EDHEC Business School, BBA Bachelor of Business Administration, ESMA École Supérieure Des Métiers Artistiques, Agence de notation, accord de Bâle III, faillite d'Enron, crise financière, zone euro, Standard & Poor's, Moody's, Fitch, subprime, pyramide de Ponzi
Durant les récentes crises financières de la dernière décennie, chaque dégradation des ratings souverains a provoqué des tensions sur les marchés. Les agences étaient alors fortement contestées en mettant en avant les arguments de modèles d'évaluation opaques, d'un manque de transparence, de conflits d'intérêts avec leurs activités de conseils ou encore d'une mauvaise évaluation des crédits subprimes, considérés à tort comme sans risque, alors qu'ils étaient « toxiques », « pourris » (junk bonds).
Bussière et Ristiniemi (2012) trouvent d'ailleurs que, sur un panel de 53 pays émergents et en voie de développement de 1977 à 2011, les ratings de crédit ne permettent pas de prévoir un évènement de crédit, comparé à un modèle qui se baserait sur des variables macro-économiques traditionnelles.
Sans compter leurs rôles procycliques lorsqu'elles surestiment les risques en dégradant la note des États souverains, ce qui à son tour fait remonter le niveau des taux d'intérêt.
Elles furent ainsi considérées comme l'un des acteurs responsables, accusées et coupables de ces crises.
[...] Les agences de notation disposeraient ainsi d'un pouvoir sur les Etats, de par les notations qu'elles octroient. Elles présentent donc un biais procyclique (Bar-Isaac et Shapiro, 201072) puisque durant les périodes de crise (par exemple 2008, et celle de 2010-12), elles ne font qu'aggraver les problèmes financiers, de sorte que les conditions de financement des entreprises sont durcies et le crédit rationné par les banques (phénomène de credit crunch). En revanche, en période de croissance (par exemple durant la période de Grande Modération aux Etats-Unis, de 2002 à 2007), et donc de confiance des investisseurs, les agences sont plus laxistes et les notes sont bonnes. [...]
[...] Malgré les réformes introduites au cours de la dernière décennie, les agences de notation font toujours l'objet de critiques, et la confiance en elles n'a toujours pas été regagnée et rétablie, de sorte que pour reprendre l'expression de Lubchinsky (Les Echos octobre 201786), elles sont « damnées pour l'éternité ». Bibliographie Aglietta, M. (2008), La Crise. Pourquoi en est-on arrivé là, Michalon. AMF (2012), « EMIR : un nouveau cadre pour les dérivés de gré à gré » mars 2012. Balassone, F., Franco, D., et Zotteri, S. (2006), « EMU Fiscal Indicators: A Misleading Compass? », Empirica, Vol pp. 63-87. Bar-Isaac, H. [...]
[...] Le marché de la titrisation reposait fortement sur la notation financière des agences et la confiance derrière cette note par les investisseurs. Or, depuis l'été 2007, des doutes ont surgi quant à la fiabilité et la qualité du rating des produits financiers complexes que sont les produits structurés titrisés hypothécaires. Sans compter qu'à cette époque, les agences de notation jouaient également un rôle dans le contrôle du risque du crédit des banques et les exigences en fonds propres en vertu des accords prudentiels de Bâle 2. [...]
[...] C'est justement d'eux dont dépend l'aptitude de remboursement. Il peut être alors aussi judicieux d'essayer de rassurer ces institutions que d'assainir l'état des finances publiques. Lorsque qu'un Etat se finance en empruntant sur les marchés financiers, ces derniers disposent alors d'un réel pouvoir sur la vie économique du pays car ils pèsent sur le principal poste des dépenses publiques : la charge des intérêts de la dette publique. En théorie, plus la note d'un Etat est basse, plus ses taux d'intérêt sur sa dette publique sont élevés. [...]
[...] Centre d'analyse stratégique (2011), « Réforme financière de Bâle III : chemin parcouru et enjeux futurs », La Note d'analyse, janvier 2011, n° 209. Challenge (1er juillet 2013), « Une agence de notation française agréée en Europe », Challenge, 1er juillet 2013. Chardoillet, E., Salvat, M., Tournyol du Clos, H. (2010), L'essentiel des marchés financiers, Eyrolles. Chavagneux, C. (2012), « Peut-on empêcher les agences de notation de nuire ? », Alternatives économiques Poche Comprendre la crise. Conseil de Stabilité Financière (2012), « Reducing reliance on CRA ratings - Progress report to G20 Finance Ministers and Central Bank Governors », février. Darbellay, A. et Partnoy, F. [...]
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