L’étude monographique est un exercice particulier, que vous devez absolument bien comprendre avant de vous lancer dans sa rédaction. Comme nous l’avons précisé dans l’introduction, votre étude ne doit pas être généraliste, mais bel et bien axée sur un objet précis, qu’il s’agisse d’une entreprise, d’un groupe social ou encore pourquoi pas une ville.

Dans cette optique, vous devez tout mettre en œuvre pour apparaitre comme un expert du sujet choisi, et non pas de traiter plusieurs sujets à la fois. Par exemple, si vous parlez d’une entreprise en particulier, il est inutile d’étendre l’analyse au contexte économique et social, vous devez rester concentré sur cette entreprise, comment elle évolue à l’intérieur, son mode de fonctionnement. 

 

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes ? - Bien comprendre les caractéristiques d'une monographie

Bien que le principe puisse vous sembler assez clair, il n’en demeure pas moins que certaines erreurs peuvent apparaitre comme fréquentes, et peuvent contribuer à faire échouer les étudiants.

Parmi les principales erreurs à ne pas commettre, le choix d’un sujet trop vaste. Si vous voulez rédiger une « bonne » monographie, il faut cibler le sujet. Par exemple, on ne peut pas analyser « le système éducatif en France », car cela est beaucoup trop gros. En revanche, vous pouvez vous limiter à l’usage du numérique dans certaines classes et dans une école en particulier.

Autre chose, une monographie n’est pas un récapitulatif ou une remise en forme de tout ce que les gens vous disent. Ce n’est pas un compte rendu, ni un résumé, c’est un vrai travail de fond que l’on attend de vous. Il faut comprendre ce qui se cache derrière les mots, les témoignages.

Enfin, quel que soit le sujet, il ne faut que vous restiez « bloqué » dans le présent, car peu importe le sujet, il y a toujours une histoire ; et cette histoire peut souvent expliquer beaucoup de choses. Vous devez garder une attitude de chercheur.

 

Comment réussir une étude monographique ? - Conseils au fil de la recherche

La préparation du terrain

Comme nous l’avons expliqué plus haut, un sujet doit pouvoir amener matière à réfléchir mais pour autant, il ne doit pas être trop vaste. Pour vous aider, vous pouvez dans un premier poser certaines limites : géographiques, temporelles et thématiques (où, quand et quoi ?).

La problématique est essentielle, elle est le fil conducteur de l’ensemble du travail réalisé. Elle est un guide qui permet aussi de ne pas vous éparpiller.

La collecte des données

Le travail de chercheur commence vraiment, c’est ici que vous allez commencer à récolter des données précises. Il s’agit aussi indéniablement de la partie la plus longue de votre travail de recherche. Cette étape est constituée de trois phases : l’observation, les entretiens et la recherche. En résumé ce que vous voyez, ce que vous entendez et ce que vous lisez.

Dans la phase d’observation, posez-vous les questions essentielles ; questions qui diffèrent en fonction du sujet choisi. Comment sont les gens, qui parle à qui, comment l’espace est organisé et pourquoi ?

Dans la phase d’entretien, vous allez devoir parler avec les gens, mais de manière intelligente. Les questions posées doivent être suffisamment ouvertes, elles doivent leur donner envie de parler, pas uniquement de répondre par oui ou par non. Pensez à laisser le temps aux gens interrogés de répondre, par le biais de silences notamment.

Dans la phase de recherche, lisez tout ce qui a un rapport avec votre sujet initial, prenez des notes par thèmes pour ne garder que les informations les plus importantes. Il est possible de récapituler le tout dans un tableau.

L’analyse des informations récoltées

Faites-les parler pour en faire quelque chose. Le plus complexe ici, c’est que les étudiants ont souvent à ce stade beaucoup d’informations. Plus haut, nous parlions de les regrouper par thème. Cela peut être pertinent de réaliser un tableau ou d’utiliser des couleurs différentes, une par thème.

N’hésitez pas à mettre en lumière toutes les contradictions qu’il peut y avoir, cela arrive dans les écoles, les entreprises. Les contradictions sont intéressantes à analyser, elles peuvent refléter un dysfonctionnement du système notamment.

La structure du document

Une étude monographique doit être facile à lire.

Elle doit comprendre une introduction, qui reporte la raison pour laquelle vous avez choisi le sujet en question, la problématique et votre méthode.

Le contexte vient ensuite, présenter ce que vous avez choisi pour que le lecteur puisse s’imprégner de l’environnement.

Ensuite, le développement, qui, dans votre cas, est le cœur de l’analyse. C’est le moment de développer vos thèmes, de les expliquer et de répondre à la problématique.

Enfin, la conclusion, qui a aussi pour objectif de déceler les limites de votre travail et de répondre aux questions du jury.


Tableau récapitulatif

Étape

Ce qu’il faut faire

Ce qu’il faut éviter

Cadrage

Définir des limites strictes mais suffisamment ouvertes.

S’éparpiller, vouloir parler de tout.

Terrain

Multiplier les sources, les écrits, les oraux.

N’utiliser qu’un seul entretien.

Analyse

Prêter attention aux silences, à tout ce qui relève de l’implicite.

Croire aveuglément ce que dit tout le monde.

Rédaction

Utiliser un vocabulaire précis, qui correspond au niveau académique.

Utiliser un ton trop émotionnel ou journalistique.

Gestion du temps

Gérer son temps car il passe vite. Utiliser un journal de bord pour noter les sources au fur et à mesure.

Rédiger au dernier moment, cela est synonyme de découragement.

 

Conclusion

Par conséquent, réussir votre étude monographique vous oblige à passer par différentes phases, mais surtout à vous y prendre suffisamment à l’avance pour éviter toute forme de découragement et d’échec. Soyez précis, analyser les faits, les dits et les non-dits, afin de prouver votre expertise sur le sujet choisi.

Exemples de monographies


FAQ

C’est quoi l’observation participante ?

C’est le fait d’étudier un groupe tout en participant aux activités qu’il pratique.

Est-il nécessaire d’enregistrer les entretiens réalisés ?

Oui, c’est mieux pour les analyser et y revenir plus tard, mais n’oubliez pas de demander l’autorisation avant.

Faut-il faire un plan chronologique ?

Non, pas vraiment, le plan thématique est largement plus pertinent.

Les entretiens doivent-ils figurer en annexes ?

Oui, les plus significatifs, et il est possible de mettre les retranscriptions complètes si besoin.

Comment puis-je savoir si mon étude est réussie ?

Une fois lue, le lecteur doit avoir le sentiment de maitriser le sujet. Si vous avez un doute, vous pouvez la faire corriger par un tuteur-rédacteur qualifié !

Références

Galéa, S. (2024). Étude monographique. EVAL. eval.fr

Adobe. (2024). Comment faire une monographie ? Méthode, plan et conseilsadobe.com