L'écume des jours, Boris Vian, Michel Gondry, adaptation cinématographique, roman, univers visuel, surréalisme, pianocktail, rythme narratif, superficialité, profondeur narrative, métaphore, symbolisme, psychologie des personnages, références musicales, Duke Ellington, Take the A Train, Neil Moret, Chloe Song of the Swamp, Romain Duris, rupture narrative, effet artisanal, tragédie, poésie, philosophie, structure narrative, émotions, réflexions existentielles, jazz, musique, dialogue, ambiance visuelle, hommage, La science des rêves, Jean Cléder, Audrey Tautou, Omar Sy, atelier littéraire, Jean-Sol Partre, perspective narrative, temporalité, narration, monstration, esthétique, développement des personnages
Il s'agit de faire une analyse de l'adaptation cinématographique de l'oeuvre romanesque de Boris Vian, "L'écume des jours" (1947), et de son adaptation en film par Michel Gondry (2013).
Cette analyse appuie ses arguments sur l'article de Jean Cléder, "L'adaptation cinématographique : de l'exécution à la mise en oeuvre", publié en 2004 dans "Fabula".
Bien que le roman ait été écrit dans les dernières années des années quarante, la version cinématographique possède une similitude sociale troublante avec le contexte original : le résultat de la fable de Vian est l'idéalisation d'une période ravagée par les horreurs de la guerre, un hommage à la splendeur de la vie dans les temps difficiles, délimitée par la fragilité humaine. La version de Gondry est conçue à partir des mêmes canons, et profite du côté le plus intime de l'histoire pour entrer dans une tragédie qui se matérialise à l'écran avec des couleurs éblouissantes qui perdent progressivement son lustre, jusqu'à aboutir dans le plus contrasté des noirs et blancs.
[...] Mais en contrepartie, Gondry ré-utilise visuellement deux matériaux très importants présents dans le roman, à savoir l'eau et les nuages. Ces deux métaphores illustrent parfaitement l'essence même de l'?uvre. En effet, lorsque l'eau s'agite, l'écume se forme. Autrement dit, l'eau qui crée l'écume correspond notamment à la difficulté de Colin face à la maladie et la mort prochaine de Chloé. À l'inverse, la métaphore du nuage représente une vision plus positive : le bonheur d'être amoureux (selon l'expression familière « être sur son petit nuage »). [...]
[...] Ce fut donc dans une certaine logique de le voir réaliser l'adaptation cinématographique du film. Gondry a en effet reproduit avec soin l'univers visuel avec notamment ses effets artisanaux et numériques qui recréent des éléments aussi célèbres du roman que le pianockail et ce sol qui rétrécit et devient plus lugubre en fonction de l'humeur de son propriétaire. La souris aux moustaches noires, les métaphores sur l'eau et les nuages qui, comme dans le roman, sont des symboles qui ne manquent pas comme nous venons de l'envisager plus haut même si au niveau de l'interprétation, des différences existes. [...]
[...] Comme nous pouvons nous en rendre compte, L'écume des jours, représente de manière emblématique l'abandon des repères habituels du roman et une forte volonté de rupture, de nouveauté, au point d'être désorientant pour les lecteurs de l'époque comme d'aujourd'hui par une richesse visuelle et langagière propre à l'univers de Boris Vian. Souvent qualifié d'?uvre inadaptable3, il existe néanmoins deux adaptations cinématographiques : une réalisée par Charles Belmont en 1968 et celle réalisée par Michel Gondry, sortie en 2013. C'est avec cette dernière version avec dans les rôles de Colin et Chloé, les deux acteurs français Romain Duris et Audrey Tautou, que nous allons réaliser notre présente réflexion. Dans cette optique nous nous placerons dans les traces de Jean Cléder (2004) au sujet de l'adaptation cinématographique. [...]
[...] Dans le film, le personnage de Nicolas - joué par Omar Sy - a dans la trentaine. Bien que le roman ait été écrit dans les dernières années des années quarante, la version cinématographique possède une similitude sociale troublante avec le contexte original : le résultat de la fable de Vian est l'idéalisation d'une période ravagée par les horreurs de la guerre, un hommage à la splendeur de la vie dans les temps difficiles, délimitée par la fragilité humaine. La version de Gondry est conçue à partir des mêmes canons, et profite du côté le plus intime de l'histoire pour entrer dans une tragédie qui se matérialise à l'écran avec des couleurs éblouissantes qui perdent progressivement son lustre, jusqu'à aboutir dans le plus contrasté des noirs et blancs. [...]
[...] En résumé, l'adaptation de L'Écume des jours par Michel Gondry tente de rendre hommage à la richesse et à la complexité du roman de Boris Vian, mais elle doit composer avec les limites intrinsèques à chaque médium. Les différences se manifestent non seulement dans la structure narrative et le développement des personnages, mais également dans l'esthétique, le traitement des thèmes et la profondeur émotionnelle. Bien que le film puisse captiver par son visuel et son approche inventive, il ne peut pas totalement rendre compte de la langue poétique et de l'intensité introspective du roman. [...]
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