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Depuis les années 1930, certains commentateurs de la pensée de Keynes comme des historiens de la pensée économique ont souligné des similarités conceptuelles entre les travaux de Keynes et l'émergence de la psychanalyse freudienne à la même période. Plusieurs économistes hétérodoxes ont suggéré que l'intégration novatrice par Keynes de facteurs psychologiques et comportementaux dans son analyse pourrait résulter d'une influence, directe ou indirecte, de la théorisation freudienne de l'inconscient et de la psychologie humaine. Cependant, la nature et l'ampleur précises de cette influence putative de Freud sur la conception économique keynésienne restent l'objet de débats.
[...] Ainsi, dans quelle mesure l'analyse freudienne de l'inconscient et de la psychologie humaine a-t-elle influencé la conception économique hétérodoxe de John Maynard Keynes ? Cette dissertation s'attachera dans un premier temps à analyser l'influence précoce de Freud sur les premiers travaux de Keynes avant d'étudier dans un second temps l'ancrage de la psychologie freudienne au coeur de sa "révolution" théorique avec la Théorie Générale (II). I. L'influence précoce de la psychologie freudienne sur l'analyse économique de Keynes Dans ses premiers écrits, Keynes a adopté une approche psychologique originale de questions économiques et politiques, s'intéressant aux émotions et aux représentations des acteurs C'est sous l'influence déterminante de son cercle d'amis du groupe Bloomsbury, grand défenseur de la psychologie freudienne, que Keynes a développé sa vision des motivations humaines. [...]
[...] De ce fait, Keynes fonde véritablement son analyse macroéconomique sur ces lois psychologiques, qui en deviennent le socle analytique même. Il assoit ainsi son travail révolutionnaire sur les fondements de la psyché humaine tels que révélés notamment par Freud. De même, sa conception monétaire intègre pleinement la distinction freudienne entre argent-signe et argent-symbole. En opposant ces deux facettes de la monnaie et en analysant le passage de l'un à l'autre, Keynes ancre sa théorie dans la conceptualisation psychanalytique de l'argent. [...]
[...] Plusieurs économistes hétérodoxes ont suggéré que l'intégration novatrice par Keynes de facteurs psychologiques et comportementaux dans son analyse pourrait résulter d'une influence, directe ou indirecte, de la théorisation freudienne de l'inconscient et de la psychologie humaine. Cependant, la nature et l'ampleur précises de cette influence putative de Freud sur la conception économique keynésienne restent l'objet de débats. Si certains auteurs ont mis en avant des parallèles conceptuels troublants, d'autres restent plus prudents sur la réalité et l'étendue d'une telle influence. [...]
[...] Dans quelle mesure l'analyse freudienne de l'inconscient et de la psychologie humaine a-t-elle influencé la conception économique hétérodoxe de John Maynard Keynes ? Selon l'économiste J.A. Schumpeter : « En tenant compte de toutes les "hypothèses" implicites, on peut dire que la valeur courante du revenu national est "déterminée" par trois fonctions ou trois courbes, que Keynes honora du titre de "lois psychologiques" : la fonction de consommation, la fonction d'investissement et la fonction de préférence pour la liquidité ». A travers cette célèbre citation, Schumpeter souligne le primat accordé par Keynes aux déterminants psychologiques du comportement humain au c?ur même de sa théorie économique avec la Théorie Générale, primat fortement influencé par l'approche psychanalytique pionnière de Freud sur la psychologie humaine et l'inconscient. [...]
[...] Ensuite, son analyse behavioriste pionnière des marchés financiers trouve directement son origine dans la théorie freudienne de la psychologie collective. En définissant les comportements comme résultant de la "psychologie de masse", Keynes situe clairement son approche dans le sillage de Freud. Sa célèbre métaphore du concours de beauté illustre parfaitement la formule freudienne de constitution libidinale des foules, avec abandon de l'idéal du moi au profit de l'idéal collectif. Ainsi, la Théorie Générale marque l'aboutissement de la pensée keynésienne, façonnée en profondeur par l'influence décisive et continue de la psychanalyse freudienne tout au long du processus. [...]
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