Interventionnisme militaire, catastrophe naturelle, écologie, sciences sociales, économie, préservation de l'environnement, droit international, protection de l'environnement, développement durable, activité militaire, gouvernance internationale, droits de l'Homme, protection de l'intérêt général
D'une part, tous les éléments constituant la dimension environnementale peuvent devenir une source de conflits, de tensions, un facteur déclencheur d'interventionnisme militaire de la part des États ou de groupes privés. Ce lien entre environnement et conflits est bien complexe et problématique depuis très longtemps. En effet, dans l'Art de la guerre, Sun Tse soulignait comment il était possible d'effectuer une manoeuvre militaire à coûts faibles si on arrivait à exploiter les données naturelles avec fermeté. D'autre part, force est de constater que, dans cette relation entre environnement et interventionnisme, très souvent, les effets et les conséquences sur l'environnement sont négligées. Surtout dans la culture occidentale, environnement et guerre sont deux facteurs antinomiques.
[...] Pour ce faire, il est indispensable que l'argumentation puise ses racines dans une conception de développement durable comme droit et devoir de tous, de protection indispensable pour le futur de la planète. Concevoir l'importance de l'environnement c'est un pas en avant, mais qui ne suffit point s'il n'est pas accompagné par une mise en pratique contraignante qui oblige tous les États à une prise de responsabilité qui permette d'agir, lorsque les circonstances le demandent, même si, ainsi faisant, la souveraineté et la non-ingérence dans les affaires intérieures des États ne seront pas respectées : le moindre mal s'impose au nom du bien de tous. [...]
[...] Mais qu'en est-il du cas où l'interventionnisme s'impose militairement pour pouvoir imposer la protection de l'environnement et du développement durable ? Dans une conception traditionnelle, en effet, « les interdépendances entre la paix et l'environnement signifient que l'absence de conflits armés est bénéfique pour la nature, mais également que la gestion durable des ressources naturelles contribue à la paix » (Lavieille, 1992). Aujourd'hui la protection de l'environnement passe par la prévention et par la gestion des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes. [...]
[...] Selon Tzvetan Todorov, « un État qui prétend agir au nom du bien ne fait en réalité qu'imposer abusivement son pouvoir ». La frontière est donc très subtile. Il faut en effet penser qu'aujourd'hui, dans des sociétés mondialisées et capitalistes, le pouvoir public, dans les États de droits, a été réduit aux fonctions législatives, administratives, sociales et politiques. L'État doit, certes, garantir les droits individuels et, notamment, les droits de l'homme, mais il ne peut pas dicter les conditions de vie de tous. C'est dans ce contexte qu'il est intéressant d'insérer la conception du développement durable. [...]
[...] Il s'agit d'un interventionnisme forcé, contre la volonté des États, au nom de la protection d'objectifs majeurs tels que la protection de l'humanité. Les États doivent protéger leur population contre les crimes contre l'humanité, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et le génocide, mais tous les États doivent aussi se substituer à l'État défaillant dans cette protection, et intervenir au nom de la protection de la communauté internationale. La protection des civils étant l'objectif majeur, passer sur la souveraineté des États et sur leur responsabilité dans la gestion de leurs affaires intérieures devient le moindre mal. [...]
[...] L'État est responsable de la protection de son territoire, dans la limite de ses frontières et il détient, dans ce contexte, un rôle sociétaire essentiel pour mener à bien les opérations nécessaires de garantie et de protection par le biais des interventions de défense, d'anticipation et de prévention. Chaque État est alors invité à effectuer des choix en matière de développement durable en déclinant sa stratégie nationale, en élaborant les divers plans d'action et en garantissant une articulation cohérente entre les objectifs du développement durable et les objectifs opérationnels. Le développement durable concerne, en effet, tant le domaine environnemental que les domaines économique, social, humain et sociétal. Qui donc mieux que l'État pour assurer une telle panoplie d'objectifs ? [...]
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