Jérusalem Histoire d'une ville-monde, Vincent Lemire, Katell Berthelot, Julien Loiseau, Yann Potin, Jérusalem, israël, judaïsme, Palestine, islam, Religion, ville sainte, civilisation, identité culturelle, architecture
En décembre 2017, le président américain Donald Trump reconnaissait officiellement Jérusalem comme « capitale de l'État d'Israël » et décidait d'y déplacer l'ambassade américaine. Bien que, depuis sa création en 1948, le pays proclame Jérusalem comme capitale, celle-ci n'est pas reconnue par les autres pays, notamment parce que la souveraineté d'Israël sur ce lieu particulier est encore confuse. Jérusalem est une ville disputée depuis plus de vingt siècles, ce qui renvoie à son statut particulier de « ville-monde », elle ne semble appartenir aujourd'hui à personne ou au monde entier. C'est sur ces considérations que s'ouvre "Jérusalem, Histoire d'une ville-monde", publié en 2016. [...]
L'ouvrage permet de comprendre comment, ce qui n'était durant les deux premiers millénaires qu'un petit village à l'écart occupé de manière discontinue et dominé par la puissance de ses voisins (comme l'Égypte), s'est progressivement développée à partir de 700 av. J.-C. pour inspirer la magnificence. [...]
L'apport historiographique de l'ouvrage est donc plutôt important, car il réussit le défi de dresser un schéma complet de l'histoire de la ville tout en s'inscrivant dans son temps, en intégrant les nombreuses recherches effectuées sur les différentes constructions, les découvertes récentes en archéologie et les débats actuels sur des points historiographiques précis en lien avec la ville ou la région.
[...] Néanmoins, plusieurs tribulations touchent la ville : le calife al-Hakim détruit le Saint-Sépulcre (lieu sain des chrétiens) ; un tremblement de terre voit s'effondrer en 1033 les remparts de la ville et la mosquée al-Aqsa ; les turcs Seldjoukides conquièrent la ville en 1070. - Chapitre 4 - Jérusalem, capitale du Royaume des Francs, 1099-1187 Le chapitre 4 décrit la période durant laquelle Jérusalem est sous la domination des Francs. En 1099, le pape Urbain II appelle à libérer Jérusalem, ville sainte et fertile (où il coule « du lait et du miel ») offerte par Dieu à Israël, et à sauver le Saint-Sépulcre (tombeau du Christ) de l'emprise des barbares. [...]
[...] Il sert aux auteurs de prétexte pour évoquer le fonctionnement administratif de la ville, ses sources de revenu (l'entrée aux bains par exemple) et illustre les grands défis des dirigeants de ces époques, notamment le repeuplement (avec des déplacements importants et des massacres sur toutes les populations qu'il est important de rappeler). Plusieurs points de cet ouvrage méritent d'être soulevés. Au niveau méthodologique, le choix d'un déroulement chronologique (et non thématique) permet d'avoir une vue d'ensemble très claire des différentes périodes et des nombreux événements qui surviennent à Jérusalem. [...]
[...] En trois ans, les soldats du Christ reprennent la ville en empiétant sur les territoires byzantins. Durant le XIIème siècle, la libération de Jérusalem est fêtée par la chrétienté même si Urbain II meurt avant d'avoir appris la nouvelle. Néanmoins, Jérusalem ne compte alors plus de chrétiens, chassés par les turcs à l'approche des croisés. Les juifs et les musulmans sont tués, chassés ou réduits en esclavage. La ville est « lavée de la souillure des païens » et purifiée, tel que le souhaitait le pape. [...]
[...] Il souhaite s'inscrire dans la lignée des grands bâtisseurs de la ville. Des informations précises sont disponibles à partir de cette époque grâce à la volonté des ottomans de mettre en place une vraie fiscalité. Jérusalem compte à peu près 14 000 habitants en 1553, dont 15% de chrétiens et 12% de juifs. La ville fait partie de l'échelon inférieur de l'administration provinciale. Elle est administrée par un gouverneur tandis que l'administration fiscale est gérée par un haut fonctionnaire proche du sultan. [...]
[...] Jérusalem est une ville particulière qui interpelle le monde entier. C'est une « ville-monde » qui n'appartient à personne mais qui s'est formée et transformée au carrefour du monde, sous l'effet de multiples influences. Cet espace, dans lequel le monde entier « se donne rendez-vous, périodiquement, pour s'affronter, se confronter, se mesurer », apparait, en tant que berceau des trois récits monothéistes, comme un laboratoire du vivre-ensemble. L'ouvrage permet de comprendre comment, ce qui n'était durant les deux premiers millénaires qu'un petit village à l'écart occupé de manière discontinue et dominé par la puissance de ses voisins (comme l'Égypte), s'est progressivement développé à partir de 700 av. [...]
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