Marché rural, haut Moyen Âge, organisation des échanges commerciaux, économie médiévale, croissance économique, denier d'argent, réforme monétaire de Charlemagne, polyptyque d'Irminon, capitulaire De Villis, réseaux commerciaux régionaux, économie rurale, Pierre Toubert, Chris Wickham, Jean-Pierre Devroey, Waltraut Bleiber, Henri Pirenne, activité commerciale rurale, échanges économiques locaux, VIIIe siècle, IXe siècle, Xe siècle, XIe siècle, économie domaniale, artisanat paysan, redevances paysannes, vie quotidienne médiévale, Moyen-âge, Empire carolingien, croissance démographique, villa romaine, activité économique, activité commerciale
Les marchés ruraux du haut Moyen Âge s'inscrivent dans un contexte de reprise en main de la vie économique, notamment rurale durant le VIe siècle, soit au même moment qu'une déprise démographique. Cette phase de développement « lente et fragile, mais réelle » (Laurent Feller, 2011 ) est le fruit de l'apparition (ou d'un nouvel âge d'or, comme en atteste la littérature des VIe/VIIe siècles) du grand domaine agricole, la villa. Dans ces villae, se développent progressivement des techniques agraires efficaces et viables (comme la rotation triennale) permettant une phase d'accumulation et, de facto, de vente de surplus (supervacua) agricoles sur les marchés ruraux. Les siècles suivants témoignent d'une timide reprise démographique, perceptible en premier lieu par les polyptyques et les recensements en dépit des écueils de ces sources. La fin du IXe siècle voit apparaître de façon croissante des tenures exprimées en fraction de manse, phénomène interprété par les historiens et historiennes médiévistes du XXe siècle comme le signe d'une croissance démographique conséquente.
[...] Il s'agit de lutter contre l'usure et l'avaritia conduisant au turpe lucrum contraire au foenus (profit) qui est vu comme un gain juste. Parmi les règles développées se trouvent l'usage de poids et mesures communs à tout l'espace carolingien. Des maxima des prix des céréales sont établis et du poids de la monnaie étant valables tout le temps, où ces derniers sont déterminés par un « muid public » défini par le denier (comme quatre deniers par muid de seigle pour le capitulaire de Nimègue). [...]
[...] - TOUBERT Pierre, « La part du grand domaine dans le décollage économique de l'Occident (VIIIe siècle - Xe siècles) », La croissance agricole du Haut Moyen Âge : Chronologie, modalités, géographie, Toulouse, Presses Universitaires du Midi p - 86. - VERHULST Adriaan, « La genèse du régime domanial classique en France au haut Moyen Âge », Agricoltura e mondo rurale in Occidente nell'alto medioevo, Spolète, Centro italiano di studi sull' alto medioevo p - 160. - WICKHAM Chris, Framing the Early Middle Ages, Oxford, Oxford University Press 1018p. [...]
[...] ] mais aussi alimenter le marché en équilibrant des circuits de redistribution »16. Sakae Tange a émis l'hypothèse que malgré la domination du grand domaine dans certaines régions, se trouvaient la présence de petites exploitations indépendantes et/ou autonomes, de même que le paysan dépendant du seigneur fréquentait le marché comme acteur indépendant17. De plus, un second rôle des monastères peut se trouver dans la formation des prix et des pratiques. On constate alors le déploiement de tout un lexique de l'échange avec notamment pour mots clés : supervacuum (surplus), pretium (prix), negocium (commerce), ou encore avaritia (l'avarice). [...]
[...] Il en va de même pour les monastères. Un élément pertinent se trouve dans l'importance de marchés domaniaux durant l'époque carolingienne, où des historiens ont émis l'idée que les autorités politiques auraient contribué à faire des monastères les lieux centraux de la production et de l'échange. Les archives de l'abbaye de Prüm révèlent que le monastère de l'Eifel a été autorisé à créer deux marchés ruraux au cours de la seconde moitié du IXe siècle à Rommersheim et Münstereifel. Des marchés ruraux ont été aussi relevés sur les terres de l'abbaye de Saint-Denis (au cours du VIIIe siècle, bénéficiant à la fois d'une exemption générale de tonlieu), de Saint-Germain-des-Prés ou encore de Corbie. [...]
[...] En outre, la notion de proximité induite par le marché n'est pas inhérente aux foires eut égard aux lointaines origines géographiques tant des vendeurs que des acheteurs (d'où le terme de forain (foris) désignant celui qui n'est pas du lieu, l'étranger). Les marchés ruraux du haut Moyen Âge s'inscrivent dans un contexte de reprise en main de la vie économique, notamment rurale durant le VIe siècle, soit au même moment qu'une déprise démographique. Cette phase de développement « lente et fragile mais réelle » (Laurent Feller, 20112) est le fruit de l'apparition (ou d'un nouvel âge d'or comme en atteste la littérature des VI/VIIe siècles) du grand domaine agricole, la villa. [...]
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