Histoire de la sexualité, La volonté de savoir, Michel Foucault, sexualité, psychanalyse, Freud, Karl Marx, libération sexuelle, généalogie, éthique, rapports humains
À la fin du premier tome de l'Histoire de la sexualité, Michel Foucault écrira qu'il faudrait préférer à la prolifération des discours autour du sexe, « le corps et les plaisirs ». Ce passage énigmatique laissé comme un programme à la fin de La volonté de savoir est repris quelques années après dans cette interview canadienne de 1982, « Michel Foucault, une interview : sexe, pouvoir et la politique de l'identité ».
[...] Ici, elle permet de faire le lien entre la question de la création de soi dans l'éthique, et de l'identité collective. Nous voyons dans ces quelques paragraphes une définition générale de la notion de résistance, puis de son caractère historicisé, et enfin un de ses avatars les plus éloquents : une érotisation du pouvoir dans les pratiques S/M. II La résistance, nous dit Foucault, est partout où le pouvoir existe, c'est-à-dire à chaque fois que l'on peut parler de rapports de pouvoir et non d'obéissance. [...]
[...] C'est que cette éthique est une éthique de la conduite, d'une action, d'une pratique, en acte. I.3. Il nous semble alors que l'interviewer donne à Foucault l'occasion d'illustrer sa théorie d'exemples pratiques. C'est donc par une reprise de la question initiale - celle de savoir si ces mouvements s'intègrent dans le premier tome de L'histoire de la sexualité, comme continuité d'une pratique juridico-discursive ou bien s'ils en proposent une rupture radicale. «Est-ce là une simple extension, dans une autre sphère, de la prolifération générale des discours sexuels depuis le XIXe siècle, ou bien s'agit-il de développements d'un autre type, propres au contexte historique actuel ? » Foucault estime, à partir des recherches de Gayle Rubin, qu'il s'agit effectivement d'une rupture radicale avec ce type de « prolifération générale des discours sexuels » tel que décrit dans La Volonté de savoir, et qu'ici, Foucault associe distinctement à la psychanalyse. [...]
[...] C'est ce qu'entreprend Foucault ici et c'est pourquoi il oppose l'identité-jeu à l'identité-code. L'identité pensée comme problème existentiel enjoint à une certaine lecture de la libération sexuelle comme libération des désirs - désirs qu'on aurait à mettre au jour, et qui déterminerait quelque chose de l'ordre de l'être, d'une identité à soi, d'un trait. Cette identité-code (dans laquelle on peut entendre la référence au code génétique) est en vérité très aliénante. Une certaine fatigue de l'être émergerait à partir d'une telle identité à soi à travers ses désirs et la multiplicité de leurs manifestations. [...]
[...] Mais en quoi cette création s'intègre dans un autre discours, dans une autre conception du pouvoir que celle qui nous enjoint à parler de sexualité comme s'il s'agissait - en vérité - de notre libération ? La preuve est donc à la charge de Foucault de démontrer que ces mouvements peuvent s'intégrer dans une autre généalogie. Car Foucault dans la suite de L'Histoire de la sexualité, a montré qu'une telle construction juridico discursive ne s'inscrit pas dans le règne de la nécessité, mais dans celui, contingent, de l'histoire. [...]
[...] En ce sens, Foucault est notre contemporain, car « être contemporains est, avant tout, une affaire de courage : parce que cela signifie être capable non seulement de fixer le regard sur l'obscurité de l'époque, mais aussi de percevoir dans cette obscurité une lumière qui, dirigée vers nous, s'éloigne infiniment 5». Bibliographie : Agamben, G., Qu'est-ce que le contemporain ?, Payot-Rivages, 2008. Butler, J., Rassemblement. Pluralité, performativité et politique, Paris, Fayard, 2016 Foucault, M., Dits et Ecrits, 1954-1988, tome IV, 1980-1989, Gallimard, 1994 Foucault, M., Histoire de la sexualité, Vol. [...]
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