Jules Lequier, La recherche d'une première vérité, vérité, évidence, doute, scepticisme, libre arbitre, Descartes, Aristote, Malebranche, certitude, raisonnement, vérité de raison, Métaphysique, réalité, vérité première
Le texte à commenter est un extrait de l'ouvrage de Jules Lequier, « Comment trouver, comment chercher une première vérité ? » paru en 1865. Lequier produit cette oeuvre fragmentaire et inachevée. « La recherche d'une première vérité » porte sur la question philosophique du libre arbitre et le souci de concilier la toute-puissance de Dieu et la liberté absolue de l'homme. Pour Lequier, l'autonomie de la pensée et la liberté sont fondamentales. Ainsi, si la croyance en la liberté est une première vérité, elle n'est pas la vérité entière.
[...] La nécessité d'une attitude prudente face à ce qui semble évident L'auteur prend le soin de relever que « plus l'évidence est manifeste, si elle est véritable, plus elle est apparente, si elle est fausse ». Puis d'ajouter qu'il « ne tient qu'à moi d'observer que toutes les fois où j'ai fait confusion entre l'une et l'autre, j'ai dû prendre pour de la bonne foi l'entrainement qui me portait à juger trop vite (?) ». L'auteur exprime par ces propos la nécessité d'adopter une attitude prudence face à ce qui peut paraitre évident. Ce qui voudrait signifier qu'on ne doit pas rejeter toutes les évidences qui puissent exister mais plutôt qu'on doit les examiner de façon critique. [...]
[...] Comment trouver, comment chercher une première vérité Extrait - Jules Lequier (1865) - Quel est le rapport entre l'évidence et la vérité ? Doué de raison, l'homme semble être fait pour rechercher la vérité, ainsi que le montre Aristote : « Tous les hommes désirent naturellement savoir » (Métaphysique). Ainsi, l'illusion et l'ignorance, qui s'opposent à la vérité, sont à combattre. On peut commencer par définir la vérité comme étant une relation de conformité entre le jugement que l'on porte sur la réalité et la réalité elle-même. [...]
[...] La recherche de la vérité est parsemée d'inquiétudes ; pour éviter cette « peine intérieure », autrement dit parvenir à une tranquillité de l'âme, il faut suspendre son jugement et abandonner tout espoir de vérité au terme d'un examen contradictoire de nos opinions plutôt que de s'épuiser à la chercher. Dans ses Méditations métaphysiques, René Descartes parvient à une idée dont il ne peut douter : lui, qui pense que rien n'existe, ne pourrait pas penser cela s'il n'existait pas. À la différence de l'évidence vulgaire, la certitude qui témoigne d'une vérité ne se donne pas immédiatement mais s'impose par la médiation d'un raisonnement : c'est après avoir délaissé de nombreuses sources d'erreurs, tels que les préjugés ou les sens, que René Descartes parvient à l'évidence qu'il existe. [...]
[...] Cependant, ces certitudes peuvent être trompeuses ainsi que le montre l'expérience de la désillusion. En outre, l'homme, lorsqu'il est trompé par ses sens ou victime de ses désirs, est sujet à l'erreur ou à l'illusion. Dans l'Apologie de Socrate de Platon, l'oracle de Delphes dit à Socrate qu'il est l'homme le plus sage de la ville. Plutôt que d'admettre aveuglément cette affirmation, le philosophe décide de la mettre à l'épreuve en se rendant chez un politicien connu pour sa grande sagesse. [...]
[...] D'autre part, il faut évaluer les évidences au regard de la logique de la cohérence. Dans un raisonnement logique, un jugement est vrai s'il est cohérent et échappe à la contradiction (vérité de raison). II- L'évidence ne peut se passer du doute La recherche de la vérité plonge l'homme dans l'inquiétude, dont il se guérit par le doute « Il y'a évidence », écrit l'auteur, « que quand il y'a mauvaise foi à douter ». Cette formule exprime à elle seule l'idée que l'évidence ne peut se passer du doute. [...]
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