Norbert Elias, Sur le processus de civilisation, La Civilisation des moeurs, contrôle social, classe sociale, distinction, éducation, histoire, société bourgeoise, aristocratie, règles sociales, normes sociales, contrôle invisible, liberté individuelle, processus de civilisation, division du travail, mondialisation, économie de marché, invisibilisation progressive, structure sociale
Il montre bien que, même à table, ce n'est pas juste une question de manger, mais un vrai révélateur des structures sociales. Au Moyen Âge, l'alimentation carnée (la viande) était une alimentation consommée pour les riches, réservée aux seigneurs et à la petite noblesse. C'était aussi un signe de hiérarchie sociale : les paysans mangeaient ce qu'ils pouvaient, mais les nobles se gavaient de gibier et de viande en quantité. Donc, ce n'était pas juste « manger pour se nourrir », c'était un moyen de montrer sa classe sociale.
[...] Aujourd'hui, avec la division du travail, la mondialisation, et l'économie de marché, ces règles ne semblent plus aussi oppressantes, car elles passent par des mécanismes « indirects » comme la concurrence et la dépendance mutuelle. Mais est-ce vraiment plus « libre » ? Elias pointe quelque chose d'intéressant : cette forme moderne de contrôle est plus pernicieuse. Elle n'exige pas explicitement une conformité, mais elle fait en sorte que la conformité devienne une nécessité pour s'intégrer. Par exemple, la pression de réussir dans une économie concurrentielle oblige les individus à adopter des comportements normés - que ce soit au travail, dans la consommation ou même dans les relations sociales. [...]
[...] C'est marrant parce que tu vois dans le texte que même au fil des siècles, les manières de manger, la présentation des plats, tout ça change, mais ça reste lié à la classe. Plus tu es haut dans l'échelle sociale, plus tu te distingues par la façon dont tu manges. Les gros gibiers, les poissons - tout ça, c'était des symboles de richesse. Et même la manière de découper la viande devient un art raffiné, réservé à ceux qui en avaient les moyens. C'est dingue à quel point les codes sociaux infiltrent même le truc le plus basique : s'asseoir à table. [...]
[...] Je veux dire, on est tout le temps en train de surveiller ce qu'on dit, comment on se comporte, surtout avec les réseaux sociaux. C'est là que ça devient curieux parce que Elias parle de la manière dont les gens ont arrêté d'utiliser les couteaux pour éviter de rappeler les armes et les dangers. Mais maintenant, aujourd'hui je me dis qu'on pourrait comparer ça à nos comportements en ligne. Parce qu'on a tous des codes, des manières de réagir, et si tu fais un faux pas, même un truc mineur, tu te fais directement juger. [...]
[...] Cette nouvelle société impose des règles à travers l'organisation du travail, la division des tâches et la compétition, qui créent des interdépendances sociales. En gros, Elias montre que le contrôle social ne disparaît pas avec le temps, mais qu'il change de forme. Dans la société bourgeoise, ce contrôle devient moins direct, mais plus ancré dans les structures économiques et sociales. C'est à travers le travail, les marchés et la concurrence que les individus sont amenés à se conformer aux attentes, à réguler leurs émotions et à agir d'une certaine manière. [...]
[...] On voit bien que ce déplacement vers une « civilité » plus discrète s'inscrit dans un processus de longue durée, où ce qui était jugé acceptable hier peut être vu comme barbare aujourd'hui. C'est pour ça qu'il parle de l'évolution des sensibilités. Il parle de cette « progressive invisibilisation » du découpage de la viande, comme un symbole du processus de civilisation. Avant, on faisait tout devant tout le monde : abattage, découpe, présentation. Maintenant, tout ça se fait en coulisses, loin des regards. C'est-à-dire qu'on s'est mis à cacher le côté brut et un peu « animal » de la consommation de viande. [...]
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