Marianne Milhaud, Asie du Nord Est, silence, contexte éducatif, culture confucianiste, pédagogie, anxiété, hiérarchie de la parole, système éducatif, pratiques didactiques, FLE Français Langue Étrangère, apprentissage, politesse, communication, identité culturelle, culture asiatique, Asie, Éducation, apprenants
Depuis l'augmentation du nombre d'apprenants asiatiques dans les universités occidentales, de nombreuses discussions autour de leurs caractéristiques voient le jour. Souvent qualifiés de passifs, de silencieux, de disciplinés, ces étudiants semblent ne pas valoriser le discours d'une manière ouverte comme en Occident.
C'est à partir de ces considérations que Marianne Milhaud, dans son article intitulé « Comprendre le silence des apprenants dans le contexte éducatif d'Asie du Nord Est », propose un bref tour d'horizon de travaux relatifs à la place et à la signification du silence chez ces étudiants en FLE.
[...] Dans son article, Marianne Milhaud cite plusieurs hypothèses éventuelles qui relèvent notamment de la didactique. En effet, elle envisage la possibilité d'un désintérêt pour la question posée, de l'absence d'une réponse, de la peur de se tromper et de perdre la face ou encore de l'anxiété sans faire fi de l'inhibition culturelle comme le fait d'être prêt à répondre, mais d'être gêné de le faire. Ce sont des situations très présentes dans un cours de langue en FLE. C'est ainsi que Marianne Milhaud encourage à une meilleure compréhension de ce phénomène, souvent ressenti négativement en classe de langue. [...]
[...] Cependant, à travers ce silence, Marianne Milhaud cherche aussi à dénoncer une volonté d'affirmer ses compétences qui prime malheureusement sur un esprit collaboratif qui serait plus bénéfique pour ces étudiants en classe de langue. Ils ne poursuivent pas le but de séduire l'enseignant avec leurs connaissances mais plutôt d'apprendre une langue. Pour atteindre cette collaboration, l'auteure suggère, à partir de témoignages, de choisir des sujets qui intéressent les apprenants, l'utilisation de questions ouvertes, la valorisation des idées individuelles, des opinions. [...]
[...] Mais, en classe de langue FLE en Asie du Nord Est, cette attitude passive résulte également de la mise en place et de l'application de méthodes de cours inadaptées (Eunja LEE, 2017) ainsi que de l'absence d'intérêt portée à l'organisation des cours de français en secondaire (Lee Kun Nim, 2011). Marianne Milhaud reconnaît aussi la nécessité d'une adaptation des pratiques didactiques après une meilleure compréhension de cette passivité chez les apprenants asiatiques. Dès lors, il serait intéressant de se questionner au-delà de l'espace classe pour mieux cerner cette association silence et politesse, notamment en développant sur la considération de la langue française en Asie du Nord Est. [...]
[...] La problématique du silence ne va pas se résoudre sur la simple modification des techniques d'apprentissage dans les classes de langue. À titre négatif, je considère donc que l'auteure renvoie par contre trop souvent l'association politesse et silence à l'espace « classe » alors qu'elle ne fait pas de la culture une exclusivité et qu' elle fait une fois allusion aux différences entre les générations. Il me paraît incontestable que les explications du silence dans les témoignages des étudiants, sont partiellement la conséquence de la place, voire de la discrimination, du français dans leurs études secondaires, de la formation de l'enseignant en plus de la signification de cette passivité dans leur éducation familiale, dans la société. [...]
[...] Dès lors, dans cet article de Marianne Milhaud, via diverses références bibliographiques, s'en dégagent une connotation positive et une autre négative quant à la perception du silence chez les apprenants asiatiques à l'échelle culturelle mais aussi didactique. Critique. Dans cet article, je trouve que Marianne Milhaud propose, sur le fond, une réflexion très pertinente au sujet du silence des apprenants coréens en classe de FLE dans la mesure où il est vrai que ce n'est pas le seul mobile culturel qui est responsable de cette attitude qualifiée de passive et trop souvent associée à de nombreux clichés. [...]
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