Nationalisme, Algérie, Alger Républicain, anticolonialisme, Albert Camus, presse, communisme, socialisme, guerre d'Algérie, propagande, censure, liberté, Seconde Guerre Mondiale
Les journaux Alger Républicain et Combat, fondés par des Européens pendant l'entre-deux-guerres, ont joué un rôle important dans l'affirmation et la consolidation du nationalisme algérien suite aux massacres de Sétif, Guelma et Kherrata du 8 mai 1945. Ces événements tragiques ont permis à ces deux journaux, qui étaient affiliés aux idées socialistes et communistes, de prendre des positions anticolonialistes plus marquées au fil du temps, et cela, jusqu'au fatidique début de la Guerre d'Algérie en 1954. Dans cet article, nous examinerons les apports de ces deux journaux dans le contexte historique de l'époque et nous réfléchirons aux pistes à explorer pour approfondir nos connaissances sur le sujet.
[...] Elle a été menée aussi objectivement que je le pouvais, à la suite d'une randonnée de 2.500 kilomètres sur les côtes et à l'intérieur de l'Algérie, jusqu'à la limite des territoires du Sud.11 » Amrani démontre que d'un point de vue discursif, le traitement de Camus est courageux pour l'époque. Car la série journalistique post-massacre débute dès mai-juin 1945. Son opinion est affirmé et se distingue clairement de l'opinion française de l'époque, qui elle justifiait la répression. Dès le 13 mai 1945, Camus écrit dans son éditorial : « Devant les évènements qui agitent l'Afrique du Nord, il convient d'éviter deux attitudes extrêmes. L'une consisterait à présenter comme tragique, une situation qui est seulement sérieuse. [...]
[...] (s. d.-b). Gallica. https://gallica.bnf.fr/html/und/presse-et-revues/combat?mode=desktop 8 Mai 1945 : Gloire et sacrifices d'un peuple. (s. d.). El Watan. [...]
[...] Il suggère dans un entre deux d'organiser un partage du pouvoir en incluant les populations musulmanes dans le gouvernement des territoires algériens. En établissant des recherches d'ordre général dans le moteur de recherche de Gallica sur les années 1951 et 1952, pour les comparer au journal d'Alger Républicain en tapant le terme « Algérie », on observe que la plupart des informations relayées par Alger Républicain sur ces années là, deviennent donc de moins en moins engagés et ont une tonalité assez politique ou administrative, relatant essentiellement la gestion du territoire par la France. [...]
[...] Il démontre que toutes les déclarations officielles durant les premiers jours des émeutes marchaient avec une forme de zone grise. Il relève même que la censure qui s'exprimait encore alors pouvait se manifester matériellement par des encarts blancs que nous voyions sur certains journaux tels que dans Alger Républicain. Ainsi, l'intervention d'Alger Républicain, du 30 mai 1945, de l'ancien gouverneur d'Algérie, Maurice Violette est en partie tronqué de quelques lignes10. Source BNF - Gallica : Extrait du journal Alger Républicain du 30 mai 1945 et de ses 9 lignes censurées De son côté, le Journal Combat réagit quelques jours après les massacres, le 12 mai 1945. [...]
[...] La répression qui a suivi a développé dans les masses arabes, un sentiment de craintes et d'hostilités ». Puis de dire : « Il est vrai que le massacre algérien ne s'explique pas sans la présence d'agitateurs professionnels. » et enfin : « Il n'y a pas une minute à perdre, ni un intérêt à épargner, si l'on veut sauver ces populations malheureuses et si l'on veut empêcher que des masses affamées, excitées par quelques fous criminels, recommencent le sauvage massacre de Sétif ». En analysant sémantiquement, cet éditorial et l'usage du mot massacre, il démontre que l'usage de ce mot traduit un schéma discursif qui met avant tout en avant les victimes françaises, avec une singularité des adjectifs accompagnant le mot massacre qui amplifie ce mot qui est déjà porteur de l'atrocité de l'acte. [...]
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