Une initiation : Rwanda 1994-2016, Stéphane Audoin-Rouzeau, génocide rwandais, anthropologie, crimes de guerre, Rwanda, Tutsis, Hutus, mémoire collective, Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, ethnologie, responsabilité de l'État, témoignage, Conseil de sécurité de l'ONU, Opération Turquoise, Religion, terrorisme
Stéphane Audoin-Rouzeau est un historien français reconnu. [...]
Dans son ouvrage intitulé « Une initiation : Rwanda 1994-1996 » et publié en 2017, l'auteur explore un autre pan de l'Histoire, celui du génocide rwandais commis par les Hutus à l'encontre des Tutsis, entre avril et juillet 1994. Le génocide s'est déroulé sur 3 mois et a fait 800 000 victimes. [...]
À travers ce compte-rendu critique, nous résumerons le contenu de l'ouvrage, puis nous proposerons une analyse critique, en discutant des apports proposés par Stéphane Audoin-Rouzeau visant à renouveler la science historique.
[...] L'auteur ne peut en effet faire la lumière sur la globalité des faits et cela pour plusieurs raisons : tout d'abord, Stéphane Audoin-Rouzeau arrive à la fin de sa carrière d'historien et l'approfondissement des réalités vécues durant le génocide nécessiterait une étude très approfondie prenant en compte une pluralité de témoignages tutsis et hutus pour pouvoir faire la Vérité et la Lumière sur la totalité des évènements et leurs déroulements. Aussi, cet ouvrage est aussi un hommage aux relations, que l'historien a pu nouer avec certains des rescapés tutsis. Enfin, cette quête historique reste une gageure tant que l'ouverture des archives des pays impliqués, reste encore incomplète. Conclusion En somme, l'ouvrage de Stéphane Audouin-Rouzeau propose une lecture nouvelle du génocide des Tutsis au Rwanda, qui s'est déroulé entre avril et juin 1994. [...]
[...] Pourtant les informations du rapport, révèlent qu'il y a eu deux opérations « Turquoise » : la première, qui n'est pas une opération humanitaire, conformément à ce qui était imposé par l'ONU, qui d'après le rapport fut une opération de cobelligérance, visant à accompagner le gouvernement intérimaire rwandais dominé par les Hutus. La seconde opération Turquoise débute à partir du 1er juillet 1994. Et là se déploie, une opération protectrice des survivants du génocide grâce à la mise en place d'une zone humanitaire sûre. [...]
[...] Analyse critique Dans cet ouvrage, Stéphane Audoin-Rouzeau, tente donc d'apporter une approche inédite des faits de guerre s'étant déroulés dans le passé. Il propose dans cette méthodologie de prendre en compte plusieurs éléments cumulatifs pour étudier les faits de guerre et les génocides : l'observation anthropologique du pays en question, ici, marqué par les traumatismes du génocide ; de prendre connaissance des témoignages éparses de rescapés du génocide ; de prendre en compte des archives postérieures à ce moment historique, et d'intégrer à la réflexion des rapports d'enquête qui tentent de restituer de manière globale, les responsabilités des gouvernants de l'époque. [...]
[...] Voici les différentes thématiques que Stéphane Audoin-Rouzeau propose de prendre en compte : le rôle du religieux dans le massacre des Tutsis ; la violence des voisins ; la question des cris lors des cérémonies commémorations ; les thérapies intra-communautaires. Premièrement, il est nécessaire de rappeler que les périodes de persécution des Tutsis remontent bien avant 1994. L'histoire rwandaise recèle de moments où les persécutions envers les Tutsis ont été très présentes : Pendant ces persécutions antérieures, les Tutsis ont pu se réfugier au sein des églises, sans pour autant être attaqués. Pourtant, lors du génocide de 1994, ces lieux ne sont plus des refuges, ils sont attaqués et tués ici aussi. [...]
[...] Le génocide n'aurait pu exister sans la participation active des civils hutus. Troisièmement, l'historien interroge, les cris lors des cérémonies de commémoration. Il oppose deux significations potentielles, qu'il serait nécessaire d'étayer, celle de la revivance des traumatismes ou celle de la protestation à l'encontre des discours établis qui minimiserait l'atrocité du génocide. Enfin, et quatrièmement, il évoque, la question du traitement des traumatismes des rescapés. Il s'intéresse notamment au parcours spécifique d'Emilienne qui est thérapeute, qu'il a rencontré en 2013, à Kigali, lors d'une table ronde. [...]
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