Comment fonctionne le concours DQPRM ?

Les conditions d’admissibilité et le public cible

Ce concours n’est pas un concours ouvert au grand public. Pour s’y présenter, il faut être titulaire d’un « diplôme national de Master ou d’un diplôme de niveau équivalent, qui comprend des enseignements spécialisés en physique des rayonnements ionisants et dosimétrie des applications médicales ou d’une équivalence reconnue par le Ministre de la santé après avis de l’Autorité de sureté nucléaire ». De ce fait, seuls peuvent participer au concours, les titulaires d’un diplôme de Master suivant l’arrêté du 19/07/2017 qui modifie celui du 07/02/2005 ou équivalent, avec formation initiale et/ou continue en physique des rayonnements ionisants, agréé par l’INSTN .

La structure des épreuves

Les candidats qui veulent se présenter au concours DQPRM doivent se préparer à deux phases : la phase écrite et la phase orale.

La phase écrite se réfère à l’admissibilité où les sujets couvrent la physique fondamentale et la physique appliquée. La physique fondamentale couvre des domaines tels que l’électromagnétisme, la thermodynamique, l’optique géométrique, la physique atomique et nucléaire. La physique appliquée quant à elle, se concentre sur les applications des principes physiques qui sont inhérents au domaine médical (imagerie, détection des rayonnements, interaction entre rayonnement et matière, etc.)

L’admission consiste en un entretien oral dans lequel le candidat doit démontrer sa maturité à aborder des questions portant que les enjeux du métier : radioprotection, éthique, déontologie clinique, etc. Cela signifie que le jury veut s’assurer que le candidat remplisse trois critères : le premier critère est la connaissance scientifique via des questions sur le programme de physique. Le second critère une bonne compréhension des responsabilités du physicien médical en milieu hospitalier. Le troisième critère est la motivation. Est-ce que le candidat est motivé ? Est-il en capacité de travailler dans une équipe composée de médecins et des manipulateurs radio ?

Le nombre de places

La sélection est rigoureuse et le nombre de places définies par arrêté ministériel est limité et fonction des besoins exprimés dans les centres de radiothérapie et d’imagerie. L’objectif ici est de faire correspondre le nombre aux capacités d’accueil en stage des services hospitaliers d’une part, et d’autre part, aux besoins prévisionnels de recrutement. Le nombre de places pour toute la France n’est pas grand. La promotion 2022-2024 était constituée de seulement 45 places ; ce qui témoigne du caractère hautement compétitif de ce concours.


Le programme : quelles sont les connaissances qu’il faut maîtriser ?

Le programme est vaste et exige une bonne culture scientifique de la part du candidat. En effet, il faut avoir des connaissances en physique des rayonnements ionisants, sur les interactions entre le rayonnement et la matière, la physique du nucléaire. Les connaissances à maîtriser concernent aussi la dosimétrie et la radioprotection, les principes physiques de l’IRM et du scanner, l’accélération des particules, la réglementation pour la protection et l’encadrement des patients. Nous ne pouvons pas passer en revue les connaissances à maîtriser sans évoquer les mathématiques (statistiques) et les outils nécessaires au traitement des données et des incertitudes. Au regard du concours d’entrée de l’année 2022, voici le programme détaillé :

La physique des rayonnements ionisants

- La radioactivité

Le candidat doit réviser les notions suivantes : « Atome et noyau », « Modèles nucléaires », « Lois qualitatives et quantitatives de la radioactivité », « Nature statistique des processus radioactifs », « Les radionucléides communément utilisés en médecine ».

- Les autres sources de rayonnement

Cette partie englobe les accélérateurs de particules, le principe et les applications de ces entités qui sont employées en médecine, ainsi que le tube à rayon X.

- Interactions rayonnements-matière

Les connaissances générales de cette section comprennent l’interaction photons-matières, le rayonnement primaire et diffusé, les interactions électrons-matières, les interactions neutrons-matière, les interactions particules lourdes chargées-matière et la simulation du transport de particules par l’algorithme de Monte-Carlo qui est une métaheuristique efficace.

- La détection et le comptage des rayonnements

Cette partie exige une maîtrise des connaissances concernant les différents détecteurs de rayonnement, les statistiques et l’électronique de comptage, ainsi que la spectrométrie gamma.


La Dosimétrie des rayonnements ionisants

Dans cette section, les candidats doivent avoir une maîtrise des bases physiques de la dosimétrie, connaître les grandeurs de la dosimétrie, avoir un aperçu global des principaux dosimètres absolus, s’exercer à la détermination des doses absorbées, connaître la dosimétrie des rayons X et des radionucléides, ainsi que des notions portant sur la radiobiologie.


Les techniques d’imagerie en médecine

- Les généralités

Le candidat doit étudier la relation objet-image, et de manière générale, les images analogiques et numériques.

- Les techniques d’imagerie médicale

Ces techniques comptent le rayonnement X, le rayonnement gamma, la résonance magnétique nucléaire, les principes physiques régissant les ultra-sons, les principes de reconstructions tomographiques ainsi que les algorithmes associés, les filtres mathématiques.

- L’évaluation des systèmes d’imagerie

L’étudiant doit réviser les notions qui entourent l’expression de la qualité de l’image, connaître les critères d’évaluation d’une « procédure diagnostique », avoir une connaissance des différents paramètres qui jouent un rôle dans la qualité d’une image, ainsi que les méthodes statistiques qui permettent de réaliser une évaluation de la qualité d’une image.


Les conseils pratiques pour se préparer au concours DQPRM

Plus haut, nous avons vu qu’il est essentiel d’avoir une bonne maîtrise des programmes du concours pour bien le préparer. Cependant, cela ne suffit pas pour être prêt. Le candidat a besoin de conseils stratégiques pour que la préparation au concours DQPRM.

Il faut s’entraîner en utilisant des annales qui contiennent les sujets des années précédentes, afin de comprendre quelle est leur logique, les sujets les plus récurrents et surtout, d’apprendre à bien rédiger et à gérer son temps de manière optimale.

Il ne faut pas travailler de manière isolée. Il faut échanger avec d’autres personnes sur ces contenus, afin d’affiner sa compréhension sur des concepts très complexes comme la dosimétrie ou la physique des particules.

Conclusion

Pour réussir le concours DQPRM, il faut beaucoup de rigueur, il faut de l’anticipation et avoir une réelle passion pour la physique médicale. Il faut maîtriser le programme qui est vaste et varié : physique des rayonnements ionisants, dosimétrie des rayonnements ionisants, techniques d’imagerie en médecine. Il faut donc s’entraîner de manière intense en traitant un maximum d’épreuves types pour maximiser ses chances.

Références bibliographiques

INSTN, « Formation diplômante » instn.cea.fr

Légifrance : NOR : SSAH1719113A ELI : legifrance.gouv.fr JORF n°0171 du 23 juillet 2017 Texte n° 4

Emploi-Collectivites.fr : « L’emploi de radiophysicien hospitalier ou physicien médical (emploi contractuel) » emploi-collectivites.fr

Règlement du concours DQPRM (2022) : instn.cea.fr