Gargantua, Rabelais, abbaye de Thélème, Humanisme, utopie, mixité, liberté, religion, tolérance, idéal, critique sociale
François Rabelais est considéré comme un des représentants majeurs de l'Humanisme en littérature. Son roman Gargantua met en scène un géant qui soutient ces idées d'ouverture d'esprit, de tolérance et de bienveillance des individus les uns envers les autres.
Dans l'extrait qui nous intéresse, Gargantua établit les principes qui guideront la construction d'une abbaye idéale nommée abbaye de Thélème.
[...] On peut donc considérer que c'est parce que le géant a pu considérer que celles déjà existantes pouvaient être défaillantes qu'il a réfléchi à en fonder une nouvelle qui serait différente. On constate que le discours de Gargantua est très structuré : « Premièrement ». Le géant est affirmatif et témoigne d'une certaine confiance en lui. « Il ne faudra jamais y bâtir de murailles autour » s'oppose ainsi à « toutes les autres abbayes sont fermement murées ». Gargantua montre ainsi son envie de construire une abbaye ouverte au monde mais également qui empêche les complots ou le persiflage (le fait de médire sur autrui). [...]
[...] À l'idée que l'on enterait dans la religion pour la vie entière, Rabelais propose qu'on puisse la quitter à tout moment, comme le suggère la formule très forte : « forcés et astreints à y demeurer perpétuellement toute leur vie durant », par opposition, Gargantua propose que « tant les hommes que les femmes qui y auraient été reçus sortiraient quand bon leur semblerait, librement et sans restriction ». Et pour terminer sa description d'une sorte d'anti-abbaye, gargantua s'oppose aux trois v?ux que doivent traditionnellement formuler les religieux : « chasteté, pauvreté et obéissance », Gargantua propose que l'on puisse se marier librement et que l'on pourrait être riche et libre. On remarque le rythme ternaire des formules finales. Conclusion François Rabelais propose dans cet extrait la description d'une abbaye idéale dans la tradition humaniste. [...]
[...] Gargantua alimente son argumentation avec un paradoxe : « il n'y avait pas perte de temps plus véritable que de compter les heures ». On perd ainsi du temps en voulant en gagner selon lui. Gargantua défend l'idée qu'il faut agir selon son envie dans une perspective clairement utopiste qui consiste à penser que les hommes et les femmes sont capables de bien agir sans être soumis à des principes et des contraintes. Gargantua en quelque sorte la discipline brute : « se gouverner au son d'une cloche ». [...]
[...] Cette description d'une communauté, religieuse en l'occurrence, témoigne d'une confiance en l'être humain, notamment à se réguler lui-même sans forcément tomber dans le vice et la paresse. Cette abbaye est définie également par opposition à celles déjà existantes et aux traditions. Rabelais en profite ainsi pour dénoncer un monde religieux qui se présenterait come un refuge pour les laissés pour compte de la société. Rabelais dénonce l'hypocrisie et le caractère malsain de la séparation des sexes et le manque de pertinence de prôner absolument la pauvreté tout comme l'obéissance. [...]
[...] La deuxième règle expliquée par Gargantua fait référence à un usage de l'époque qui consistait à nettoyer dans un lieu religieux après le passage d'une femme parce que cette dernière pouvait être en quelque sorte considérée comme impure, représenter la tentation. Rabelais tourne en dérision cet usage en expliquant qu'il faudrait faire de même après le passage d'un religieux ou d'une religieuse, sous-entendant que cet usage ne serait pas moins justifié dans ce cas. Rabelais témoigne ici de toute l'irrévérence dont il était capable à l'égard de la religion. Gargantua aborde ensuite un troisième principe. [...]
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