Thérèse Raquin, Zola, roman, littérature française, roman policier, naturalisme, crime, meurtre, complicité, amour, haine, châtiment, culpabilité, suicide, morale humaine, mort
On retrouve dans ce roman de Zola le topo des policiers incompétents qui bâclent l'enquête. Les policiers partent sur une fausse piste et s'en tiennent là, ils ne doutent pas de la sincérité de Thérèse et de Laurent. [...]
Émile Zola, en naturaliste convaincu, observe de près les réactions de ses personnages, et notamment la façon dont Laurent est rongé par le souvenir du crime.
[...] Ce passage se situe à la fin de l'avant-dernier chapitre. Chacun des personnages redoute que l'autre le dénonce. Un climat de méfiance mutuelle de plus en plus pesant s'installe entre les deux amants qui ne sont plus unis par un amour indéfectible du tout. Thérèse a plusieurs amants par exemple et Laurent préfère toujours qu'elle le trompe plutôt qu'elle le dénonce. On remarque dans cet extrait la symétrie en forme de chiasme entre les deux propositions : « Laurent décida qu'il tuerait Thérèse » et « Thérèse décida qu'elle tuerait Laurent ». [...]
[...] Émile Zola propose ainsi un dénouement particulier par rapport à un roman policier traditionnel que n'est pas Thérèse Raquin. Les deux complices finissent en effet par se tuer en utilisant le poison qu'avait soigneusement préparé Thérèse : « Ils échangèrent un dernier regard, un regard de remerciement, en face du couteau et du verre de poison. Thérèse prit le verre, le vida à moitié et le tendit à Laurent qui l'acheva d'un trait. Ce fut un éclair. Ils tombèrent l'un sur l'autre, foudroyés, trouvant enfin une consolation dans la mort » (chapitre 32). [...]
[...] Alors il sentait à son cou le froid du couteau » (chapitre 16). Ce passage se situe au chapitre 16, le premier chapitre de la seconde quinzaine alors que Thérèse et Laurent ne se sont pas vus depuis 15 mois comme si la mort du mari de Thérèse avait introduit une sorte de malaise entre les deux amants. Le souvenir du crime hante Laurent. On remarque les manifestations physiologiques de sa peur d'être confondu : « sueurs glacés », « à son cou le froid du couteau ». [...]
[...] Nous nous approchons de la fin du roman. On sent que la tension est de plus en plus forte entre les deux personnages qui se renvoient la culpabilité l'un l'autre. La tension est palpable dans ce passage avec la tension qui monte crescendo de façon sourde jusqu'à la formule hyperbolique « s'entre-dévorer ». Les deux personnages pensaient pouvoir vivre une vie tranquille après avoir commis ce que l'on nomme « le crime parfait » mais il n'en est rien. Thérèse accuse maintenant Laurent d'avoi tué Camille qu'elle dit regretter désormais : « Je ne l'ai peut-être pas aimé de son vivant, mais maintenant je me souviens et je l'aime? [...]
[...] À ce moment, ils ont peur. « (Laurent) crut que tout était perdu, il sentit sur son être la pesanteur et le froid du châtiment, en voyant cette main revivre pour révéler l'assassinat de Camille » (chapitre 28). Ce passage illustre de manière poignante la fragilité de l'impunité des criminels et la menace constante que représente la culpabilité. Alors que Thérèse et Laurent pensaient avoir échappé à toute poursuite pour leur crime, l'irruption possible de Madame Raquin dans leur secret les plonge dans un abîme de terreur. [...]
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