À propos de Françoise de Graffigny
Françoise de Graffigny (1695-1758), femme de lettres lorraine, issue de la petite noblesse, est devenue écrivaine pour des raisons financières. Elle est une figure importante de la littérature française du XVIIIe siècle. Elle s’est séparée de son mari en 1718 à la suite de violences.
Le roman Lettres d’une Péruvienne a été publié une première fois en 1747 et une seconde fois dans une réédition augmentée en 1752 à cause de son succès. Françoise de Graffigny y a ajouté deux lettres, des gravures de Charles Eisen ainsi qu’une introduction historique.
Lettres d’une Péruvienne appartient au mouvement littéraire des Lumières.
Roman épistolaire, rédigé dans une écriture lyrique, Lettres d’une Péruvienne propose aux lecteurs de décentrer leur regard pour mieux se questionner sur la colonisation, sur le fonctionnement de la société. Ce roman se situe entre la tradition de la lettre-reportage critiquant la société française via un regard étranger et celle de la lettre intime, axée vers l’introspection. L’objectif est de faire croire que les lettres sont authentiques.
Structure de Lettres d’une Péruvienne
Première I - Lettres 1 à 27 – La captivité de Zilia
« L’Avertissement », qui ouvre le roman, fait l’éloge des Péruviens et présente les lettres comme authentiques. Dans cette première partie, Zilia est arrachée à son fiancé, Aza, et à son pays par les Espagnols. Passée aux mains des Français, Zilia est amenée en France par le capitaine Déterville.
Partie II - Lettres 28 à 41 – La conquête de l’indépendance
Dans ses lettres, au fur et à mesure qu’elle améliore sa maîtrise du français, Zilia porte un regard de plus en plus critique sur les usages de la société française en allant de l’étonnement, à l’émerveillement tout en passant par l’indignation. À la suite de l’infidélité d’Aza, Zilia refuse d’épouser Déterville et décide de vivre seule. Elle se sent trahie. Elle consacre désormais sa vie à l’amitié, à l’étude et s’adonne simplement au plaisir d’être.
Parcours « Un nouvel univers s’est offert à mes yeux »
Le regard singulier et éloigné de Zilia
Françoise de Graffigny donne exclusivement la parole à Zilia qui ignore tout du monde. Curieuse, Zilia est donc stupéfaite de tout ce qu’elle découvre de la société française.
Le regard critique de Zilia sur la société française
Zilia met souvent en évidence les excès ridicules de la société française. Elle compare la culture française à celle de sa civilisation. Elle constate l’absence de la simplicité des Incas chez les Français. Zilia s’indigne des manquements de la monarchie française et du gouvernement, des inégalités sociales, des dogmes catholiques à la suite d’un accrochage avec un prêtre.
Émancipation de Zilia
Zilia s’émancipe de visions erronées du monde en devenant moins ignorante et par son vécu. Elle imagine un nouvel idéal de société en repensant la relation entre les hommes et les femmes après la trahison d’Aza et par ses observations. Elle prône la raison, la nature et une vertu faite de sentiments vrais et mesurés.
FAQ - 4 questions / réponses
Quels sont les thèmes abordés dans Lettres d’une Péruvienne ?
Dans le roman Lettres d’une Péruvienne, on trouve le thème de la conquête espagnole en Amérique, plus particulièrement les excès de la colonisation. Françoise de Graffigny présente le colonisateur comme le véritable barbare. Autre thème, c’est celui de l’amour avec l’exploration de la psychologie amoureuse. Le thème de la France et la société occidentale est évoqué d’un point de vue critique avec le choix de Françoise de Graffigny d’utiliser la naïveté de Zilia. L’émancipation féminine et les conditions de vie des femmes sont aussi mises en évidence au travers de l’évolution de Zilia.
En quoi le regard étranger de Zilia est-il important pour Françoise de Graffigny ?
En accordant l’exclusivité au regard étranger de Zilia, Françoise de Graffigny cherche à ouvrir les yeux des lecteurs sur la violence de la colonisation. Pour cela, elle oppose la bonté et l’innocence des Péruviens à la cruauté des Espagnols. L’objectif de Françoise de Graffigny est aussi de procurer une autre vision des coutumes occidentales, notamment en portant l’attention sur les conditions de vie contraignantes des femmes.
Comment Zilia s’émancipe-t-elle dans Lettres d’une Péruvienne ?
Zilia va réussir à s’émanciper grâce à l’éducation, au fil de son apprentissage de la langue française. Au départ, prisonnière des Espagnols, puis sous la tutelle de Déterville, Zilia ignore le monde et ne connaît rien de la langue française. Elle a été élevée dans un temple. Elle est donc totalement dépendante. Par la suite, par sa volonté, par la lecture, par l’observation, elle va s’émanciper progressivement. Elle devient indépendante. Elle finit par exister pour elle-même.
Pourquoi le roman épistolaire Lettres d’une Péruvienne a-t-il sa place dans le parcours « Un nouvel univers s’est offert à mes yeux » ?
L’origine étrangère de Zilia, qui ne connaît rien du monde, de la France, renvoie à l’appellation « un nouvel univers ». Le contexte fait que cet univers s’est offert à Zilia sans qu’elle le choisisse. L’appellation « à mes yeux » est à la première personne du singulier, car elle fait référence au regard de Zilia, émettrice des lettres. Porte-parole de Françoise de Graffigny, le regard de Zilia observe ce nouvel univers avec innocence et stupéfaction et s’ouvre sur les relations entre les hommes et les femmes.
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Sources
BELHOUCHAT, D, RENNER, F. (2025). Lettres d’une Péruvienne – Françoise de Graffigny. Paris : Larousse.
BRENDLÉ, C. (2025). Lettres d’une Péruvienne – Françoise de Graffigny. Paris : Hatier.








