Ruy Blas, Victor Hugo, drame romantique, théâtre, pièce de théâtre, Don Salluste, reine d'Espagne, Don César, identité, travestissement, quiproquo, jeu de masques, amour impossible, passion, manipulation, imposture, destin funeste, vie domestique, comédien, drame bourgeois, mélodrame, amour, conflit social, jeu d'acteur, romantisme, dramaturgie
Basé sur l'oeuvre Ruy Blas de Victor Hugo, cette écriture d'invention met en scène la situation suivante : "Vous êtes comédien. Un célèbre metteur en scène vous propose le rôle de Ruy Blas. Quelle est votre réaction ?"
[...] 425-427) Mais, si Ruy Blas, en se déguisant sous les traits d'un noble du Royaume voit une trajectoire ascendante vers le pouvoir, il reste le prisonnier de don Salluste et retrouve dès la fin de l'acte III sa « chaîne ». Ruy Blas est coincé dans des contradictions : entre deux noms (Ruy Blas/ Donc César), entre deux rangs (le laquais/ le ministre), entre deux forces qui le dominent (don Salluste et la reine), entre deux voies (la soumission et la révolte), Ruy Blas cherche sa voie et sa raison est menacée : « je deviens fou, ma raison se confond » (v. 1431. C'est donc pour toutes ces raisons que je trouverais passionnant de jouer Ruy Blas dans la pièce éponyme. [...]
[...] Le peuple qui a l'avenir et qui n'a pas le présent ; le peuple orphelin, pauvre, intelligent et fort ; placé très bas et aspirant très haut Le peuple, ce serait Ruy Blas ». Au début de la pièce, Ruy Blas apparaît comme une ombre, un personnage dans consistance, anonyme sous sa livrée de laquais. C'est Don Salluste en effet qui conduit l'intrigue. Il tente de faire entrer dans ses projets son cousin César, un noble ruiné, depuis longtemps disparu de la cour, vivant de menus larcins, ami des brigands de Madrid. [...]
[...] À première vue, il s'inscrit dans un schéma traditionnel : celui de la complicité entre un maître qui veut réaliser un projet et un serviteur qui l'y aide en se faisant passer pour un autre. Cependant, dès le premier acte, Ruy Blas se révèle beaucoup plus consistant qu'un simple complice : la passion qu'il voue à la reine l'élève au-dessus de sa condition de valet. Par la suite, sa double identité de Ruy Blas-Don César ajoute de la complexité à son personnage. [...]
[...] Au départ, Ruy Blas n'apparaît que comme l'instrument de la vengeance de Don Salluste. Ruy Blas doit plaire à la reine et devenir son amant alors qu'il est précisément amoureux d'elle. C'est le « ver de terre amoureux d'une étoile », selon le vers resté célèbre et c'est vrai que je trouve ce rôle passionnant à jouer pour un comédien. La reine de c?ur est également un personnage très intéressant et le duo que je constituerais avec l'actrice qui jouera ce personnage sera très intéressant. [...]
[...] Ce déchirement est amplifié par la passion ressentie par Ruy Blas pour la reine, un amour que la distance sociale entre eux rend à première vue impossible. Ruy Blas est « Ce misérable fou qui porte avec effroi/ Sous l'habit d'un valet les passions d'un roi ». C'est à cause de cet amour que Ruy Blas accepte le rôle de don César. Ne dit-il pas, en se comparant aux jeunes seigneurs de la cour qui côtoient la femme qu'il aime : « Oui, je me damnerais pour dépouiller ma chaîne, Et pour pouvoir comme eux m'approcher de la reine Avec un vêtement qui ne soit pas honteux » (v. [...]
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