Perversion, psychologie sociale, psychiatrie, perversité, étude des comportements, Freud, genre masculin, masculinité, diagnostic, contrôle social, déviance morale, déviance sociale, troubles mentaux, santé mentale, criminalité, système judiciaire, féminisme, psychopathologique, perversion sexuelle, conditions pénales du trouble mental
En quoi le diagnostic de perversion situe-t-il le genre masculin ?
Mon travail vous propose une analyse épistémologique, et, pour ce faire, je me base sur la thèse de doctorat de Julie Mazaleigue-Labaste (2014), qui reprend l'histoire de la perversion sexuelle, du XIXe siècle à Freud. Mazaleigue-Labaste est épistémologue et historienne des sciences. Elle réfléchit aux enjeux philosophiques, juridiques et anthropologiques de ce concept qui est intrinsèquement associé à l'histoire de notre civilisation euroaméricaine/occidentale.
Mes questionnements sont pratiques et concernent des théories existantes de « la perversion ».
[...] American Psychiatric Association. Antoine, P. (2017). Chapitre 2. L'analyse interprétative phénoménologique. In Les méthodes qualitatives en psychologie et sciences humaines de la santé (p. 33-59). Dunod. https://doi.org/10.3917/dunod.santi.2017.01.0033 Braunstein, J.-F. (2010). Une vision médicale du monde?: Le «?cas?» Lombroso. [...]
[...] Le lien entre déviance et pathologie est donc renforcé. Mais c'est un peu plus tard que Morel développe une anthropologie morbide, où la dégénérescence devient le cadre explicatif dominant des maladies mentales. En 1857, grâce à Morel, « une nouvelle variété pathologique, les dégénérés, qui échappent à la loi générale de l'humanité » voit le jour et la dégénérescence devient alors « une déviation d'un type humain primitif qui est le début et la fin du développement humain, sa norme et sa valeur » (Mazaleigue-Labaste p. [...]
[...] Mais, selon Mazaleigue-Labaste, si nous devions retenir trois points dans leur ordre d'importance : ? 1/Premièrement, les patients sont avant tout définis par leur comportement déviant et non par leur structure psychologique. Il s'agit d'un biais institutionnel à ne pas négliger, qui limite fortement la véracité scientifique de la psychiatrie de l'époque. ? 2/Deuxièmement, la psychopathologie française tend à intégrer les perversions dans une approche plus large, trop large, avec les obsessions, les impulsions et le passage à l'acte (Mazaleigue-Labaste p. 220). ? [...]
[...] De mes lectures des trois écrits de Mazaleigue-Labaste ( 2017) et d'autres auteurs, j'en ai dégagé la problématique générale suivante : Dans quelle mesure la perversion est-elle un outil clinique et culturel de définition, d'organisation et de limitation du masculin ? Bien évidemment, d'autres questionnements restent également en suspens : Comment est-ce que la perversion peut ressembler à la masculinité ? Pourquoi cette construction de la perversion, alors qu'il s'agit d'un sujet se centrant sur la pathologisation des comportements déviants dans un but pénalement répressif ? [...]
[...] « Toutes les grandes réformes, poursuit-il, non seulement de la pratique psychiatrique, mais de la pensée psychiatrique se situent autour de ce rapport de pouvoir [ . ] L'ensemble de la psychiatrie est au fond traversé par l'antipsychiatrie, si on entend par là tout ce qui remet en question le rôle de la psychiatrie chargé autrefois de produire la vérité de la maladie dans l'espace hospitalier » (Foucault p tiré de Rose, 2006). Par cette affirmation, Foucault montre avant tout que la psychiatrie n'était plus seulement une discipline médicale (et ne l'est simplement plus au vu de son évolution). [...]
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