Sur le mensonge, Saint-Augustin, religion, mensonge, vérité, croyance, imagination, tromperie, péché, erreur, connaissance, ignorance, âme, philosophie chrétienne, éthique de la vérité, théorie du mensonge, mensonge par omission, honnêteté, duplicité, dieu, foi, éthique, christianisme, intention, langage, psychologie du mensonge, morale humaine
Saint-Augustin est un penseur chrétien du Ve siècle. Dans son ouvrage "Sur le mensonge", il condamne le fait de mentir en distinguant différents types de mensonges.
Le texte que nous étudions est un extrait de cet ouvrage. L'auteur s'intéresse à la notion de mensonge, qu'il étudie au travers de celle de vérité. Il s'interroge sur les liens entre le vrai et le mensonge, et remet en question l'idée selon laquelle ces deux thèmes seraient simplement des opposés.
[...] Le mensonge apparaît finalement comme le fait de celui qui a le c?ur « double », du trompeur, qui est dans le « péché ». Cette étude du mensonge ne fait pas réellement apparaître la question du mensonge par omission. On peut aussi mentir en taisant le vrai, ce qui pose d'autres questions : est-ce que le mensonge par omission ne peut pas, parfois, être préféré à l'absolue honnêteté ? Prenons l'exemple du roman Un secret, de Philippe Grimbert : il raconte l'histoire d'un enfant qui découvre un jour l'histoire tragique de sa famille lors de l'Holocauste, et pour qui cette révélation est un choc absolu. [...]
[...] Ce texte de Saint-Augustin est d'abord une recherche pour comprendre ce qu'est le mensonge via une tentative de circonscrire ses conditions d'existence. Est-ce que simplement dire une chose fausse suffit à faire de nous des menteurs ? Non, parce que parfois nous ne disons pas la vérité, et pourtant nous sommes convaincus de la véracité de nos dires. Le mensonge n'est pas le contraire de la vérité, défend l'auteur. Pour déterminer ce qu'est de mentir, il faut pouvoir avoir un accès à l'intériorité de la personne qui parle. [...]
[...] C'est bel et bien « d'après la disposition de l'âme, et non d'après la vérité ou la fausseté des choses mêmes, qu'on doit juger que l'homme ment ou ne ment pas » (ligne 20). Le mensonge est conditionné par l'esprit ; l'intentionnalité est la clé. Il est possible de se tromper, mais cela diffère de chercher à tromper les autres. Prenons pour exemple le célèbre jeu de rôles des Loups-Garous de Thiercelieux ; en désignant un joueur à éliminer, il est possible que les villageois se trompent. Ils n'ont pas d'autre choix que de croire les discours des joueurs, et peuvent se tromper. [...]
[...] Saint-Augustin écrit que ce rapport de chacun à la vérité est du domaine de la croyance ou de l'imagination ; c'est tout l'enjeu des lignes 3 à 5. Croire, c'est être convaincu de quelque chose tout en sentant que l'on ne pourrait pas l'expliquer : « que quelquefois celui qui croit, sent qu'il ne comprend pas ce qu'il croit, bien qu'il n'ait aucun doute sur la chose qu'il sait qu'il ne comprend pas ». Imaginer revoie à un degré d'aveuglement que la croyance n'a pas : penser savoir alors que l'on ignore tout à fait. [...]
[...] Saint-Augustin commence ce texte en exposant son objectif : « voir ce que c'est que le mensonge » (ligne 1). Sa pensée est d'emblée restrictive : il veut comprendre ce qu'est le mensonge en essayant d'expliquer ce qu'il n'est pas. Le mensonge n'est pas le fait de ne pas dire la vérité, même si on pourrait le croire sans trop de réflexion. Il appelle à complexifier le rapport entre ces deux termes : « dire une chose fausse n'est pas mentir, quand on croit ou qu'on s'imagine dire la vérité » (ligne 1-2). [...]
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