amour, sentiments, émotions, éthique de l'amour, autrui, plaisir, Levinas, Kant, Aristote, vertu, désir, valeurs éthiques, générosité, désintérêt, intérêt personnel, compassion
On dit souvent qu'on ne peut pas vivre sans aimer. Ainsi, aimer serait le moteur de la vie. Ce serait ce qui permet à celui qui aime de se maintenir en vie. L'expression 'faire battre le coeur' illustre d'ailleurs très bien cette opinion. Mais l'expérience commune nous montre à quel point l'amour soulève de nombreuses questions.
[...] L'intérêt peut se porter sur le fait de posséder un nouveau timbre et sur le plaisir que cette nouvelle possession procure. Il peut également se porter sur la perspective d'un gain supplémentaire lorsque le collectionneur décidera de revendre son timbre. Il semble toutefois réducteur de limiter l'amour aux satisfactions qu'il procure au sujet aimant. S'il apparaît difficile d'exclure tout intérêt et qu'aimer entraîne nécessairement du plaisir et du bien-être, il apparaît également essentiel de chercher à dépasser la tension qui se noue autour du caractère intéressé ou non de l'amour. [...]
[...] L'amour intéressé n'exclut pas totalement l'amour authentique. Comme le montre notre exemple du collectionneur de timbres, l'amour intéressé demande au collectionneur une forme d'attention, une disponibilité mentale qui lui permet d'accomplir les bons gestes pour ranger le timbre et ne pas l'abîmer. Comme l'a montré Simone Weil, cette attention consiste à se détourner de soi-même (désintérêt) pour se consacrer à l'autre, tout en restant conscient du bien que cette activité nous procure. Cette dernière approche permet de dépasser la tension qui semblait se nouer autour du caractère intéressé ou non de l'amour. [...]
[...] Autrui est radicalement différent de moi, une part de lui m'échappera toujours. Dans le même temps, tout comme moi, il a droit au respect ainsi qu'à l'amour dans sa dimension la plus désintéressée. C'est cet amour qui selon Levinas permet une ouverture vers l'autre lui accordant du même coup la reconnaissance de pouvoir être ce qu'il est : unique. Dans cette perspective, l'amour est un acte de générosité dans lequel le sujet aimant s'efface pour laisser exister pleinement le sujet aimé. [...]
[...] L'amour est-il un sentiment totalement désintéressé ou bien repose-t-il entièrement sur une satisfaction personnelle ? On dit souvent qu'on ne peut pas vivre sans aimer. Ainsi, aimer serait le moteur de la vie. Ce serait ce qui permet à celui qui aime de se maintenir en vie. L'expression 'faire battre le c?ur' illustre d'ailleurs très bien cette opinion. Mais l'expérience commune nous montre à quel point l'amour soulève de nombreuses questions. Aimer est un verbe transitif qui appelle nécessairement un complément. [...]
[...] Dès lors, on peut se demander si aimer est un sentiment totalement désintéressé ou bien si au contraire, il repose entièrement sur une satisfaction personnelle ? Peut-on concevoir une alternative à ces deux approches ? Comment comprendre l'oscillation entre l'amour en lui-même et le plaisir que cet amour procure ? C'est ce que nous allons tenter de faire en examinant chacune des pistes évoquées. L'amour comme sentiment totalement désintéressé L'amour véritable est en général assimilé à un sentiment totalement désintéressé. Cela est d'autant plus vrai si l'amour porté l'est envers quelqu'un c'est à dire une personne. [...]
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