La Cantatrice chauve, Ionesco, pièce de théâtre, théâtre de l'absurde, philosophie, Existentialisme, symbolisme, caricature, bourgeoisie, condition humaine
L'extrait étudié est un texte issu de la pièce de théâtre du dramaturge Eugène Ionesco, qui s'intitule La Cantatrice chauve et qui a été jouée pour la première fois en 1950. Dans la scène VIII, le capitaine des pompiers se plaint de ne pas avoir de feu à éteindre. Les hôtes, Monsieur et Madame Smith, ainsi que leurs invités Monsieur et Madame Martin, se sentent impuissants, car ils n'ont pas de feu à éteindre et ne peuvent donc pas aider ce pauvre pompier. La scène s'inscrit dans le registre de l'absurde.
[...] Ce qui semble cohérent pour les personnages, ne l'est pas du tout pour nous : « Le pompier : Il y a tout de même, mais c'est assez rare aussi, une asphyxie au gaz, ou deux. Ainsi, une jeune femme s'est asphyxiée, la semaine dernière, elle avait laissé le gaz ouvert. Mme Martin : Elle l'avait oublié ? Le pompier : Non, mais elle a cru que c'était son peigne. » Le spectateur ne voit aucun lien entre les deux, ce qui montre l'absurdité de la scène. L'homme ne sachant pas exactement ce qu'il cherche, finit par confondre ces priorités avec des choses futiles. [...]
[...] Le déroulé de la scène montre bien que les couples voudraient qu'il y ait un petit incendie pour aider le pompier : « Écoutez, je ne veux pas vous faire de la peine, mais je pense qu'il n'y a rien chez nous pour le moment. Je vous promets de vous avertir dès qu'il y aura quelque chose. » La répétition des négations souligne le fait que les évènements ne sont pas en faveur du pompier. Ainsi, l'absurde se dessine principalement avec le caractère comique des personnages. Au-delà du comique, il y a une véritable symbolique dans l'image du feu tant voulu par le pompier. [...]
[...] Le but est de divertir mais avant tout, il est philosophique. Le spectateur doit réfléchir à l'importance de ses objectifs de vie et s'interroger sur leurs potentielles futilités. Telle une fable de Jean de La fontaine, Ionesco pousse son lecteur à tirer une morale de cette lecture. Il y a certes un intérêt divertissant mais surtout didactique. La pièce de Ionesco étant publiée en 1950, soit cinq ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la réflexion sur l'homme et sa condition paraît cohérente. [...]
[...] Alors que tout le monde craint un potentiel incendie chez soi, le feu devient ici un objectif à atteindre, ce qui va contre le sens commun : « M. Martin, au Pompier : Les affaires vont plutôt mal, en ce moment Le pompier : Très mal. Il n'y a presque rien, quelques bricoles, une cheminée, une grange. Rien de sérieux. Ça ne rapporte pas. Et comme il n'y a pas de rendement, la prime à la production est très maigre ». Les termes négatifs s'enchaînent encore ici pour montrer le désarroi du pompier. L'énumération « bricoles, une cheminée, une grange » montre ce que pourrait détruire le feu. [...]
[...] Le feu est mis en avant avec une comparaison concernant des domaines de production. Ce qui devrait être évité devient alors envié. L'extrait donne l'impression que les hommes ne savent plus à quoi prétendre et s'inventent donc des objectifs sans aucun sens derrière. Le feu a donc une portée hautement symbolique et renforce l'absurdité qui apparaît plus comme un effet philosophique que comique. En effet, l'absurdité omniprésente dans cet extrait peut décontenancer le lecteur qui va être perdu dans sa compréhensions du texte. [...]
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