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C'est pour tenter d'expliquer un paradoxe frappant, celui d'une Algérie dont chacun connaît la richesse en hydrocarbures des sous-soles, mais qui n'a pourtant cessé de stagner politiquement et économiquement pendant un demi-siècle, que Hocine Malti publie « Histoire secrète du pétrole algérien » en 2010.
[...] Logiquement, l'auteur conclut que l'Algérie est désormais à la croisée des chemins, entre laisser une nouvelle génération de la même caste contrôler le secteur, ou voir le peuple algérien réussir à faire évoluer les choses afin que le pétrole puisse enfin bénéficier à la population. Les évènements de 2019 et la chute de Bouteflika remettent ces questions d'actualité et incitent à nous intéresser à ce qui pourrait changer dans la gestion du secteur pétrolier, attendu que nous avons compris les liens entre pétrole et politique en Algérie. [...]
[...] Dès 1974, le scandale de l'affaire Chemico est révélé ; les pratiques de corruption deviennent de plus en plus courantes sous Bendjedid dès la fin des années 1970 avant, sous les mandats de Bouteflika, de prendre une ampleur inédite. Constat sans appel : l'existence du pétrole permet non seulement à quelques puissants de s'enrichir, mais a stoppé toute autre perspective de développement pour le pays. Cet ouvrage permet incontestablement une meilleure compréhension des enjeux liés au pétrole en Algérie, principal moteur de l'économie du pays. Replacer l'histoire pétrolière dans l'histoire nationale, politique notamment, est particulièrement opportun puisqu'il s'agit bien ici de faire le lien entre cette industrie et les dynamiques politiques qui ont marqué le pays. [...]
[...] Il m'a semblé indispensable de m'intéresser à l'ensemble des évènements relatés dans cet ouvrage, qu'il s'agisse de la cruciale nationalisation du pétrole, au coeur de mon étude, mais aussi des évènements antérieurs et postérieurs, me permettant de juger tant des causes que des conséquences de cette nationalisation. En effet, la légitimité de cet auteur, professionnel expérimenté du secteur, pour analyser le cas algérien et, dans le cas des années 1970, témoigner directement, apparaît peu contestable. De fait, ma compréhension de l'histoire, pétrolière comme politique, de l'Algérie en sort renforcée. Cependant, contrairement à sa compétence technique, l'impartialité de l'auteur peut à mon sens poser question. [...]
[...] L'organisation de cet ouvrage est chronologique, permettant de cerner les évolutions comme les constantes de l'histoire pétrolière algérienne. Une importante partie du livre est consacrée aux années précédant et suivant l'indépendance de 1962 ; l'on comprend que la découverte de pétrole en 1956 explique le long refus français de décoloniser l'Algérie puis impacte fortement sur les accords d'Evian, la France conservant une situation privilégiée dans le co-contrôle de l'exploitation (et de la rente) pétrolière. Un tournant s'effectue cependant en 1971, lors d'une nationalisation particulièrement improvisée, qui va amener à plusieurs années de gestion difficile, tant sur le plan diplomatique que, surtout, logistique. [...]
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