L'Empire et ses Ennemis, Henry Laurens, Empire, histoire impériale, impérialisme, Lénine, Schumpeter, économie mondiale, universalisation, géopolitique, colonialisme, capitalisme, financiarisation, monarchie absolue, révolution industrielle, idéologie pionnière, Politique, culture économique, philosophie, morale humaine, humanité
Henry Laurens est un historien français de renom. Dans l'ouvrage « L'Empire et ses ennemis », composé de six chapitres chronothématiques, l'auteur s'intéresse à la question impériale depuis ses origines, partant du postulat que cette question a été bien mal comprise dans l'historiographie contemporaine. [...]
Il entreprend ainsi à travers cet ouvrage d'élucider cette histoire double de ce qu'il appelle l'Empire et de sa réalité à travers l'Histoire ; en analysant les thèses des ennemis de l'Empire, qui sont les penseurs contemporains (à partir du XIXe siècle) qui auraient finalement mal saisi les finalités de cette question.
[...] Ainsi, dans cette fiche de lecture analytique, nous tenterons de répondre aux questions suivantes : Selon l'analyse de Henry Laurens, en quoi certains penseurs contemporains ont-ils mal saisi la nature de l'Empire à travers l'Histoire ? Quels en seraient les véritables ressorts et justifications ? Comment devons-nous l'analyser et le comprendre ? Nous tenterons ainsi de répondre à cette question en 3 parties : une première partie sera dédiée à l'analyse des critiques majeures de la question impériale ; dans une deuxième partie, nous analyserons les arguments de l'auteur pour réhabiliter les justifications de la dimension impériale ; dans une dernière partie, nous tenterons de condenser les nouvelles compréhensions du fait impérial apportées par Henry Laurens, enfin nous terminerons par une critique de l'ensemble de l'?uvre. [...]
[...] L'économie monde est un terme introduit par l'historien français Fernand Braudel au XXème siècle11. Laurens le définit ainsi : « l'économie monde est un emboîtement de zones liées ensemble mais à des niveaux différents, un centre étroit, des régions secondes assez développées et d'énormes marges extérieures. Elle est une chaîne de subordinations selon le schéma décrit par Braudel »12. Laurens analyse que l'Empire notamment moderne (à partir du XVème siècle) s'inscrit dans cette dynamique. Il cite de nombreux exemples parmi lesquels la conquête du nouveau monde par les espagnols. [...]
[...] Puis une fois ce despotisme militaire déployé, la Grande-Bretagne n'a pas pu se satisfaire de cette image. Laurens explique : « Les dominateurs britanniques vont donc développer une nouvelle image de soi, celle du service rendu défini par le bienfait apporté à la population indigène et débouchant sur l'idée plus satisfaisante d'un despotisme éclairé »4. B. L'exploration des thèses géopolitiques, économiques et politiques Parmi les auteurs qui donnent à penser le fait impérial autrement, Laurens met notamment en avant la pensée de l'économiste et sociologue Schumpeter. [...]
[...] Tandis que les pays qui procèdent à la fusion du capital bancaire et du capital industriel au profit de grands groupes sont finalement des pays nouvellement industrialisés comme l'Allemagne et les Etats-Unis (ils sont donc à un stade de développement capitalistique beaucoup moins avancé que la France ou la Grande-Bretagne qui sont les principaux visés dans cette critique). Ainsi, après avoir déconstruit les analyses matricielles de l'anti-impérialisme économique, l'auteur tend à réhabiliter les justifications de la démarche impériale à travers l'Histoire. C'est ce que nous analyserons dans une seconde partie. II. Une réhabilitation des justifications de la démarche impériale Laurens s'applique dans l'ouvrage à réhabiliter la vérité du fait impérial en mettant en valeur diverses thèses justifiant cette démarche. Sa démonstration s'appuie sur l'analyse des thèses de penseurs comme sur son analyse d'historien. [...]
[...] La critique léniniste : une analyse tronquée du fait impérial au XXième siècle Dans cette continuité, Laurens souligne que l'analyse d'Hobson est reprise avec force par les milieux marxistes et notamment par Lénine dès les années 1910. En effet, selon Lénine l'impérialisme « est le stade monopoliste du capitalisme. Cette définition embrasserait l'essentiel, car, d'une part, le capital financier est le résultat de la fusion du capital de quelques grandes banques monopolistes avec le capital de groupements monopolistes d'industriels ; et, d'autre part, le partage du monde est la transition de la politique coloniale, s'étendant sans obstacle aux régions que ne s'est encore appropriées aucune puissance capitaliste, à la politique coloniale de la possession monopolisée de territoires d'un globe entièrement partagé »2. [...]
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