La France doit savoir, Noam Anouar, islamisation, sécurité publique, pouvoirs de police, police judiciaire, Île-de-France, kamikaze, terrorisme, colonisation, radicalisme, loi sécuritaire, radicalisation religieuse, crise syrienne, Nicolas Sarkozy
Le document met en exergue tout ce que dénonce l'auteur en raison de sa qualité de policier.
[...] Le fantasme du califat devient le dénominateur commun des salafistes. À partir de 2012/2013, l'urgence est décrétée et la radicalisation commence à se répandre au-delà des lieux de culte, dans les appartements, dans les lieux intérieurs, dans les halls des immeubles, dans les caves et les garages, dans les locaux commerciaux? mettant en évidence comment les organisations terroristes ont toujours un temps d'avance sur les services de sécurité. Services de police qui, selon l'auteur, ont pêché de mauvaises convictions et n'ont pas été capables de comprendre l'ampleur de la conquête initiée dans l'Europe tout entière, de ne pas vouloir admettre que le jihad est une construction idéologique dont la pensée ne cesse de conquérir de nouvelles terres et qui se régénère « pour renaître systématiquement des multiples répressions qu'elle essuie, du joug soviétique sur l'Afghanistan à l'invasion américaine de l'Iraq ». [...]
[...] C'est lorsqu'il est déjà dans le stade de France, dans la zone VIP, que la troisième explosion d'un kamikaze suicide a lieu dans le parvis. L'auteur met en évidence comment son origine musulmane lui offre des clés de lecture d'une mentalité lointaine des clichés et des stéréotypes relatifs aux gens d'Afrique du Nord et lui permet d'en comprendre les spécificités caractérielles. C'est ainsi qu'il souligne le rapport que certains d'entre eux entretiennent avec la France, un rapport tourmenté entre colonisateur et colonisé avant, entre terre d'accueil et accueilli après. [...]
[...] C'est dans cette trame que Noam Anouar se trouve à travailler quotidiennement. Mais, enfant de quartiers difficiles, d'origine maghrébine, protagoniste lui aussi de ce sentiment de négation et de relégation sociale, tout en devenant policier, il n'a pas eu vie facile, comme si les rôles étaient invertis. Comme l'auteur même l'écrit, « les affres de mes cibles furent pour partie celles de mon passé, et, au moment de les combattre, j'avais au moins l'immense avantage de les comprendre ». Et c'est ainsi que, même en service, sa hiérarchie a toujours essayé de l'éloigner et de l'écarter progressivement, en le soupçonnant de radicalisation, et en tournant contre lui ce que jusque-là avait fait sa force. [...]
[...] Jusqu'à cette époque, on ne parle pas encore de radicalisation de l'islam et, surtout, on n'associe pas cette notion à l'Islam. Toutefois, l'évolution des actes de terrorismes qui laissent la France sans défense, l'oblige en même temps à se renseigner et à se protéger par des lois sécuritaires, ainsi qu'à s'interroger sur qui et comment la protège. Le roman commence alors par le récit de la radicalisation de l'islam en Seine-Saint-Denis, le département où se trouve le plus grand nombre de fichiers S de toute la France. [...]
[...] Ainsi faisant elle a fini par générer des failles du système impardonnables. Il n'est alors pas étonnant qu'en France, depuis trente ans, l'islam soit progressivement devenu un fonds de commerce financier et électoral, avec ceux qui le combattent ardemment, en se fondant sur l'identitarisme, et ceux qui s'en saisissent comme tout clientélisme. Astreint à domicile par la direction de la DRPP en 2016 en raison de divergences devenues trop lourdes, l'auteur a été mis au repos eu une procédure disciplinaire a été mise en ?uvre contre lui. [...]
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