Les différentes formes de tricheries en milieu scolaire
La tricherie à l’école prend diverses formes, surtout dans le contexte actuel, qui est devenu plus complexe, plus connecté, rendant les opportunités plus nombreuses pour les élèves.
La première forme de tricherie, que l’on retrouve depuis des années, est le téléphone caché sous la table, les mots passés discrètement en salle de classe. Cette forme là est la plus « inoffensive » même si bien entendu, elle reste interdite.
Depuis quelques années pourtant, la tricherie n’a eu de cesse de s’étendre, de se complexifier, avec des conséquences bien plus graves pour l’élève, mais aussi pour le milieu académique. Le plagiat a ainsi augmenté, sous diverses formes également. Le copier/ coller sur le net, les documents achetés, les générateurs de texte… la problématique demeure entière : où s’arrête l’aide et où commence la fraude ?
Parmi les autres formes de tricheries, les falsifications de documents, les bulletins signés à la place des parents, ou encore le fait de s’attribuer tout le travail alors qu’il a été réalisé à deux ou en équipe.
Pourquoi les élèves trichent-ils ?
Outre le fait d’avoir une bonne note à un devoir ou à un examen, le fait de tricher peut également avoir des causes plus profondes.
Derrière chacune des tricheries se cache une motivation, une pression. Certains étudiants subissent beaucoup de pression, de la part de leurs parents, ou tout simplement du système, des grandes écoles qui ne prennent que les meilleurs dans toutes les matières. La peur de l’échec, de décevoir est aujourd’hui la principale cause de tricherie des élèves.
Le système académique actuel tend à placer les étudiants dans des cases et pour beaucoup tricher est la solution pour s’en sortir. Avec les technologies actuelles, il est souvent plus facile de contourner les difficultés plutôt que de les affronter directement.
Mais l’élève n’est pas le seul responsable. Les enseignements ne sont parfois pas assez personnalisés, il y a beaucoup d’évaluations et beaucoup ne tiennent pas en compte les progrès de chacun, le dialogue manque, les élèves en difficulté se sentent abandonnés par le système, et tout cela favorise ce climat de fraude.
Ne pas oublier également que plus les élèves trichent et s’en vantent, et plus cela encourage d’autres à le faire.
Quelles sont les conséquences de la triche ?
La triche possède, comme nous l’avons dit plus haut, de multiples conséquences, et celles-ci ne s’arrêtent pas au domaine purement académique.
La sanction immédiate
La première conséquence lorsqu’un élève est pris en train de tricher est la sanction : le zéro, l’interdiction de se présenter aux examens pendant un certain laps de temps, une exclusion parfois définitive. Ces faits sont reportés sur le dossier de l’élève et le suivra tout au long de sa scolarité, impactant ainsi de manière très négatives ses chances d’intégrer plus tard une bonne université ou une bonne école.
Perte de confiance
Toutefois, ce n’est pas cela le plus grave, si l’on peut dire. Le plus important restent les conséquences psychologiques sur les élèves. Ces derniers, à force d’avoir recours à la tricherie, peuvent perdre complètement confiance en eux, car même s’ils ont obtenu une bonne note ou leur examen définitif, ce n’est pas eux qui ont effectué le travail et ils le savent très bien. La réussite finale ne sera jamais la même.
Par ailleurs, lorsqu’un élève est pris sur le fait, outre les conséquences purement académiques, s’installe un climat de méfiance entre lui et les différents enseignants. Tout cela peut être finalement perçu comme un cercle vicieux, puisque l’élève triche par manque de confiance en ses propres possibilités ou par manque de travail, le lien se fragilise alors avec les enseignants et l’apprentissage a encore plus de mal à s’effectuer.
Question éthique
Enfin, il ne faut pas oublier la question de l’éthique. En effet, sur le long terme, tricher devient facile, mais peu rentable. Si les méthodes pour tricher deviennent de plus en plus élaborées, alors il faudra à long terme se poser des questions sur les réelles compétences des salariés qui occupent des emplois nécessitant un haut niveau d’études et trouver des moyens pour les évaluer autrement.
Si l’adolescent prend l’habitude de tricher dès les années collège, il apprendra alors que le résultat est plus important que les moyens mis en œuvre.
Comment lutter contre la tricherie, quelles solutions proposer ?
Le véritable problème aujourd’hui, est qu’il est devenu de plus en plus complexe de contrer les nouvelles formes de tricheries. Les élèves sont de plus en plus ingénieux, et utilisent les nouvelles technologies pour frauder toujours plus discrètement.
La solution ne saurait résider dans le seul fait de punir. Sans compréhension, sans solution alternative, alors punir ne servirait à rien.
Les élèves doivent, dès le plus jeune âge, comprendre quels sont les effets de la tricherie, sur leur avenir tout d’abord, sur leurs connaissances et leurs compétences.
Plus haut, nous parlions de varier davantage les moyens d’évaluation des connaissances. En effet, il est plus juste de valoriser, non pas uniquement les performances mais aussi les progrès réalisés tout au long de l’année, pour encourager l’élève. Des tutorats doivent être mis en place pour accompagner les élèves en difficulté, tout en intégrant les familles à ces démarches.
Les établissements doivent utiliser des outils pour détecter le plagiat et/ou le recours à une intelligence artificielle, apprendre aux élèves l’importance de la fiabilité des sources, afin de mettre en place un cadre plus juste.
Conclusion
La tricherie scolaire n’est donc pas simplement du fait de l’élève et d’un manque de travail. Elle reflète un certain nombre de choses, dont la pression, les difficultés et le manque de confiance en soi, sans oublier bien sur la recherche de la facilité ; tout ceci rendu finalement possible grâce aux nouveaux outils numériques, toujours plus performants.
Le fait de valoriser les efforts des élèves plutôt que simplement leurs connaissances peut-être un moyen pertinent de limiter les tricheries, et de leur redonner confiance en eux.










