un bonheur intérieur, plus discret que le bonheur issu de la collectivité. [...]
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