Violence, agressivité, service des urgences, relation de confiance, relation soignant soigné, comportement, psychanalyse
Un des phénomènes les plus redoutés par le personnel hospitalier est l'agressivité, voire la violence infligée par les usagers aux soignants, et qui peut conduire ces derniers au découragement, au désespoir ainsi qu'au burn-out. S'il est un service particulièrement touché, c'est bien celui des urgences où le stress culmine de part et d'autre, tant du côté usager que de celui du personnel. Le mal-être dénoncé depuis plusieurs années par les soignants n'a fait que s'accroître et les différents ministres de la Santé qui se sont succédé sont souvent pris à partie lors de différentes crises et grèves.
[...] Il est certain que le stress, l'anxiété et l'angoisse vont favoriser ces manifestations de violence et d'agressivité. On peut considérer également que l'anxiété devient pathologique « lorsque le sujet ne parvient plus à contrôler le flot de ses émotions et que celles-ci deviennent une source importante de handicap dans la vie quotidienne. C'est l'anxieux lui-même qui décide que son trouble est pathologique ou pas 7». Cependant pour prendre en charge ce type de patients, il faut soi-même avoir une bonne dose de confiance en soi. [...]
[...] On ne peut pas composer avec une personne violente, il faut surtout s'en protéger. Comment dans ces conditions faire face aux urgences au sujet agressif et violent ? Que peuvent les soignants dans une situation où eux-mêmes sont soumis au stress et risquent d'être pris à partie et victimes de violences ? De fait, le passage aux urgences est souvent vécu comme un moment de stress pour les patients ou pour leur famille, et par ricochet, pour les soignants qui sont pris dans la tourmente. [...]
[...] Cependant, pour Serge Tisseron2, les enjeux et les conséquences sociales diffèrent totalement. Entre agressivité et violence, il est important de les distinguer d'une part à travers l'étymologie et, d'autre part au regard d'approches théoriques. D'un point de vue étymologique, le terme « agressivité vient du latin « ad-gressere » qui veut dire « aller vers ». De fait, ce mot agressivité a donc une double signification : il désigne à la fois une attitude « négative » d'attaque vers autrui (agression hostile), et une attitude « positive » qui induit l'affirmation de soi, la combativité (agression instrumentale).» Ainsi, l'agressivité induit une forme de comportement et, ne concerne pas le domaine des émotions ou les sentiments. [...]
[...] - La volonté de s'engager et de négocier ce processus de risque pendant un certain temps.» Ainsi, la confiance est le fondement des soins et la relation soignant-soigné permet de conjuguer à la fois technicité, soins, écoute et respect. Cependant la relation de confiance est une relation dissymétrique où le patient dépend du soignant. On parle alors d'alliance thérapeutique. On peut s'interroger sur ce qui fonde cette alliance. Qu'est-ce qui peut mettre à mal cette relation ? Dans quel cadre peut-elle exister ? Quelles sont les précautions nécessaires à prendre pour qu'elle puisse se construire dans le respect mutuel ? [...]
[...] Selon le contexte social, l'agressivité est perçue différemment. En effet, dans le domaine du sport, de la compétition et du commerce, l'agressivité est envisagée comme une valeur positive, associée à « la gagne ». En revanche, dans le cadre de soins ou dans d'autres milieux professionnels comme l'enseignement, l'agressivité a une connotation négative associée à la violence. Dans l'approche psychanalytique, la personne agressive poursuit « le désir de faire reconnaître sa puissance par l'autre. » Pour Freud4, l'agressivité fait le lien entre pulsion de vie et pulsion de mort. [...]
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