IDE Infirmier Diplômé d'Etat, prise en charge infirmière, douleur, représentations sociales, évaluation de la douleur, anthropologie, gestion de la douleur, urgences, subjectivité, qualité des soins, loi du 4 mars 2002, prise en charge adaptée, expérience, expression, facteurs socioculturels, professionnels de santé, étude des comportements, psychologie sociale
J'ai choisi des entretiens semi-directifs, correspondant à une interaction verbale entre un enquêteur et un enquêté détenant des connaissances précieuses sur le thème d'intérêt de l'enquêteur. Cette méthode d'enquête qualitative offre un cadre structuré avec des questions préparées en amont tout en permettant une adaptation des questions aux réponses des enquêtés. Il favorise un climat de confiance permettant l'expression libre des perceptions, croyances et expériences et des réponses plus complètes et détaillées, tout en m'aidant à mieux appréhender leurs expériences et leurs points de vue. Cela me permettra de mieux comprendre si leurs représentations influencent leurs pratiques et décisions. Par cette expression libre, des éléments peuvent émerger (croyances implicites, expériences personnelles façonnant leur approche de la douleur), ce qu'une approche plus rigide pourrait manquer.
[...] Ainsi le terrain a permis aux IDE de réaliser l'aspect crucial de la prise en considération de la douleur. Ceci est conforme au cadre théorique prônant des séances d'analyse des pratiques professionnelles pour partager et examiner collectivement les expériences pour en tirer des enseignements. Il était opportun d'analyser comment le soignant parvient à rester le plus objectif possible dans cette prise en charge. Sophie et Camille s'accordent à dire que l'écoute est importante. Sophie explique : « j'observe, j'écoute, j'me pose un peu ». [...]
[...] Ceci remet en question les obligations déontologiques et éthiques de la profession d'IDE décrites dans le cadre théorique. Ainsi il est crucial de déterminer si certaines croyances/stéréotypes peuvent expliquer cette prise en charge différentielle de la douleur des patients. Les stéréotypes sont nombreux comme rapporté par Sophie : « les vieux qui seraient plus résistants ou les "hypersensibles" qu'on va vite cataloguer comme douillets, ou le patient psy qu'on ne prend pas trop au sérieux quand il parle de douleur ». Elle constate la présence de clichés : « ceux qui ont une étiquette psy? [...]
[...] 3.3 L'influence des représentations sociales Les trois entretiens révèlent que de nombreux stéréotypes perdurent parmi le corps infirmier. Les hommes sont « moins sensibles à la douleur » ou ne l'expriment pas, plus l'âge avance. A contrario, d'autres suggèrent que les femmes de culture maghrébine l'exprimeraient facilement contrairement à celles originaires d'Asie. Ces propos rejoignent les travaux de Moliner et Guimelli montrant que les idées préconçues sur des pathologies/profils de patients peuvent conditionner comment les soins sont dispensés. Dans ce contexte, la décentration, permettant de « se détacher des références culturelles pour comprendre et respecter celles de l'Autre » est cruciale pour inclure les dimensions culturelles, individuelles et sociales du patient. [...]
[...] (2022). Liste des échelles acceptées pour mesurer la douleur. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-01/liste_echelles_acceptees_2022.pdf Legifrance. Article L1110-5 du Code de la Santé Publique https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000031972245 Légifrance. LOI n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000227015/ Müller, A. (2015). Postface (p. 237-239). Dans Bellet P. L'hypnose pour réhumaniser le soin. [...]
[...] Ces réponses illustrent des prises en charge différentielles de la douleur en libéral et en chirurgie digestive et aux urgences. Dans ce service, elle n'est pas conforme aux recommandations préconisant d'administrer des antalgiques mais aussi d'accompagner le patient par des stratégies non médicamenteuses (Berlemont et al., 2022). De plus, l'infirmier a un rôle clé d'établissement d'un climat de confiance, d'écoute pour favoriser l'expression de la douleur et adapter sa prise en soins. Du fait de sa faible expérience, l'IDE urgentiste n'a peut-être pas suffisamment de recul pour être davantage dans l'écoute, distraire ses patients. [...]
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