Définition des concepts

La chaîne de valeur correspond à l'ensemble des phases de fabrication / conception d'un produit / d'un service au sein d'une organisation publique et privée.

Dans le cadre de la production d'un bien spécifique, l'exemple le plus renommé est celui des téléphones portables (smartphones), lorsqu'il y a une morcellement du processus de fabrication d'un produit en plusieurs phases réalisées dans différentes contrées du monde, alors cela s'appelle l'internationalisation de la chaîne de valeur. En des termes encore plus vulgarisés, si les phases de fabrication d'un produit nécessitent d'être réparties dans différentes zones de la planète alors nous sommes dans la configuration d'une internationalisation de la chaîne de valeur. Or, pourquoi la fabrication d'un simple produit nécessiterait de mobiliser plusieurs centres de production établis dans différentes contrées du monde ? Quelle est la source de l'internationalisation du processus de la chaîne de valeur ? Quels sont les fondements théoriques de cette thématique ? 

Les acteurs les plus concernés par ce système sont les firmes multinationales qui disposent de la taille critique pour internationaliser leurs unités de production.

Dissertation : Comment expliquer l'internationalisation de la chaîne de valeur ? 

La mondialisation économique : la source du processus d'internationalisation de la chaîne de valeur 

Selon l'INSEE, la notion de mondialisation est quasiment une forme d'anglicisme puisqu'elle est originaire du terme anglais « globalization ». Cette notion vise à désigner le processus de renforcement de l'interaction entre les humains, les organisations, les entreprises et les lieux.

Ce renforcement est le fruit d'un effacement progressif des frontières (barrières physiques et administratives) lié indubitablement à la multiplication des flux en tout genre. La nature de ces flux est diversifiée : il s’agit des investissements financiers ou de production physique (flux de capitaux), mouvements de capitaux financiers, les flux humains (tourisme, culture,immigration économique et professionnelle, flux de compétences …), les flux de biens et services.

Finalement, on constate que la mondialisation engendre directement un bouleversement du rythme des flux et tend à les faire évoluer également. S'agissant d'un processus multimillénaire, il convient d'indiquer que la nature des flux au 19e siècle n'avait rien à avoir avec la nature des flux fin 20e siècle et encore moins avec les flux actuels. Le rythme est complètement différent également puisque la fin du 20ème siècle a été marquée par l'introduction des nouvelles technologies de l'information et de la communication qui ont eu un rôle clé dans l'expansion de la mondialisation (la mondialisation financière par exemple).

Ce processus témoigne de la domination du système capitaliste sur la planète. Cette domination sur les espaces physiques se manifeste de manière méthodique : par «contournement » puisque progressivement par « démantèlement » des obstacles à la multiplication des capitaux et des richesses c'est-à-dire les frontières et les normes étatiques. Néanmoins, la multiplication exponentielle et incontrôlée des flux a généré un ensemble de fléaux indésirables tels que l'insécurité, l'immigration illégale incontrôlée, l'inflation immobilière, les crises financières à des niveaux tels qu'il est actuellement question (voire mis en œuvre) une forme de régulation de ces mêmes flux (financiers, humains, touristiques, immobiliers, ….). 

Ainsi, les acteurs de la mondialisation semblent s'accommoder d'une nouvelle logique de concurrence internationale des territoires et de dynamisme des réseaux plutôt que du contrôle absolu d'un territoire délimité par une autorité étatique. Si le monde est devenu interconnecté tel un espace unique grâce aux NTIC, mettant en interaction les différents points du globe, cela doit être perçu comme une multiplication des opportunités comme en témoigne les flux professionnels moyens par exemple. 

Exemple numéro 1 : la production internationalisée des smartphones

D'ailleurs si l'on prend l'exemple de la production de smartphones, les entreprises multinationales du secteur essaient d'exploiter les opportunités offertes par les différentes zones du globe pour assurer une production optimale. On parle dans ce cas d'entrepreneuriat transnational c'est-à-dire la capacité à bénéficier de l'hétérogénéité des coûts de production entre les différents espaces du monde (pays). Cette stratégie génère de la croissance économique pour les firmes multinationales concernées et généralement dans les zones où sont implantées les unités de production. Tout n'est pas positif et la mondialisation peut générer des déséquilibres. Dans le cas de l'internationalisation de la chaîne des valeurs, il est certain que les pays avancés aux coûts de production élevés sont en partie pénalisés au profit des pays en développement aux coûts salariaux moindres. Néanmoins, certaines unités de production hautement sophistiquées restent l'apanage des nations industrialisées. Ainsi, par ces flux générés, des disparités de dynamisme sont créées au sein des territoires nationaux entre ceux intégrés par les flux de capitaux et ceux à la marge de ces flux.

