Lettre à Ménécée, Épicure, épicurisme, mort, angoisse, peur, Religion, athéïsme, Démocrite, Carpe Diem, Antiquité, antiquité grecque
Épicure est un philosophe grec antique du troisième et quatrième siècle avant notre ère. Il est le fondateur en 306 de l'épicurisme, une école philosophique très importante. La lettre qu'il adresse à Ménécée et dont provient l'extrait qu'il nous est donné d'étudier contient en creux son enseignement philosophique.
Dans l'extrait qu'il nous est donné d'étudier, le philosophe s'interroge sur un problème philosophique fondamental, à savoir la mort, la peur, l'angoisse qu'elle suscite.
[...] Le texte peut se diviser en deux parties. La première partie va du début du texte jusqu'à « redoutable ». Elle correspond à l'introduction du problème philosophique et à l'exposition de la thèse. La seconde partie du texte commence par « On prononce donc de vaines paroles quand on soutient que la mort est à craindre » jusqu'à la fin du texte et correspond à la réfutation et à la conclusion. Nous procéderons à une analyse philosophique littéraire en prenant soin d'étudier à quelles doctrines philosophiques se confronte ou se rapproche de philosophe. [...]
[...] Sa stratégie sera plutôt de démontrer que l'angoisse de la mort n'a pas de raisons d'être. Dans la deuxième phrase, le philosophe entame son argumentation. Il explique que tout réside dans la sensation. C'est une notion fondamentale de la philosophie d'Épicure pour lequel ce qui compte n'est pas le monde extérieur mais la façon dont nous le recevons. Et évidemment lorsque nous sommes morts, nous sommes complètement dépourvus de cette sensibilité qui nous fait souffrir ou nous rend joyeux. On pourrait ici faire un rapprochement avec la philosophie d'Épictète qui explique que ce ne sont pas les choses extérieures : « Nous ne pouvons pas choisir les circonstances extérieures, mais nous pouvons toujours choisir la façon dont nous répondons à celles-ci1 » est-il écrit ainsi dans le Manuel d'Épictète qui ne correspond pas à un ouvrage que le philosophe stoïcien a écrit de sa main puisqu'il n'a rien écrit mais ce sont ses propos rapportés par son disciple Arrien. [...]
[...] Nous ne pouvons ressentir que lorsque nous sommes en vie, c'est pourquoi nous ne pouvons ressentir la mort. Le philosophe exprime sa pensée sous la forme d'un chiasme : « tant que nous existons nous-mêmes » / « la mort n'est pas » mis en symétrie avec « Quand la mort existe » / « nous ne sommes plus ». Autrement dit, la mort n'a aucune raison de hanter notre esprit tant que nous sommes vivants puisqu'il est complètement, abstraite, virtuelle. Dans le cas contraire, nous ne serions plus. Il faut donc pouvoir savourer l'existence que l'on sait bornée, limitée dans le temps. [...]
[...] Épicure s'interroge sur ce problème philosophique majeur qu'est la mort. Il s'agit d'un problème auquel chacun d'entre nous est confronté un jour ou l'autre, que ce soit la mort de ses proches ou inexorablement la sienne un jour ou l'autre. Les philosophes utilisent volontiers le terme de finitude pour décrire notre condition de mortel. On présente souvent la religion comme une réponse à cette angoisse de la mort. En promettant le Paradis, les défenseurs des religions, de la religion chrétienne en tout cas font miroiter le bonheur après la mort et d'une certaine manière une continuité de la vie, pour peu que l'on se soit comporté en honnête citoyen durant notre vie terrestre. [...]
[...] J.-C.) - La peur et l'anxiété engendrées par la mort « Prends l'habitude de penser que la mort n'est rien pour nous. Car tout bien et tout mal résident dans la sensation : or la mort est privation de toute sensibilité. Par conséquent, la connaissance de cette vérité que la mort n'est rien pour nous, nous rend capables de jouir de cette vie mortelle, non pas en y ajoutant la perspective d'une durée infinie, mais en nous enlevant le désir de l'immortalité. [...]
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