Idée d'une histoire universelle, Kant, nature humaine, insociable sociabilité, oxymore, société, humanité, être humain, Hobbes, conscience, rapports humains, sociabilité
D'après Kant, le désir ressenti par l'homme de se mettre en société, de former un groupe humain, s'explique par le fait que c'est lorsqu'il est en interaction avec autrui, qu' « il se sent davantage homme ». En suggérant ainsi que c'est le fait de vivre en société qui conditionne l'humanité de l'homme et aussi la prise de conscience d'être un homme, Kant se rapproche des thèses défendues par Hobbes. Il s'en écarte néanmoins en soutenant que ce désir de vie en société ne répond pas qu'à l'intérêt de l'homme, entendu simplement comme le fait d'être en sécurité, mais aussi comme le désir de développer ses « dispositions naturelles », c'est-à-dire ses facultés.
[...] Néanmoins, l'argument du philosophe consiste à rapprocher le niveau de conscience de l'homme dans cet état à celui de l'animal. S'il ne remet pas en cause le caractère plaisant de telles conditions d'existence, il questionne en revanche la capacité de l'homme à les apprécier. D'après lui, dans un tel contexte, les hommes « n'accorderaient guère plus de valeur à leur existence que n'en a leur bétail ». On peut ainsi résumer l'argument de Kant par un question : À quoi bon vivre en parfaite harmonie si l'homme ne dispose pas de la conscience pour l'apprécier ? [...]
[...] D'autre part, le désir de richesse (cupidité), d'honneurs (ambition) et de pouvoir (soif de dominer), qui, à première vue sont des entraves à l'harmonie des relations humaines, sont en réalité source de relations paisibles. En effet, pour assouvir ces désirs, l'être humain a besoin d'autrui. Parce qu'il a besoin des autres, il sera ainsi prêt à passer outre son manque de sympathie pour une personne pour accomplir ses objectifs, ce qui aura pour conséquence le maintien de relations paisibles entre les hommes. [...]
[...] D'une part, il désire entretenir des relations avec autrui. Les besoins de l'homme ne s'arrêtent pas à ses besoins physiques. Il a aussi des besoins sociaux (aimer, rire, parler?). Rares sont les êtres humains qui ne recherchent pas constamment la compagnie d'autrui et le dicton « Mieux vaut être seul que mal accompagné. » témoigne par son existence même, que l'homme préfèrera la souffrance à la solitude. Mais d'autre part, bien que l'homme cherche la compagnie, il éprouve aussi le désir d'indépendance. [...]
[...] En conclusion, dans cet extrait de Idée d'une histoire universelle, Kant s'interroge sur l'un des paradoxes qui constitue la nature humaine et qui conditionne ses rapports humains : son « insociable sociabilité ». De là, il soutient d'une part que le caractère insociable de l'être humain constitue une menace pour sa vie en société, qui est pourtant une condition indispensable pour le développement de l'humanité. Néanmoins, d'autre part, il montre que si l'insociabilité est un défi pour la vie société, elle est aussi à l'origine de l'amélioration progressive de l'humanité, puisqu'elle incite les hommes, par la poursuite de la réalisation de leurs désirs (fondés sur la cupidité, l'ambition et la soif de pouvoir) à faire passer leurs facultés de l'état de potentiel à l'état de réalité tangible. [...]
[...] L'insociabilité de l'homme est-elle constructive et positive à d'autres égards ? Dans un dernier temps, Kant démontre que le caractère insociable de l'homme est positif et nécessaire à la société, puisqu'il permet le développement de ses « dispositions » et donc son évolution et celui de l'humanité tout entière (par perfectionnement progressif). En effet, Kant va plus loin dans son argumentaire, en soutenant que « insociabilité » de l'homme, à la source des conflits motivés par la soif de pouvoir, d'argent et d'honneurs, est en réalité une bénédiction de la nature. [...]
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