Cours : Quels sont les fondements du commerce international et de l'internationalisation de la production ?

La théorie des avantages comparatifs de David Ricardo : les prémices de l'internationalisation de la chaine de valeur 

Cette théorie des avantages comparatifs (remontant à près de deux siècles) de David Ricardo est l'étendard officiels de l'organisation mondiale du commerce (OMC) et des acteurs gagnants d'une mondialisation sans contraintes physique et réglementaire. De plus, elle est à l'origine du processus de délocalisation ayant lui même permis l'internationalisation de la chaine de valeur.

Si Adam Smith a pu brièvement  abordé ce concept d'avantage comparatif à la fin du 18 ème siècle, David Ricardo, économiste britannique a pu en faire la démonstration début 19eme siècle : dans le cadre d'un commerce international caractérisé par le libre-échange, chaque nation devrait (par intérêt propre) se spécialiser dans la production pour laquelle elle bénéficie de la meilleure productivité par comparaison à la nation concurrente potentielle qui est également sa partenaire commerciale.

Autrement dit, chaque pays dispose d'une production pour laquelle il est capable de produire en grand nombre et / ou à très forte valeur qualitative pour un coût de production relativement inférieur aux autres nations. C'est production que l'économiste qualifie d'avantage comparatif. Cette démonstration est clairement un plebiscite à la mondialisation de la chaîne des valeurs d'une production puisque Ricardo incite les territoires à se spécialiser dans une production pour laquelle ils ont un avantage sur les autres espaces du monde.

Aussi, les paramètres de la théorie des avantages comparatifs sont assez positifs pour ne pas dire idéaux car nous sommes dans des configurations de concurrence pure et parfaite. Le commerce international y est dépeint comme systématiquement bénéfique aux nations. Par conséquent, la démonstration de David Ricardo n'aborde pas les méfaits des excès de l'internationalisation de la chaine des valeurs : certaines nations peuvent être aisément lésées aux profit d'autres nations, avec des transgressions des principes de libre-échange (corruption, domination économique), la hausse de la quantité de production des biens d'une nation ne garantit pas forcément la prospérité à la population. 

Cours de politique économique : Histoire de la pensée économique - Les fondateurs de l'économie politique (Adam Smith, David Ricardo et Karl Marx) et l'industrialisation

Exemple numéro 2 : la filière internationale de production de chocolat

Si l'on prend l'exemple de la filière de production de chocolat, on constate un déséquilibre abyssal entre les grand groupes chocolatiers occidentaux (suisses notamment) et les pays en développement où les fèves de cacao sont cultivés puis exportés[4] (Ghana, Côte d'Ivoire, Amérique latine….). La récente mesure du nouveau président ghaneen John Mahamo Drahama d'augmenter brusquement les cours du cacao est révélatrice d'une situation inéquitable entre les pays fournisseurs de cacao qui ont un rôle moindre de la production du chocolat. En effet, ces derniers sont attelés à la culture puis l'exportation brute de cacao à un coût longtemps resté bas au bénéfice des firmes multinationales occidentales di chocolat. La richesse à savoir la transformation du cacao en chocolat s'effectue dans les pays développés.  

Références 

Geoconfluences (2025). Chaîne de valeur ajoutée. https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/chaine-de-valeur-ajoutee#:~:text=Le%20terme%20de%20cha%C3%AEne%20de,au%20sein%20d'une%20entreprise

Jacques Adda (2020). La mondialisation de l'économie. Introduction (page), Édition La Découverte.

BFM business(2025). Le Ghana augmente le prix du cacao de plus de 60 % pour soutenir ses agriculteurs : vers une envolée des cours mondiaux.https://www.bfmtv.com/economie/international/le-ghana-augmente-le-prix-a-la-production-du-cacao-de-plus-de-60-pour-soutenir-ses-agriculteurs-vers-une-envolee-des-cours-mondiaux_AD-202508040389.html