Les Années, Annie Ernaux, récit, littérature francaise, autobiographie, écriture plate, Prix Nobel, sociologie, histoire sociale, mémoire collective, mémoire intime, idiolecte, classe sociale, temps
Prix Nobel de littérature, Annie Ernaux est reconnue pour son oeuvre hybride, qui navigue entre littérature et sociologie. Dans son livre Les Années paru chez Gallimard en 2008, l'autrice entreprend de reconstituer le fil de son existence de l'après-guerre aux années 2000. À travers son écriture si singulière, elle mêle récit intime et roman national, réussissant à croiser mémoire collective et souvenirs personnels.
[...] L'énonciation dans Les Années Quand les pronoms conjuguent mémoire individuelle et mémoire collective. Roman 20-50, n° 165-175. [...]
[...] Les Années : vers une autobiographie sociale. https://shs.hal.science/halshs-00865151v1 Moricheau-Airaud, B. (2016). Propriétés stylistiques de l'auto-sociobiographie : l'exemplification par l'écriture d'Annie Ernaux. Contextes https://doi.org/10.4000/contextes.6235 Mugnier, M. ( mai). « Les Années » d'Annie Ernaux. https://univ-fcomte.hal.science/hal-03462930v1 Strasser, A. (2012). [...]
[...] Pourtant, son écriture se veut fidèle à ses origines et révèle ses tiraillements personnels face à ce qu'elle est devenue et ses origines qu'elle affectionne tout particulièrement. B. Les énumérations, métaphores du temps qui défile Enfin, les Années, autosociobiographie du temps long, évoque le poids des années qui passent. Annie Ernaux, déjà coutumière du fait, a recours comme métaphore du temps qui passe à de nombreuses énumérations, montrant la force d'une histoire qui s'écoule à toute vitesse. Véronique Montémont, maître de conférences en langue et littérature françaises à l'université de Lorraine, souligne la litanie des évènements que l'autrice décrit d'abord de manière éparse dans son roman, puis au début des années 2000, ces évènements semblent s'accélérer et se retrouver dans une seule et même phrase : « l'agonie de Jean-Paul II, un autre pape dont on ne retenait pas le nom et encore moins le numéro, la gare d'Atocha, le grand soir festif du non au référendum sur la Constitution européenne, les nuits rouges de flammes dans les banlieues, Florence Aubenas, les attentats de Londres, la guerre du Liban entre Israël et le Hezbollah, le tsunami, Saddam Hussein extirpé d'un trou, pendu on ne savait quand, des épidémies fuligineuses, le SRAS, la grippe aviaire, le chikungunya » (Ernaux p. [...]
[...] C'est notamment grâce à ce procédé que l'autrice réussit à faire le lien tout au long du roman entre souvenirs personnels et collectifs. Par ce choix stylistique, Annie Ernaux souligne la difficulté de son entreprise : effacer le « je » au profit du « nous », pour bien rendre compte des enjeux d'une histoire sociale évolutive. B. Une « exemplification » de la réalité Ce qui caractérise également cette rencontre entre mémoire intime et mémoire collective, c'est le recours d'Annie Ernaux aux exemples tout au long du roman. [...]
[...] Ainsi, le style littéraire d'Annie Ernaux dans les Années réussit au travers d'une énonciation à la troisième personne et grâce à l'exemplification à faire se rencontrer histoire intime et histoire collective. Nous verrons dans une seconde partie que son style littéraire est aussi un style qui révèle le sentiment de l'autrice vis-à-vis du poids de l'histoire sociale sur son existence et sur l'intime en général. II- Révéler le lourd poids de l'histoire sociale sur l'intime A. Le recours à une « écriture plate » et l'utilisation d'un idiolecte singulier Comme nous l'explicitions en introduction, Annie Ernaux s'est toujours revendiquée d'une écriture plate, que nous retrouvons également dans Les Années. [...]
Source aux normes APA
Pour votre bibliographieLecture en ligne
avec notre liseuse dédiée !Contenu vérifié
par notre comité de lecture