Jean Cassou, Albrecht Haushofer, seconde guerre mondiale, emprisonnement, poésie, poème, sonnet, oppression, opposition, métaphore, souffrance, Allemagne nazie, résistance, liberté, imaginaire, réalité, espoir, témoignage, devoir de mémoire, prison, camps de concentration, écriture
L'écriture en temps de guerre représente un acte très singulier. En effet, au coeur de la violence et face à l'isolement et à l'oppression, la création littéraire peut être perçue comme un véritable défi de survie. L'écriture peut représenter un moyen désespéré d'exister, et d'affirmer son humanité, dans des conditions où cette dernière est remise en cause par les atrocités vécues. Pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), période marquée par des « conditions extrêmes de persécution, d'emprisonnement et de privation de liberté à une échelle sans précédent », nombreux sont ceux qui, se retrouvant emprisonnés dans des conditions de détentions parfois inhumaines, ont gardé espoir et résisté par la plume, continuant ainsi à écrire et à rêver.
Dans ce travail nous nous pencherons donc sur cette littérature née de l'univers carcéral pendant la Seconde Guerre mondiale, en étudiant deux recueils emblématiques : Trente-trois sonnets composés au secret (1944) du Français Jean Cassou et Les Sonnets de la prison de Moabit (Moabiter Sonette, publiés à titre posthume en 1946) de l'Allemand Albrecht Haushofer.
[...] Walton - on - Thames, Lenson & The Salamander Oasis Trust p.128 (traduction Vuong Thomas) Jennifer Ross, Jean Cassou: « Freedom to Compose in Captivity », H-France Review Vol No.50 Johannes Tuchel und ihrer aller wartete der Strick : Das Zellengefängnis Lehrter Straße 3 nach dem 20. Juli 1944, Berlin, Lukas Verlag, 2014. Vincent Monnet, « L'Allemagne sous le feu des bombes volantes », Université de Genève, Capus numéro 117, Juin-août 2014. Die letzten Gestapo-Häftlinge im Zellengefängnis, Kriegsende in Tiergarten. Die Geschichte des Kriegsgräberfriedhofs Wilsnacker Straße., Berlin p. 50-53 Baechler, C. [...]
[...] On peut avoir le sentiment que la forme de sonnet choisie par Jean Cassou semble relativement classique, avec différentes variantes. Si on se penche désormais sur le sonnet utilisé par Albrech Haushofer, on peut remarquer que la plupart des rimes sont pour la plupart consonantiques, ce qui est évocateur de la poésie germanique classique. Tous les poèmes obéissent à la structure ABBA ABBA CDD CEE, ce qui ne correspond pas à une forme classique du sonnet. On peut donc remarquer que le poète allemand reprend la forme littéraire très codifiée du sonnet mais qu'il prend une certaine liberté vis-à-vis des types classiques de sonnet, que ce soit le sonnet italien, français, marotique ou encore élisabéthain. [...]
[...] Ces rêves étaient si intenses qu'ils me sont présents encore aujourd'hui et plus réels que tant de souvenirs47 ». Les rêves permettent ainsi aux détenus de s'échapper. Comme nous pouvons le considérer dans cette citation d'un compagnon de cellule de Jean Cassou, Jean Bertaux, les rêves sont si puissants qu'ils revêtent finalement plus de substance que ce qu'ils ont réellement vécu, probablement parce que l'envie de s'échapper d'un réel atroce était particulièrement puissance et que la force de ses rêves s'en trouvait d'autant plus importante. [...]
[...] (1993 [1975]). Surveiller et punir : naissance de la prison (p. 234). Paris : Gallimard. Haushofer, A. (1944-1945). Sonnets de la prison de Moabit (Sonnets VI, XIV, XX, XLIX, LXXVII). Trad. et prés. J.-Y. [...]
[...] Préface. In J. Cassou, Trente-trois sonnets composés au secret (p. 33). Paris : Gallimard, coll. Folioplus classique. Monnet, V. (2014). L'Allemagne sous le feu des bombes volantes. Campus, n°117, juin-août. [...]
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