Ronsard, poésie, amour, passion, femme, souffrance, maladie, mélancolie, violence, nature humaine, folie
L'oxymore est une figure intéressante parce qu'il met bien en évidence le caractère paradoxal de la maladie amoureuse. Le poète est à la fois charmé par la personne aimée. Il est émerveillé par les charmes de la jeune femme, mais, d'un autre côté, la passion amoureuse est une souffrance, comme le laisse d'ailleurs suggérer son étymologie. La passion amoureuse est notamment une souffrance parce qu'elle peut ne pas être partagée.
[...] L'amour se présente comme une maladie qui atteint le poète aussi bien dans son corps que dans son esprit. Partie 2 : La violence et l'ambivalence de la passion amoureuse La violence de la passion amoureuse Ronsard utilise volontiers des métaphores puissantes pour décrire la violence de la passion amoureuse. C'est ainsi ce que l'on peut trouver dans le poème « Dedans un pré je vis une Naiade » : « Comme un liz de la gresle froissé Languist à bas, j'ai eu le c?ur abaiséé, Et dans mon feu je m'immolay moy-mesme5 » Étonnamment dans cet extrait, le poète se décrit lui-même, ou son c?ur, comme un « lys », c'est-à-dire comme une fleur alors que la fleur va souvent plutôt représenter la jeune femme aimée. [...]
[...] L'amour n'est plus ici un idéal élevé ou une source d'accomplissement spirituel, mais un feu destructeur, une force irréfragable qui transforme le poète en martyr. En ce sens, Ronsard illustre magistralement cette idée que la passion, lorsqu'elle devient démesurée, agit comme une véritable maladie de l'âme, menaçant l'équilibre de l'amoureux. Le basculement vers la folie Si l'amour est volontiers présenté comme une maladie amoureuse sous la plume de Ronsard, c'est volontiers sous la forme d'une maladie mentale. Le poète est présenté comme ayant les sens troublés. [...]
[...] Il est émerveillé par les charmes de la jeune femme mais d'un autre côté, la passion amoureuse est une souffrance, comme le laisse d'ailleurs suggérer son étymologie. La passion amoureuse est notamment une souffrance parce qu'elle peut ne pas être partagée. La façon dont le poète décrit l'effet de ce poison s'apparente à une hypotypose. Le poète donne à voir au lecteur les effets néfastes de la passion amoureuse. Le poison de la maladie amoureuse s'écoule lentement, presque comme dans une torture : « subtil à s'escouler3 ». [...]
[...] Le poète amoureux devient un ennemi pour lui-même. On retrouve d'ailleurs cette thématique du feu dans le sonnet « Tout effroyé je cherche une fonteine », lorsque le poète tente de venir au secours de sa bien-aimée dans une sorte de pulsion chevaleresque et qu'il se voit lui-même assailli par le « larron » qui tourmentait sa bien-aimée « Du larron mesme assaillir me suis veu, Qui me perçant le c?ur de mon espée, M'a fait tomber dans un torrent de feu7 ». À nouveau, le poète se décrit comme périssant par le feu. [...]
[...] Le regard de la femme aimée agit comme des flèches envoyées par le soleil. La thématique du regard de la femme aimée st d'ailleurs une thématique capitale dans la démonstration de la maladie amoureuse comme nous pouvions déjà le remarquer dans le poème « Dedans un pré je vis une naiade » : « De son regard ma raison fut malade ». C'est le regard de la femme aimée qui est très souvent l'initiateur de la maladie amoureuse. On retrouve d'ailleurs cette métaphore du regard de la personne aimée agissant comme une flèche dans le poème « De ceste belle, douce, honneste chasteté » : « La traict que je receu, n'eut le fer espointé Il fut des plus aigus qu'Amour nous tire en l'ame10 ». [...]
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