Lacan, Lévi-Strauss, Freud, Saussure, psychanalyse, anthropologie, structuralisme, signifiant, signifié, langage, culture, symbolique, inconscient, linguistique
Selon le psychanalyste français Jacques Lacan, la « représentation du mot est ce qui est déjà là avant que vous n'en fassiez la représentation écrite, avec tout ce qu'elle comporte (...). C'est l'un des ressorts les plus essentiels de l'écriture » (Lacan, 2007). En effet, suite à ce propos, il reste essentiel d'apprécier l'écriture comme un vaste ensemble systémique, c'est-à-dire une forme de communication humaine qui va pouvoir s'exprimer au moyen d'un ensemble de marques visibles liées, par convention, à un niveau structurel particulier du langage. En cela, nous voulons souligner le fait que l'écriture est en principe la représentation du langage plutôt que la représentation directe de la pensée et le fait que le langage parlé a plusieurs niveaux de structure, y compris les phrases, les mots, les syllabes et les phonèmes, c'est-à-dire les plus petites unités de langage.
Dès lors, le corps de la lettre peut être apprécié comme étant la structure même qui fonde tout langage, c'est-à-dire la culture, que l'on peut opposer à la nature. En effet, il faut rappeler que la nature cristallise l'ensemble des lois naturelles alors que la culture renvoie aux lois instituées.
[...] Elle a donc une fonction symbolique qui surdétermine le principe inaltérable de l'automatisme de la répétition dans la mesure où une lettre sera toujours manquante, la lettre même qui représente l'objet perdu. En ce sens, Joseph Rouzel montre que « le corps humain est façonné par le symbolique. C'est du lieu de cette articulation entre la chair et le langage que toute thérapeutique tire son efficacité6 » (Rouzel, 2002). Cette articulation nous semble essentielle pour comprendre ce qui rejoint deux disciplines autant différentes que l'anthropologie et la psychanalyse. [...]
[...] C'est un « jeu » entre signifiants, qui produit l'illusion du signifié, c'est-à-dire via des processus de métaphore et de métonymie. La structure de l'échange symbolique entre les sujets ne peut exister que dans la mesure où elle est matérialisée par un élément matériel pur, un objet d'échange en circulation, un signifiant de l'Autre autrement dit. C'est pour cette raison qu'il nous faut revenir sur l'écriture comme étant le medium principal pour transmettre des significations particulières. B. L'écriture et la transmission des significations L'écriture n'est donc qu'un medium, certes le plus important, de communiquer par des signes visibles. [...]
[...] En tant que structure localisée du signifiant, la nature de la lettre est réelle, sans sens ni signification. Sa fonction est symbolique dans la mesure où son absence détermine l'automatisme de la répétition. La lettre constitue l'inconscient dans la mesure où elle est organisée comme un ensemble hétérogène au sens littéral. C'est pour cette raison que la modélisation de Jacques Lacan reste importante. Frédéric Pellion nous permet d'y voir plus clair. En effet, selon lui, « Lacan a produit l'ébauche d'une théorie de la lettre dont trois traits permanents, au moins, assurent la cohérence : la lettre dispose d'une certaine matérialité, probablement différente de celle du signifiant ; en relation avec cette matérialité, elle demeure identique à elle-même ; mais, malgré cette identité, elle échappe au savoir - elle se tient même, plus précisément, « au bord du trou dans le savoir4 ». [...]
[...] En effet, la frontière entre les images et l'écriture devient moins évidente lorsque les images sont utilisées de manière conventionnelle pour transmettre des significations particulières. Dès lors, la pensée reste trop intimement liée au langage pour être représentée indépendamment de celle-ci. C'est pour cette raison que des tentatives récentes ont été mises au point pour permettre de communiquer des messages explicites sans assumer la connaissance d'une langue particulière. Ces messages sont généralement communiqués au moyen de signes graphiques, comme par exemple la représentation barrée à l'aide d'une croix d'un chien faisant ses besoins dans un jardin public par exemple. [...]
[...] La lettre et le signifiant Cependant, le paradigme du corps de la lettre permet de comprendre la notion symbolique sous-jacente qui peut relier le corps au langage. En cela, Frédéric Pellion affirme que « si la notion de lettre a une pertinence dans, et pour, la psychanalyse, elle doit permettre de mieux saisir la nature de ce qu'atteint en propre l'opération analytique - donc de ce à quoi elle se réfère, spécifiquement ou non, directement ou non3 » (Pellion, 2011). Et il en va de même avec l'anthropologie dans la mesure où la lettre, comme corps symbolique va représenter du signifiant culturel qui va permettre de singulariser une société. [...]
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