Hitler, pouvoir, mythe, idéologie, Max Weber, IIIe Reich, théâtralité, propagande, régime autoritaire, nation, nationalisme, totalitarisme, Staline
Le pouvoir, qui, selon Weber, se définit comme la chance de faire triompher au sein d'une relation sociale sa propre volonté, ne peut devenir domination, c'est-à-dire une obéissance fondée sur l'autorité, sans mise en scène minutieuse, que l'on peut développer à travers la notion de charisme. La théâtralité du pouvoir est indispensable à la reconnaissance de la légitimité des dominants par les dominés. Dès lors, cette légitimité, qu'elle soit charismatique, traditionnelle ou rationnelle, semble alors inutile sans une représentation de celle-ci dans l'imaginaire collectif. [...]
À ce titre, la nomination d'Adolf Hitler en 1933, suite à la montée en puissance du parti NSDAP, entraîne l'Allemagne dans un régime autoritaire et despotique permis par le mythe charismatique proposé par son leader.
Alors, quels sont les outils modernes de la mise en scène du pouvoir et quelle a été leur influence sur l'établissement des mythes contemporains ?
[...] no 93, no pp. 101-113. - ANDERSON, Benedict, L'imaginaire national trad 1996 (Chapitre introductif) - KANTOROWICZ, Ernst Les deux corps du roi. Essai sur la théologie politique au Moyen-Age [1957], trad. J.-P. et N. [...]
[...] Adolf Hitler et Joseph Staline se sont construits des personnages de rang divin. Ils sont sacralisés et c'est ce qui légitime leur domination. La puissance de la représentation totalitaire réside dans sa capacité à imbriquer le peuple qui devient à son tour acteur de sa propre illusion. Le quatrième mur est brisé et le peuple se transforme en "une multitude de figurants fascinée par le drame" Si la mise en scène du pouvoir date de la nuit des temps, les outils utilisés ont changé. [...]
[...] Hitler : un mythe charismatique né d'une théâtralité du pouvoir ? "All the world is a stage". Ainsi parlait Shakespeare de la condition humaine dans sa pièce Comme il vous plaira, acte II, scène 7. Le pouvoir, qui selon Weber se définit comme la chance de faire triompher au sein d'une relation sociale sa propre volonté, ne peut devenir domination, c'est-à-dire une obéissance fondée sur l'autorité, sans mise en scène minutieuse, que l'on peut développer à travers la notion de charisme. [...]
[...] Le totalitarisme c'est la soumission de tous et de tout envers l'Etat. Cependant par la mise en scène de cet assujettissement, les régimes totalitaires vont donner l'illusion de n'agir que dans l'intérêt du bien commun et ainsi développer une légitimité qui rendra acceptable cette domination. Le totalitarisme va "désindividualiser" la société et construire un "nous". C'est le cas du pangermanisme et de la race Aryenne en Allemagne. La propagande nazie, orchestré par Goebbels, va selon les mots de Balandier : "allier le peuple et ses chefs dans l'exaltation des réalisations communes". [...]
[...] Weber s'est principalement inspiré de la science et de l'histoire, tandis que les sources de Turner provenaient principalement d'une thropologie, de sorte que les concepts ont été dérivés en grande partie indépendamment. Au sein de l'exercice de son pouvoir, Hitler travaille sur ce charisme afin de légitimer son pouvoir, faire en sorte que nul ne peut lui défaire un pouvoir quasi divin. Dès lors, une entreprise collective s'opère : la propagande. Toutefois, elle va au-delà de la simple pamphlet ou image à l'effigie du maitre suprême. En effet, le charisme d'Hitler passe par sa manière d'agir, de prononcer ses discours et d'être : il est reconnaissable facilement. [...]
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